Menu & News

Anotherwhiskyformisterbukowski Le blog musical qui ne prend pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

Chroniques à brac par

Mars Red Sky : Interview fleuve de trois navigateurs

lundi 27 février 2017 - Commentaire : 0

Accueil » Mars Red Sky : Interview fleuve de trois navigateurs

En juin 2017, MARS RED SKY foulera pour la deuxième fois les planches de la Valley, au Hellfest. Les trois bordelais viendront notamment défendre leur lumineux troisième album, Apex III, Praise for the burning soul. C’est à l’occasion de la sortie ce beau disque que j’avais interviewé le trio, en février dernier. Voici l’interview exclusive du gang.

Dans le petit monde du Stoner européen, il y a des groupes qui essayent de reproduire, avec plus ou moins de succès, les recettes des pères fondateurs tandis que d’autres taillent leur propre chemin, à coups de riffs, de fuzz et d’une créativité qui fait feu de tous bois. Dans ce petit club très sélectif des créateurs de nouveaux sons, les trois bordelais de MARS RED SKY se sont taillé une place de choix en moins de dix ans. Le groupe fondé en 2008 par le singer-songwritter Julien Pras (ex CALC) sort un debut album éponyme en 2010, plusieurs EP, puis un deuxième album Stranded In Arcadia, enregistré à Rio en 2013. Après deux ans de scène (plus de cent dates, une apparition au Hellfest 2014 et au Motocultor 2015), le groupe retourne en studio à l’été 2015 pour enregistrer son troisième album, Apex III. C’est à l’occasion de la sortie du méfait que Metal-Impact est allé à la rencontre du trio pour une interview découverte riche en surprises, en délires et en révélations.

Line up : Julien Pras (guitare, chant), Jimmy Kinast (basse), Matgaz (batterie).

Discographie : Curse/Sadaba (EP, 2010), Mars Red Sky (2011), Mars Red Sky / Year Of No Light (EP, 2012), Be my guide (EP, 2013), Hovering Satellites (EP, 2014), Stranded in Arcadia (2014), Providence (EP, 2016), APEX III (Praise For The Burning Soul) (2016)

Interview réalisée le 8 février 2016 au Black Dog (Paris)

Hank : Bonjour MARS RED SKY, pouvez-vous vous présenter individuellement et présenter le groupe?
Jimmy : Je suis Jimmy, je joue de la basse dans MARS RED SKY.
Julien : Julien, je joue de la guitare et je chante
Mat : Et moi je suis Mat et je joue de la batterie. Et MARS RED SKY est un groupe de Bordeaux qui fait du Heavy Rock Psychédélique.
Hank: Vous êtes tous les trois originaires de Bordeaux?
Mat : moi je suis de Charentes, ce qui est pareil vu d’ici.
Julien : Jimmy et moi on se connaît depuis une vingtaine d’années, on habite tous les deux sur Bordeaux et on s’est rencontrés avec Mat il y a une quinzaine d’années, nos chemins se sont croisés et ça fait maintenant quatre ans qu’on joue ensemble.
Hank: Comment a évolué le groupe depuis le dernier album, Stranded In Arcadia ?
Jimmy : On a beaucoup tourné pour ce disque là et pendant cette tournée on a commencé à réfléchir à ce que serait la suite et on s’est retrouvé quelques fois en salle de répétition, des caves à Bordeaux, pour faire les nouveaux morceaux. Ils ont été enregistrés en août dernier. Beaucoup de route en fait, depuis 2014. Moi j’ai eu ma grossesse, j’ai eu mon quatrième enfant. Je faisais des concerts, j’étais à la clinique, y avait un monitoring video et un mec qui jouait à ma place…non je rigole [rires]. Mais beaucoup de dates en tournée
Hank: Combien de dates ?
Mat : Une grosse centaine
Jimmy : A Bordeaux on a joué deux fois en deux ans, on ne joue pas beaucoup dans chaque endroit finalement, mais on joue dans beaucoup d’endroits, principalement en Europe.
Mat : on voudrait élaborer un nouveau concept pour cette tournée là, on va rester au même endroit et on mettra le public dans un bus et on le fera tourner. Et nous on reste à Bordeaux. A force de passer du temps sur la route, ça retourne le cerveau et on a des idées….si seulement ça pouvait être vrai!
Jimmy : Faire tourner le public, avec des affiches, des noms de ville d’où viennent les mecs. “ah eux ils sont super, je veux absolument jouer devant eux ce soir, je veux pas les rater” [rires]

