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Metro Manila: l’aveu du désespoir

vendredi 26 juillet 2013 - Commentaire : 0

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Affiche film metro manila

Metro Manila est un film britannique écrit et réalisé par Sean Ellis (réalisateur de Cashback). Sortie le 17 juillet 2013 en France.

Il a été présenté au Festival de Sundance 2013, où il a remporté le Prix du public international (source Wikipédia).

A savoir avant tout, une info qui a son importance : le financement fut chaotique, au point que le film a finalement été tourné en un mois, la plupart du temps sans autorisation, afin de contourner des procédures fastidieuses. On est bien loin de s’en douter… Les Inrocks, dans ce billet http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/metro-manila/ parle d’un film « tourné à l’arrache », c’est vraiment très dépréciatif !! Ce film à la promo quasi inexistante, n’a pas volé son prix ! A voir d’autant plus qu’en ce mois de juillet, les bons films ne courent pas les rues. Laissez les blockbusters de côté, ça vous fera pas de mal.

Le pitch : aspirant à une vie meilleure, Oscar Ramirez et sa famille quittent les montagnes du nord des Philippines où ils vivent et viennent s’installer dans la ville de Metro Manila.

Partir de rien

metro manila, l"exode rural

Un mélodrame poignant, intense dans lequel Sean Ellis ne succombe pas à la facilité de dépeindre la pauvreté sous tous ses travers. Ce n’est pas le sujet, il dénonce visuellement, sans s’épancher, les inégalités sociales dans ce monde capitaliste, où chacun est finalement abandonné à lui-même, sans espoir, sans but, réduit à suivre le fil inexorable de leur vie. Et le tour de force de Sean Ellis est justement de nous surprendre. Rien ne laisse présager les évènements qui vont suivre. Bien malin celui qui devinera la fin.

L’action est portée sur cette famille paysanne, dont le père souhaite tout faire pour sauver sa famille de cette inextricable misère. L’heure des choix sonne ! Ils abandonnent tout, plutôt rien à vrai dire, pour construire une nouvelle vie en ville. La ville fait briller les yeux de ceux qui ne la connaissent pas. C’est le lieu de la réussite semble t-il, mais à Manille, le lieu des gangs, de l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants. Cette famille le découvre, vadrouille dans les bidonvilles en quête d’un toit aussi pauvre soit il. La seule vue d’un matelas pour dormir leur procure une joie immense comme s’ils avaient décroché la lune. Mais le réalisateur ne s’attarde pas sur ce sujet là. Pas de misérabilisme. La réelle question est de savoir comment ils vont s’en sortir.
Sans honte, le père prend ses responsabilités sans se laisser abattre, ni s’abandonner à son propre sort. Qu’on le raille sur son métier de paysan, il s’en moque, ça le touche tout au plus au fond de lui, mais ne l’atteint pas. Quelle force mentale. Une force tranquille.

Nouvelle vie, nouveaux problèmes

Metro Manila Photo John Arcilla

Le voilà convoyeur de fond, métier à haut risque. Une nouvelle vie commence, la tension monte crescendo au fur et à mesure des évènements. Des tournures inattendues changent le cours des choses, change le destin de chacun. C’est ce qui nous maintient en haleine. Les plans sont justes, pas de superflus. Oscar est un homme droit, il ne porterait pas atteinte à qui que ce soit. En revanche, à l’opposé, les hommes de la ville ne sont guère du même acabit. Quand ceux-ci frôlent l’argent du bout des doigts, la morale n’a plus cours. C’est la loi des armes, de la trahison.

Pendant ce temps, la mère, au joli minois, trouve également un travail : celui de prostituée de luxe. Le lot de beaucoup de femmes malheureusement. Là encore la vision que nous offre le réalisateur n’est pas celle d’un voyeur ou d’un dénonciateur politique, il nous montre la réalité sans la maquiller, tout en la suggérant. Pas besoin de tout montrer, un choix cohérent.

L’énergie du désespoir

Enfin un point qu’il est intéressant de développer est celui de la phrase d’accroche de l’affiche du film.
« Les hommes désespérés font des choix désespérés ». Ici aucune mention de catégorie sociale. En effet quelque soit son statut, chaque homme en proie au désarroi total peut agir de façon déconsidérée. Un point essentiel du film, qui est respecté jusqu’ à la fin et qui pourra surprendre, lorsqu’ Oscar fait preuve d’une intelligence à toute épreuve tout en agissant en hors la loi. Emotion garantie. Et nous jusqu’où sommes nous capables d’aller dans de telles situations ?

[youtube]http://youtu.be/_eGtkqDPAS4[/youtube]

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C’était ma dernière critique avant les vacances. J’en profite donc pour vous conseiller d’aller voir aussi Hijacking et The East. Et en bonus voici également la liste des films qui sortiront en août (dont le fameux biopic sur Jobs):

Alabama Monroe, American Nightmare, Les apaches, L’aube rouge, La bataille de Tabatô, Cha cha cha, Conjuring les dossiers Warren, Copains pour toujours 2, Les derniers jours, Drôles d’oiseaux, Elysium, Les flingueuses, Grand central, Imogène, Je ne suis pas mort, Jeune et jolie, Jobs, Keep smiling, Kick-Ass 2, Leave it on the floor, Leones, Leviathan, Lone Ranger, Magic Magic, Mickael Kolhaas, Mon bel oranger, Mort a vendre, Oggy et les cafards le film, One direction : this is us (euhhh hein quoi qui ? ), Percy Jackson : la mer des monstres, Red 2, Les salauds, Un nuage dans un verre d’eau, Une place sur la terre, Yema.

Voilà. Plus qu’à vous souhaiter de bonnes vacances, ou une bonne reprise, et je vous donne rdv à la rentrée.

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