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Baby Driver de Edgar Wright… Trop de COOOL tue le COOOOL !

mercredi 26 juillet 2017 - Commentaire : 0

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Cette semaine est sorti le nouveau film d’Edgar Wright, l’un des réalisateurs britannique les plus doués de sa génération. Ce film c’est Baby Driver. Autoproclamé film Cool. Qu’en est il ?

Ça ne vous aura pas échappé mais l’appellation film Cool est de plus en plus à la mode. Il va souvent de pair avec un casting à la fois composé de Has Been qu’on adorait enfant ou ado, une bande son bourrée de vieux tubes vintage que nous aimons tous, ou assez connu pour qu’on se sente presque rebelle à les fredonner. Une mise en scène, un peu tapageuse, mais pas trop, qui fait appel à nos références d’il y a 20 ou 30 ans. On aime ça, on en redemande même. Tarantino a lancé la vague dans les années 90 en remettant au goût du jour (et c’est à mon sens son véritable talent)  des styles filmiques, soit oubliés soit pour certains à la limite du risible car trop kitch au goût de certains. Personnellement j’adore. Ce qui pouvait nous paraître ringard ado, nous parait Vintage et donc cool 20 ans plus tard. Tarantino a exhumé le cinéma de Blaxpoitation avec Jacky Brown, les films de Honkgongais et autres revenge movie des 70’s avec ses Kill Bill, a fait découvrir ou redécouvrir le cinéma Grindhouse avec son Death Proof mais surtout via son plus génial que lui comparse Robert Rodriguez (sa plus belle trouvaille) et son Planet Terror.  Pour tout cela il est le King du cool.

Depuis des années les cinéphiles de tout poils se réfugient dans ce revival recycleur d’un certain cinéma qui fait du bien à la nostalgie. Pas mal de réalisateurs se sont enfilés dans la brèche. Certains de façon plus intelligente et moins lourdaude que d’autres, le talentueux mais prétentieux Nicholas Winding Refn avec son excellent Drive, qui bien qu’excellent est surtout un pompage éhonté du Thieve de Michael Mann, ou le surdoué Edgar Wright.

Et c’est justement de ce formidable réalisateur que nous allons parler. L’homme qui nous a pondu avec ses potes la merveilleuse série TV Spaced (que j’ai connu après Shaun of the Dead et dont je vous parlerais bientôt), Shaun of the Dead (justement), Hot Fuzz, Scott Pilgrim Vs the world (J’avoue que malgré le brio de la réalisation, j’ai eu beaucoup de mal a supporter ce Teen Movie aux accents mangaesque), Le dernier pub avant la fin du monde (son meilleur film a mon sens) et finalement le petit dernier Baby Driver dont nous parlerons ici.

Alors Baby Driver ça raconte quoi ? Baby (Ansel Elgort) un semi autiste bouffé par des acouphènes depuis un accident qui coûta la vie a ses parents, officie comme chauffeur pour plusieurs braqueurs de banques, car c’est bien connu, quand on a eu un abominable accident de bagnole on a envie de rempiler a fond les manettes a bord d’une voiture pour les kékés fans de Fast n Furious. Un jour, il rencontre la fille de ses rêves ou plutôt la seul fille a qui il ne fait pas trop peur, Debora (Lily James), qui travaille comme serveuse dans un boui boui où il aime aller acheter des cafés quand il fait le larbin pour son chef. Ah oui Baby est fan de musique, donc ça ratisse assez large, musique dont il se sert pour combattre ses acouphènes. Un jour après avoir rencontré ce nouvel amour il décide d’abandonner la criminalité. Mais Doc (Kevin Spacey) son employeur n’apprécie pas ce changement. Baby va se heurter aux vilains braqueurs qu’il transporte et autant dire que ce sont tous de très vilains méchants.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas part pour encenser le nouveau film de celui qui est l’un de mes réals favoris. Non du tout. Faut dire que dés les premières bandes annonces, j’avoue que j’ai eu un mauvais pressentiment. Parce que c’était Wright, je me suis poussé à y aller car je savais que ce serait bien torché et bien foutu. Après tout le gars est loin d’être un manchot. De ce côté là bien entendu ce fut sans surprises, des poursuites formidablement filmées, des acteurs bien dirigés, et un montage au cordeau. Cependant ça s’arrête là. Déjà le scénar pue le déjà vu à plein nez, le film enchaîne avec une affligeante banalité les codes du genre en vigueur, le pilote mutique, la petite nana innocente et fraîche, les méchants tellement méchants qu’on se demande comment ils ne sont pas tous déjà passés sur la chaise dix fois, et une utilisation de la bande son dite COOL qui est pire qu’un gang bang auditif Jacky et Michel style. Alors oui il y a des jolis morceaux, la musique est quasiment l’autre perso principal du film. Un peu comme le faisait James Gunn sur ses Gardiens de la galaxie, sauf qu’ici ce n’est plus charmant du tout. Vous savez c’est comme dans ces soirées où vous êtes invités et où automatiquement on passe la BO de Pulp Fiction (maudite soit cette soundtrack) et que tout le monde se lève dans le but de montrer sa branchitude (vintage) afin d’avoir l’air COOL. Perso ça me rend dingue, je trouve ça presque aussi beauf que de faire tourner les serviettes sur du Sébastien dans un mariage du Pas de Calais (et je sais de quoi je parle croyez le bien).