Hank: Votre tournée 2016 démarre après demain, dans quel état d’esprit êtes-vous à 36 heures du démarrage ?
Julien : Très confiants, parce qu’on a donné un premier concert à Bordeaux la semaine dernière, issu d’une résidence d’un peu moins d’une semaine qu’on a fait là-bas pour redécouvrir les nouveaux morceaux. Après les avoir enregistré, ils ont forcément pris une direction nouvelle. Donc on les a remis en place, on a fait un travail sur les vidéo et les lumières aussi. On a joué devant un bon parterre d’amis et de fans qui sont venus écouter nos morceaux. On les a enchaînés tous à la suite pour voir ce que ça pouvait donner.
Jimmy : Et on a réussi, c’était pas facile.
Mat : On se sent plutôt pas mal
Julien : On est plutôt excités.
Jimmy : Et après ce baptême du feu espagnol, on se refait deux ou trois jours dans une salle à La Rochelle qui s’appelle La Sirène, un petit peu plus grosse pour travailler sur les lumières, les vidéos et tout ça. Et fort de ces cinq dates qui se passeront en Espagne dans des petits clubs, ça va nous permettre d’arriver, de pas faire de la répet’ alors qu’on doit faire plutôt de quoi faire un spectacle. Un peu comme…Michel Sardou.
Mat : Ou Jojo Halliday.
Hank: Il faut combien de dates pour roder une tournée et être à l’aise dans les morceaux ?
Jimmy : C’est une bonne question!
Mat : J’ai presque envie de dire une connerie malgré que la question soit très intéressante : Cent…à la dernière tu sais jouer.
Jimmy : Une vingtaine pour être bien dedans.
Mat : Plus tu avances, plus tu joues mieux, plus tu es à l’aise, moins tu dois penser à ce que tu fais.
Jimmy : Libérer du temps pour pouvoir penser à tes factures
Mat : penser à tes factures quand tu joues, là c’est gagné.
Jimmy : Du coup ce qui est très intéressant, c’est de s’imaginer le nombre de fois où on pourra se dire en tournée : “on est prêt pour aller enregistrer l’album”. C’est ce que se disent pas mal de groupe, l’envie de réenregistrer après avoir tourné. Moi j’en ai pas envie parce que j’en suis très content, mais c’est juste de pouvoir se dire “tiens ça aurait été moins compliqué”…et à la fois plus limité, parce que les morceaux quand tu les joues longtemps en tournée, sur 50 ou 100 dates, même si on est sur un genre de musique un peu évolutive, tu les mets quand même un peu dans une boite alors que la façon dont on a procédé pour ce disque était beaucoup plus ouverte. On a fait tout un travail dans le studio, ce qu’on n’avait jamais fait avant.
Hank: Qu’est-ce qui différencie MARS RED SKY sur scène et MARS RED SKY dans son salon? Il y a un gros écart entre les live et les disques?
Jimmy : Une chose précise qui ne saute pas forcément aux oreilles du premier venu mais qui est techniquement évidente c’est que Julien fait beaucoup de prises sur les morceaux, ce qu’on ne peut pas reproduire en live. Après, au-delà de ça, ça ne se sent pas forcément tout de suite, qu’il y a un chant avec une fondamentale, et une harmonie. Il y a des gens qui le repèrent tout de suite et d’autres qui vont pas forcément l’entendre. Au-delà de ça, l’énergie est proche, même si le nouvel album est un peu plus alambiqué, avec plus d’arrangements. On a quelques copains qui connaissaient le disque qui nous ont dit après le concert “tiens vous arrivez à les jouer comme ils sont”, ça nous a fait très plaisir.
Julien : On est dans un cas de figure où on essaye de reproduire sur scène ce qu’on a pu enregistrer. L’approche est différente, par le passé on avait moins ce challenge là.
Jimmy : Il y avait très peu d’ajouts sur le premier album, là ça commence à être chargé et par exemple sur “Mindreader”, quand on a commencé à faire les répet’, j’ai vu Julien se questionner sur le choix de la guitare à utiliser, parce qu’il y en a deux ou trois dans l’enregistrement. Il a fallu faire des choix de jouer tel lead ou tel solo ou prendre le parti de la jouer en accords. Avant on avait l’habitude d’empiler les guitares, mais là ça va plus loin.
Mat : En live on a toute la dimension visuelle des videos, ça rajoute quand même. Et le son en live est généralement plus fort, plus gras. On nous voit jouer, ça apporte aussi quelque chose, même si on n’est pas MÖTLEY CRÜE.
Jimmy : Et on essaye quelques pistes, voir si on peut avoir une démarche un peu plus Progressive. Pousser un peu de la création en terme de setlist et pourquoi pas mélanger un très vieux morceau avec un nouveau. Essayer d’aller vers quelque chose de plus fondu. Une sorte d’hybride entre deux titres. A voir si ça marche.

