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Rétro Ciné : Un après midi de chien de Sidney Lumet un classique avant gardiste et puissant…

lundi 10 juillet 2017 - Commentaire : 0

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Aujourd’hui dans Rétro Ciné, je tenais a revenir sur un film m’ayant particulièrement touché dans ma vie de cinéphile qui ne se limite pas qu’à la SF et aux films d’horreur. Car si je ne chronique que peu de nouveautés en ce qui concerne les genres plus lambda sur ce site. Le cinéma contemporain si il comporte bien sur des grands films reste souvent a mon sens en deçà des productions cinématographiques des 70’s.

En effet, j’ai tendance a trouver certaines productions actuelles trop calibrés afin d’obtenir un Oscar. Et ce problème je l’ai encore plus avec les productions hexagonales. Mon dernier choc filmique en date étant le formidable Wiplash de Danien Chazelle qui m’a autant touché que le magnifique Les moissons du ciel de Terrence Malick. Le film que je tiens a vous faire découvrir ou redécouvrir est Un après midi de chien que réalisa Sidney Lumet en 1975 (une grande année en ce qui me concerne). Je ne l’ai découvert que tardivement, car à l’époque j’avais beaucoup d’à priori sur Al Pacino que j’associais trop à tort au personnage de bouffon Cubain colérique qu’il interprète avec tant de talent dans le remake de Scarface de De Palma que je ne pouvais plus le voir autrement qu’en petit roquet rital urticant. Bien entendu je me trompais et ce fut la vue de ce film qui a fait fondre les à priori ridicules que j’avais a propos de cet acteur fabuleux.

 

Un après midi de chien raconte l’histoire de Sonny Wortzik (Al Pacino) un jeune homme qui avec son ami Sal (John Cazale) et un autre compère décident de braquer une banque à Brooklyn, durant une chaude journée d’été.  Les trois criminels entrent dans la banque pour la dévaliser. Un premier change d’avis et sort à peine le braquage commencé. Restent Sonny et Sal qui se font remettre le peu d’argent présent dans la banque. Mais leur braquage dégénère et ils se retrouvent assiégés par la police dans la banque. Les policiers et le FBI, tentent de négocier avec Sal et Sonny, et découvrent qu’au final Sonny espérait, avec les gains de son braquage, payer l’opération de changement de sexe de son mari Léon (Chris Sarandon). Le siège de la banque est bientôt médiatisé et  les otages commence à éprouver de la sympathie pour les braqueurs.

En lisant ce gros résumé vous aurez certainement compris pourquoi ce film est si avant gardiste. L’un des rares films a parler d’homosexualité à cette époque et surtout sous un angle absolument pas racoleur et qui tente de toucher au malsain. Le cinéma des années 70 qu’il soit américain ou européen a toujours comporté des sujets plus sociaux, plus incisifs et bien moins timorés que le cinéma actuel. Peu importe le sujet, qu’il soit social, politique, horrifique ou autre.

C’était un cinéma qui ne prenait pas le spectateur pour un con.

Et si l’on se concentre plus sur le cinéma américain de cette époque le fait de cette finesse est encore plus flagrant. D’ailleurs je baptise souvent les films cette période bénie les « Films Marrons » à cause de cette teinte légèrement marronasse résultant du développement de la pellicule tirant un peu vers le sépia. Des films comme Macadam Cowboy, Cruising, L’épouvantail, Deliverance, Vol au dessus d’un nid de coucou, l’exorciste, Butch Cassidy et le kid ou Sorcerer. D’ailleurs pour moi les deux derniers films marrons sont Tootsie et Ghostbusters, des films qui montraient un New York surpeuplé, magistralement filmé et aux teintes grises et marronasses toujours chaleureuse où des acteurs démentiels tel que Dustin Hoffman, Gene Hackman, Pacino, ou encore Stallone évoluaient sous le regard plein de maestria de réalisateurs tels que Sidney Pollack, William Friedkin, Milos Forman, Coppola, Bob Fosse, Scorcese et autres génies visuels de cette nouvelle vague Américaine qui a bien des égards dépassa celle des français.

Sidney Lumet qui avait réalisé des grands films tels que Serpico, Douze hommes en colère et qui réalisera le démentiel Network un an après le film que nous triatons ici ,est un réalisateur incisif et surtout un gigantesque directeur d’acteur. Et il prouve ce dernier fait dans Un après midi de chien. Hormis les passages se déroulant à dans la rue à l’extérieur de la banque, la quasi totalité du film se déroule en huit clos dans la banque. Jamais une seule seconde l’ennui a le temps de s’installer et progressivement Lumet nous place face a une galerie de personnages attachants allant même jusqu’à faire de nous un des otages de cette banque. Pacino livre ici pour moi sa prestation la plus douce et fine de sa carrière, son jeu ne cède jamais à la farce ou au maniérisme de comédie souvent utilisé dans ces temps conservateur et bas du front pour singer les gays. Son personnage est à la fois charismatique, drôle, pathétique dans son inexpérience du braquage et émouvant au possible. Son acolyte Jon Casale acteur de talent trop tôt disparu est lui aussi formidable et qui quelques années auparavant interprétait déjà aux côté d’Al Pacino l’un des frères Corleone du Parrain, mais ce qui marque aussi c’est le personnage de Léon interprété par le génial et trop rare Chris Sarandon (ex mari de Susan) qui 10 ans plus tard campera l’un des vampires les plus culte des années 80, le flippant Jerry Dandridge de Vampire vous avez dit vampire. Personnage atypique de transgenre en devenir qui colle parfaitement à Sarandon qui lui apporte avec pour le coup un brin de caricatural un aspect vulnérable et tendre.

Un après midi de chien

Mais Un après midi de chien n’est pas qu’une comédie tendre et attachante, c’est aussi et surtout un formidable film de siège dont la tension monte progressivement tout autant que la chaleur dans la banque privée de sa climatisation. Plaidoyer pour la tolérance et la compassion, et critique acerbe des médias qui déjà des décennies avant CNN, Fox News etBFM TV étayent déjà des vautours avides d’infos putassières. Un après midi de chien est aussi un joli défilé d’acteurs de talents comme le vétéran Charles Durning, Carole Kane et Judith Malina (qui toutes deux interpréteront des années plus tard le même rôle dans pour l’une la famille Adams 1 et la seconde la Famille Adams 2), ou encore le toujours efficace Lance Henriksen inoubliable Bishop dans Aliens ou l’enquêteur Franck Black dans le spin off d’X Files, Millenium.

Un après midi de chien

Ce film pas comme les autres est a voir absolument tant il fût novateur et en avance sur son temps, de plus il bénéficie d’un suspense et d’une tension particulière qui en fait un film unique en son genre. Et dans une époque comme la notre pleine d’intolérance et de tolérance biaisée, où les droits de la femme sont toujours bafoués, où les homosexuels sont toujours méprisés, où les extrémismes religieux reprennent le dessus, et où les droits des animaux sont dénigrés sous couvert de traditions. Ce film fait du bien et risque de fort vous émouvoir. Il ne reste plus beaucoup de grands réalisateurs comme le fût Sidney Lumet qui nous a quitté en 2011 après nous avoir offert pour certains de ses derniers films de bons longs métrages comme L’avocat du diable, Jugez moi coupable ou encore 7 heure 58 ce Samedi là.

Un après midi de chien

Donc si vous désirez découvrir un vrai film de cinéma comme on en fait plus que rarement et procurez vous Un après midi de chien qui n’est rien d’autre que du grand Pacino et du grand Lumet.

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