Et bien Baby Driver m’a fait l’effet de ces soirées à la con de gens (bien), qui écoutent de la musique (sympa) et sont tous (gentils) et lambda. Calibré, calculé dans ses moindres détails pour être comme le dit la tagline en dessous du titre «le film le plus cool jamais tourné ». Et bien au final ce film est aussi COOL qu’une bonne gerbe de chat obèse dans la gorge d’un nourrisson.

Alors oui Wright sait filmer, techniquement c’est formidable, mais scénaristiquement c’est vide de chez vide. Ce n’est absolument pas le type de film auquel on s’attend de sa part. Je ne dis pas qu’il faille qu’il pondent le même type de films « Cornetto trilogy » style toute sa vie, mais ce type de produit me donne peine à croire que c’est Wright lui même qui est responsable de ce scénario. Décidément le fait de se faire virer de Ant Man lui a sérieusement fait du mal. Il a peu être dû se dire que si il pondait ce type de produit, il aurait a nouveau une crédibilité yes man auprès des gros cons des studios et que donc il aurait plus les pleins pouvoirs et plus de gros sous dans la popoche pour un véritable projet perso dans l’avenir.

Le casting est composé d’acteurs confirmés et talentueux, mais en premier parlons de Ansel Elgort celui qui campe le rôle titre de Baby, alors je ne sais pas où ils ont trouvé ce jeune acteur, mais s’il s’en sort dans son rôle de bulot, il a vraiment une telle tête de cul imberbe qu’il est presque impossible de s’identifier à lui. Mon dieu mais c’est quoi ce minet ? Alors oui ok c’est le but, mais moi je n’ai pas adoré. L’objet de son désire la toute jolie Debora et donc toute aussi mignonne Lily James, elle s’en sort bien mieux et parvient a donner a son personnage une certain capital sympathie. Kevin Spacey qui campe le (méchant) Doc est excellent, mais reste au niveau service Spacey minimum semblant évidemment avoir conscience de la bêtise de l’entreprise, un peu comme quand Anthony Hopkins se fourvoie dans un Transformers et a certainement accepté parce que justement Wright était aux commandes.

Baby Driver

Les autres Méchants et bien c’est pareil, tous bons dans leurs rôles, cabotinant à fond dans le registre Bad Guy, Bad Ass, over COOOOL le doué mais détestable Jamie Fox campe un psychopathe tête à claque parfait qui a d’ailleurs provoqué un de mes seuls moments de satisfaction à sa mort brutale, Joe Berenthal le meilleur Punisher (celui de Netflix) de tout les temps est bien génialement énervant aussi, mais dégage fissa, John Hamm lui ressort du lot par son charisme, mais rien n’y fait son personnage de mécréant amoureux reste désespérément cliché et la méchante sexy de service interprétée par la superbe Eiza González (qui reste un bon choix pour l’adaptation du manga Gunm, j’en conviens) fait le job, mais reste elle aussi hyper convenue et on retrouve Flea Le bassiste des Red Hot Chili Peppers en braqueur un peu fêlé.

Baby Driver

Non il n’y a rien a faire, mais si Scott Pillgrim Vs the world ne m’avait pas plu, il était dans son concept, là rien a faire. Edgar Wright a écrit un film Cool qui s’étouffe dans du faux cool. Alors oui, il y a les fans hardcore qui par mauvaise foi vont soutenir que c’est un chef d’œuvre. Perso moi qui suit aussi un fan hardcore de Wright, je reconnais que là ce film est un sacré faux pas.

Alors bien sur le film se regarde sans déplaisir, bien réalisé bien joué, certains passages sont amusants et distrayants, mais c’est vis à vis des productions de son réalisateur sacrement en deçà de ce que l’on attend de lui. Il n’y a pas vraiment d’âme, même si par moment on y détecte un soubresaut d’humanité, il n’en est rien après deux heures de scènes somme toutes convenues.

En écrivant ces lignes je regarde Hot Fuzz qui de ses collaborations avec Pegg et Frost est celui que j’aime le moins (même si je l’adore) et je me dis mon dieu quel réalisateur incroyable. En voyant Baby Driver, je me dis que s’il continue sur cette voie (facile) il va filer un mauvais coton le père Wright, mais bon j’en doute fort, ce mec est brillant. Perso j’ai hâte de le voir refaire des films avec ses deux comparses et mon rêve a son sujet est qu’il ponde la première comédie dans l’univers de Star Wars avec Nick Frost et Simon Pegg.

Baby Driver

Voilà, désolé, je sais que ma critique ne plaira pas a beaucoup, mais qui aime bien châtie bien et ça n’empêche pas que j’aimerai toujours Wright.

Au finish Baby Driver est un film creux, convenu et sans envergure, qui cependant et magistralement réalisé par un génie qui s’est quelque peu fourvoyé dans un film qui pète plus haut que son cul.

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