Hank : Durant votre tournée vous participerez au festival Up In Smoke, comment est-ce que ça s’est fait ?
Jimmy : Up in smoke est un festival itinérant organisé par notre tourneur, Sons Of Liberation. Ce qui est chouette c’est qu’on a pu justement lui suggérer les groupes avec lesquels on avait envie de tourner et qui avaient aussi envie de tourner avec nous, vu qu’on se connaît et qu’on est copains. En l’occurrence STONED JESUS et BELZEBONG. On a hâte de partager la scène avec eux pendant 19 jours, et après on fera une partie française avec STONED JESUS uniquement, ce qui permet d’avoir un gros public, car c’est un groupe qui fait venir du monde.
Mat : On va être 18 dans un bus accompagnés par une tour manageuse qui va avoir du travail à faire pour faire filer droit tout ce beau monde. On est très excités car le fait d’être en bus va nous permettre d’avoir une vie, de profiter du matin, de ne pas être sur la route toute la journée car on fera la route la nuit. Et ça c’est quand même quelque chose qui risque de changer le mode de vie en tournée. Pendant trois semaines, on fera une grosse partie de l’Europe avec ces jeunes gens.
Hank : STONED JESUS et BELZEBONG sont catégorisés Stoner, c’est une étiquette qu’on vous colle de temps en temps mais qui ne correspond pas exactement à la façon dont vous définissez votre musique. Pour vous le Stoner aujourd’hui ça signifie quoi ?
Julien : En deux mots c’est lié à un son et une attitude. C’est tellement large et un peu fourre-tout. J’y associe des groupes comme NEBULA, FU MANCHU ou alors évidemment QOTSA ou KYUSS. C’est plutôt au niveau des productions, du son de guitare. Là-dedans on peut peut-être s’y retrouver. Après il y a un côté un peu bas du front auquel j’adhère moins, plutôt la frange Doom un peu barrée.
Jimmy : Je suis d’accord, c’est très large en fait, même les groupes que tu as cités après…nous on dit qu’on fait du Heavy Rock Psyché, c’est juste plus précis, mais ça nous pose pas de problème d’être considéré comme un groupe de Stoner.
Hank : En 2014, vous avez fait le Hellfest, en 2015 le Motocultor, cette année vous faites quel gros festival Metal ?
Jimmy : Le rendez-vous qu’on va avoir c’est un festival à Las Vegas avec une super belle affiche qui s’appelle le Psycho. On va faire beaucoup d’heures de van, on va pouvoir se dire plein de conneries.
Mat : Dans le pays pour l’instant, je ne crois pas qu’il y ait grand chose.

mars red sky

Hank: Est-ce que Apex III est un album de continuité ou de rupture ?
Mat : Moi je crois que c’est un album de continuité, c’est marrant parce qu’on a eu des gens qui parlaient du côté Prog, très arrangé, ce qui est vrai. Mais si tu écoutes la disco jusqu’ici, ça me parait assez logique comme cheminement parce que c’est ce qu’on avait commencé à dire avec Stranded in Arcadia, donc je ne crois pas que ça soit un album de rupture, au contraire c’est la continuité. On a fait ce qu’on avait envie de faire, on a dit ce qu’on avait à dire sans trop se poser de questions. Bien sûr on a réalisé en le faisant, pendant l’enregistrement, on a vu qu’il y avait des morceaux extrêmes dans un sens ou dans l’autre. Il y a “Mindreader” qui est vraiment très lourd, il y a “Friendly Fire” qui est plus mélodique. C’est deux tendance qui font partie de notre son, qu’on adore et qu’on a voulu plus loin. Là on a ça, on est contents, comme des petits chiens avec des petits nonosses. En plus on a tous des nonosses différents dans le groupe et certains vont avoir besoin d’un nonosse plus lourd, d’autres d’un nonosse plus mélodiques…hein JiJi.
Jimmy [aboie]
Hank : Est-ce que vous pensez que c’est l’album de la maturité ?
Mat [rires]: Merde, je pensais pas que tallais la faire celle-là! alors là les gars, la maturité, bon ben je vous laisse avec la maturité. Allez Julien, la maturité c’est toi.
Julien : On s’est interdit de le faire, ça ne se fait plus.
Jimmy : C’est interdit
Mat : Comme en témoignent les réponses à la question précédente, la maturité n’est peut-être pas encore là.
Julien : Taturité peut-être…
Hank : vous avez travaillé avec la même équipe que pour Stranded In Arcadia, comment se sont déroulé l’enregistrement et la production ?
Julien : Pour Stranded in Arcadia, on avait enregistré l’album à Rio. On avait rencontré par un heureux hasard Gabriel Zander qui a un studio là-bas et on avait enregistré toutes les prises instrumentales en quatre jours. C’était une rencontre géniale et pour ce troisième album on a eu envie de faire les choses différemment. Prendre plus de temps, le faire à la maison, à Bordeaux et par contre faire venir Gabriel et Jacob, son ami américain et son binôme. Toute cette fine équipe s’est retrouvé dans un studio à Bègles. On y a passé pas loin de quinze jours, le temps de faire les choses bien avec Gabriel qui a rempli son rôle comme un chef.
Jimmy : Quand il était en France avant l’enregistrement il a demandé à visiter le studio et il était content parce que c’était pas du super matos mais c’était ce qu’il avait chez lui. A part qu’il parlait français le matos, et pas portugais, mais à part ça c’était le même. Il n’était pas du tout dépaysé. Du coup il a pris possession des lieux assez vite et il était bien.

Hank: Vous avez sorti un EP le 22 janvier. Qu’est-ce qui vous a décidé à sortir un disque court seulement un mois avant la sortie de votre album?
Julien : Pendant les sessions d’enregistrement de l’album, on s’est rendu compte que pour une édition vinyle, on avait trop de morceaux, donc on a du retirer un morceau de l’album, on a choisi “Shot In Providence”. C’est le plus ancien des nouveaux morceaux, il comporte pas mal d’éléments qu’on peut retrouver dans d’autres morceaux. Mais plutôt que de l’écarter, on va lui donner une vie propre. On en a fait la face A de l’EP avec un autre élément qu’on voulait ajouter au disque, qu’on avait travaillé et dont on a fait la face B. On a créé ce petit objet qui est un avant-goût de l’album.
Jimmy : Comme une extension. Et comme dit Julien, ce morceau de la face A a un peu toutes les facettes du disque. Il représente bien toutes les directions du disque. Le côté mélodique, le côté plus lourd, le blast….c’est vrai qu’on avait aussi du matériel en plus, des projets plus expérimentaux, de travailler sur des plages longues, posées, des choses plus atmosphériques. C’était l’occasion de le faire, de prendre le temps sur 20 ou 25 minutes…on a même fait participer notre famille et nos enfants qui jouent dessus, c’était vraiment chouette.
Julien : Une amie est venue jouer du violoncelle, on a créé des textures sonores. Une autre facette du groupe et de la musique qu’on aime faire.
Hank: la dernière piste, “Sapphire Vessel” est un morceau sur lequel vous faites chanter vos enfants. Comment l’idée est venue ?
Jimmy : C’était une idée de chorale à la fin et on n’avait que ça sous la main [rires]. Le travail des enfants en France est un peu compliqué, mais les nôtres, ça passe. L’histoire de cette pièce, c’est à la base une idée d’extension d’un autre titre de l’album, “The Whinery” pour laquelle Julien avait enregistré en studio une plage de guitare très longue, une espèce de fenêtre pour pouvoir faire quelque chose de posé et atmosphérique. On voulait que notre amie violoncelliste bordelaise, qui a déjà fait des concerts avec nous, vienne ajouter des parties, avec des pédales d’effet de guitare pour essayer de jouer sur des textures organiques. A force d’y travailler, cette pièce est devenue un morceau par lui-même qu’on pouvait difficilement caser sur le vinyle. Tu sais que si tu veux charger la mule c’est au détriment du son car les derniers sillons, là où le disque est tout petit, ils sont vraiment collés les uns aux autres et ça pose des problèmes de pertes dans les basses fréquence. Et comme notre musique est chargée en basses fréquences on est toujours confrontés à ce problème. Du coup c’était vraiment un relâchement de pouvoir avoir du temps et de pouvoir faire ça sur un EP. Pouvoir explorer tout ça.
Hank: Vous vous orientez de plus en plus vers un son Progressif. Pour l’enrichir, vous envisagez de nouvelles participations, élargir le groupe à quatre ?
Julien : On n’a pas pensé à ça. On a vraiment l’intention de rester tous les trois, on a encore beaucoup de choses à découvrir, à essayer, découvrir par accident des fois. Je pense que c’est assez excitant de se pousser nous-mêmes dans d’autres directions pour voir ce qu’il en sort.
Jimmy : On aime bien les expériences comme ça, que ça soit en live avec des invités, ou des projets qui font partie de notre univers musical. Prendre plaisir à ’explorer autre chose que les codes du riff et du son gras et lourd. Ce qu’on a déjà fait avec le chant de Julien qui est assez haut perché et particulier dans ce genre de musique. On était très contents des bons retours de la face B. On a l’impression qu’il n’y a pas de chapelle et c’est pas parce qu’il y a des enfants qui chantent sur un morceau cotonneux et psyché que ça passe mal. On a l’impression que ça a bien plu aux gens qui nous suivent et ça nous a fait très plaisir de partager ce genre d’univers.
mars red sky
Hank : En parlant d’univers, vous avez dans votre imagerie un univers un peu spatial et SF. Si vous étiez un livre de SF, qui serait l’auteur ?
Jimmy : C’est difficile de s’identifier à un seul bouquin, vous avez des idées ?
Julien : Philip K Dick, surtout dans son double sens et les différents degrés de lecture qu’il y a dans ses bouquins.
Hank: Toujours dans l’univers SF, de quel film MARS RED SKY pourrait être la bande originale ?
Jimmy : On a déjà pensé à un travail de ciné-concert, ça nous attire vraiment, mais on n’a pas pris le temps de définir un film en particulier. On a des copains comme YEAR OF NO LIGHT qui ont fait ça autour d’un vieux film qui s’appelle Vampires et le résultat est super. C’est quelque chose qui nous plairait. Pour l’instant, on a fait une création avec des images d’archives et ce qui fait nos vidéos et nos clips. On ne s’est pas encore posés là-dessus mais c’est pas dit que ça n’arrive pas plus tard…la réponse un peu plus tard, je pense.
Hank : Ces vidéos que vous postez sur Youtube, à un rythme soutenu, sont toujours des montages des films institutionnels américains des années 50. Pouvez-vous expliciter votre démarche ?
Jimmy : Les videos sont arrivées pour pouvoir occuper la scène, vu qu’on est d’un univers un peu Shoegaze, comme on dit, c’est à dire pas très expansifs sur scènes. Dès le début du groupe on s’est dit qu’on allait projeter des videos et du coup ces videos on les a postées sur Youtube, on a vu que ça plaisait bien. On a continué à en faire pour habiller les morceaux et rendre hommage à ces videos souvent méconnues, bourrées de doubles sens. Elles sont parfois très cyniques. On n’est pas les seuls à le faire, mais j’ai l’impression que pour nous ça a bien collé et du coup c’est devenu une routine. On n’a pas beaucoup l’occasion de tourner sur des vrais clips, on a trouvé quelqu’un avec qui on a eu une très bonne collaboration sur le clip de “The light beyond” et on va retravailler avec lui mais il a pas beaucoup de temps et c’est vrai que vu l’image qu’on a développé autour du groupe et toute l’imagerie, c’est plus compliqué de partir sur un clip et faut le faire à l’envie. Il y aura un ou deux clips par albums mais ça nous tient à coeur de dévoiler les autres morceaux sur Youtube, qui est un canal de communication essentiel. Plutôt que l’illustration avec la pochette du disque, on préfère les habiller et ça nous sert pour les concerts donc c’est gagnant-gagnant.

Hank: En parlant de double sens, sur la pochette de Apex III, le rideau est en train de s’ouvrir ou de se fermer?
Jimmy : On le voit comme un rideau qui s’ouvre sur une pochette de disque qui est l’insert et qui est sur le CD qui sera packagé comme une pochette dans un cd cristal mais avec un rideau autour. C’est aussi parce qu’on a pas trop assumé ce qu’on voulait faire de la pochette et qu’on voulait rester dans quelque chose qui colle plus à l’image du groupe. Comme on n’est pas dans un album de rupture mais dans une continuité, on voulait mettre autour ce rideau parce que l’image était super. Clairement le rideau s’ouvre sur le disque.
Hank : Comment travaillez-vous avec Carlos Pop, votre graphiste ?
Jimmy : C’est un échange. Notre graphiste nous propose des idées et on lui en emmène aussi, on se connaît bien parce que ça fait six ans qu’on bosse avec lui et il a une petite recette pour faire les visuels de notre groupe, tout de suite ça s’approche assez vite de quelque chose qui s’approche de nos pochettes et on n’hésite pas à lui soumettre des idées…

mars red skyHank: Je vous cite des noms de groupe et vous me dites ce que ça évoque pour vous. La première idée qui vous vient à l’esprit : BLACK SABBATH
Mat : les créateurs.
Jimmy : les papas.
Hank : SLEEP
Mat : le sous-vêtement. [rires]
Jimmy : pour moi c’est vraiment une vibration. En concert, c’est une expérience dans le bas vraiment impressionnante. C’est un groupe que j’aime vraiment pour cette sensation physique. Leur musique n’est pas forcément faite pour ça, mais c’est ce que ça dégage.
Hank : LES BEATLES
Julien : Les dieux
Mat : La vie
Hank: LED ZEP
Julien : Un trio de musiciens avec un chanteur sublime par dessus.
Mat : Musique classique
Julien : Le haut du panier en matière de ce qui est possible de faire dans un groupe de Rock à trois musiciens plus un chanteur qui rivalise d’ingéniosité avec le guitariste, niveau phrase mélodique. Et un batteur exceptionnel.
Hank: KYUSS
Jimmy : Le désert
Julien : le malentendu
Mat : On ne connaissais pas le groupe avant de faire le groupe.
Julien : Je connaissais NEBULA, FU MANCHU, ELECTRIC WIZARD, mais KYUSS, j’étais passé à côté. Pourtant, dès qu’on a commencé à jouer à Bordeaux, les réactions c’était de nous comparer à KYUSS. Je comprends, ils ont des sons de guitare vraiment super.
Jimmy : Dans l’imagerie, dans l’histoire ils ont un truc super, mais c’est aussi le nom de groupe qui vient juste après Stoner.
Julien : Dans un groupe comme KYUSS, je trouve qu’ils sont super intéressants musicalement mais la voix, ce côté très testostéroné, ça me parle moins. Pourtant j’adore MÖTÖRHEAD, j’adore Lemmy, y a plein de gueulards que je trouve géniaux.
Jimmy : Curt Cobain
Julien : ben voila.
Hank : Aujourd’hui sur la scène française et européenne, quels sont les groupes dont vous vous sentez musicalement proches ?
Julien : GLOWSUN
Jimmy : YETI LANE, ils sont de Paris, ils sont plus dans le côté anglais Psyché, Shoeglaze, avec des choses en commun. On va jouer avec eux bientôt.
Julien : Il y en a beaucoup, c’est dur de penser à tout le monde.
Hank : Quelque chose à ajouter?
Tous : Merci beaucoup.

mars red sky

Vous avez aimé ? Vous aimerez aussi

«

»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *