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On a mis du temps à s’en remettre : Dour 2017

mardi 5 septembre 2017 - Commentaire : 0

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Dour 2017 tu as fait, Dour tu auras fait.

C’est la rentrée, c’est la fin de l’été, le dernier fest s’annonce, la chute de l’été, le fall of summer. Je pense que depuis je me suis remise, donc je publie, enfin, ma review de Dour, histoire de revenir sur une bonne franche partie de rigolade.

 

L’Avant-Dour

Dès les premières annonces, j’ai été hypée, puis mon meilleur pote aussi, puis mon autre meilleur pote, puis l’autre, et l’autre, et eux là-bas aussi… Le truc, c’est qu’aucun de nous n’a les mêmes goûts. Et pourtant, toutes les annonces faisaient consensus parmi notre gros patchwork de potes. Qui du reggae, qui du dub, qui du metal qui tâche, qui du hip hop vener, qui du rap chill, cette prog réunissait tous nos coups de cœur de l’année.

Tous nos groupes préférés se préparaient à venir festoyer en ce brasier Belge du début de l’été, à grandes lampées de Jupiler, les doigts pleins de gras de frites.

On a réuni tout ce beau monde, puis après moultes aventures accompagnées d’une organisation hasardeuse, nos tentes sont montées. 
Quelques heures après mon arrivée, la réflexion me frappe : c’est mon premier festival. D’aucuns connaissant mon bras à bracelet de fest très très blanc à chaque rentrée s’étonnera de cette réflexion. Mais non, mes docs ont parcouru les festival de metal de France et de Navarre, de Roubaix à Tolmin, mais je n’avais jamais planté une tente entre si peu de chevelus à treillis et t-shirt de groupe, ni pour une prog si “généraliste”.

 

Mercredi

Petite journée pour le mercredi, seules 3 scènes sont ouvertes, l’occasion de découvrir le site et décapsuler la première jupiler , la première d’une longue série, il faut le dire . La fatigue du trajet étant là (et la gueule de bois) nous avons principalement erré au dub corner avant d’aller voir M.I.A.. Je ne connaissais que ses titres les plus connus et ce fut une belle découverte, plein d’énergie déployée sur scène, une scéno simple mais efficace.

MIA
MIA


Le temps d’un premier apero et nous voilà enfouis sous nos duvets afin de braver la première nuit assez froide.

TableSchlag
TableSchlag

Jeudi

Une fois réveillés, une bière et un modeste repas avalé nous voilà repartis sur le fest. Le chemin du camping aux scènes est assez long, il faut donc prévoir une bonne vingtaine de minutes de marche (un peu plus pour ceux qui ne savent pas boire en marchant, coucou) mais aussi un temps aléatoire pour la fouille, du retournage en règle de toutes tes affaires au simple coup d’oeil. Là où deux filles ont vu leur moindre trousse retourné, je suis passée derrière sans une simple PALPATION. 

Nous avons eu le temps de voir la fin de Monolith Noire à Le Labo. Un homme seul face à sa machine pour faire une electro ambiant mais rythmée. Ses morceaux sont entièrement joués à l’analogique, ce qui provoque forcément quelques surprises, rattrapées avec brio par le musicien, face à un public plutôt réceptif.

Rendez-vous avec le groupe Rendez-Vous juste après (facile), à La Caverne (nouvelle scène dont s’est doté le festival.) Les parisiens nous enchantent d’un post-punk énervé alternant avec des moment très cold wave qui semblent faire l’unanimité sous la tente. Ca remue, ça prend aux tripes, ça marche.
Changement d’ambiance avec Loyle Carner, un rappeur au flow impressionnant et efficace. Une scène placée sous le signe du chill anglais, le londonien y évolue encadré d’une petite bibliothèque et d’un gros fauteuil en cuir très anglais l’encadrant. En fond de scène : un grand maillot rose de supporter à son nom.

Pas le temps de se remettre, Kate Tempest arrive sur scène et calme tout le monde avec son hip hop rythmée, et ses spoken word prenants. Gros succès et concert très réussi, l’anglaise nous ensorcelle avec son charisme et ses textes pointus et intelligents. Elle enchaîne le slam et le hip hop simple mais pas simpliste avec brio. Petit bémol sur le son qui laissait parfois à désirer.

Kate Tempest
Kate Tempest

Retour sur la grande scène enflammée par Bruxelles Arrive la formation “spécial Dour” de Roméo Elvis & Le Motel et Caballero & Jean Jass. Le tube éponyme a dépassé les 2 millions de vues, ce featuring embrase donc la Last Arena, on est bouillant, il fait bon, on perd la tête, on a oublie le prix des bières, tout roule. La Nouvelle scène belge est là.

Ambiance dourienne
Ambiance dourienne

Le temps de faire une petite sieste en écoutant le rock psyché mais un peu trop léger de Temples  et retour au Labo pour aller voir Blanck Mass. Y officie Benjamin John Power, la moitié du groupe Fucked Button. Pas spécialement convaincue par sa prestation au point FMR il y a quelques mois, ce 2ème show me rappelle pourquoi j’aime autant cet album follement expérimental et enervé qui t’assènes des sons à tout va sans te laisser le temps. Les blasts vont vites et s’arrêtent sans prévenir avant de reprendre comme des furies éléctroniques.

Fin de journée remplie sur Kaytranada, un beatmaker qui nous fera revivre des bons classiques du r’n’b et du hip hop. J’avoue ne pas avoir reconnu la plupart des morceaux (chut) mais l’ambiance est au rendez-vous.

Vendredi

Malheureusement levés beaucoup trop tard pour voir It It Anita, alors que c’est un vrai délice à voir en live (allez-y si vous pouvez) nous fuyons le son crasseux de Cocaïne Piss pour arriver (beaucoup trop) tôt sur le devant de la scène sous la Caverne.
C’était surtout une journée pleine d’émotion pour ma part car mes poulains d’All Them Witches se produisaient pour la 2ème fois dans un festival Européen. Mon crew réuni autour de moi, la baffe ne se fit par attendre. Nous servant toujours leur rock psychédélique nuancé de stoner, les ricains nous ont fait hommage me faisant revoir mon avis sur le dernier album. Ils se permettent des longueurs et des étirements de morceaux, des passages jam que n’ont rien à envier les plus fan de vieux rock prog des 70’s, le clavier d’Allan Van Cleave et la gratte du si doué Ben mc Leod sonnent si Floyd sans jamais tomber dans le cliché. 

Voir son groupe préféré est toujours un moment fatigant, je me suis donc contentée de suivre la meute pour le reste de la journée,

Nous n’avions pas encore été voir la DE RED BULL ELEKTROPEDIA BALZAAL (aka scène “boumboum”), légèrement excentrée, l’arrivée y est très impressionnante. sans me l’expliquer elle a un petit côté Rick & Morty, et c’est le lieu de la débauche à la pupille dilatée. Encadrés de 8 écrans, le dancefloor (caillouteux) va ounssounsser toute la journée au rythme des DJ du moment. 

DE RED BULL ELEKTROPEDIA BALZAAL
DE RED BULL ELEKTROPEDIA BALZAAL


Je me suis personnellement lassée assez vite, et nous avons rejoint une musique un poil plus nuancé du côté de La Petite Maison dans La Prairie pour voir Blonde Redhead, un post rock envoûtant mené par une voix féminine et des jumeaux à la batterie guitare. Très efficace, certains morceaux me sont restés en tête et m’ont donné envie de les réecouter sur album, une réussite. Petite découverte en passant vite à côté de la tente où joue Kano un anglais au hip hop super rythmé et très efficace. A noter et revoir.

Ambiance Dourienne
Ambiance Dourienne

Nous avons pu voir NAS  de loin, profitant d’une petite sieste, bercées par son hip hop classique mais toujours efficace.
Crystal Castles, ayant un public assidu, impossible de rejoindre le reste de la foule, bloqués à l’entrée de la tente. Je n’ai toujours pas pu voir la formation avec la nouvelles chanteuse, mais nous faisons vite demi-tour face à à la foule compacte.

Malgré la fatigue, nous tentons une motivation  mutuelle pour voir le très court set de Pusha T.. Ce dernier annonce déjà un retard d’une bonne demi heure, et se présenta visiblement au moment où nous avons jeté l’éponge, et avons commencé à rejoindre nos terres.

Samedi

Cette journée forte en décibel amena son lot de bon gros metalleux qui m’avaient presque manqué. Mont-Doré étant trop matinaux pour nos tympans, c’est avec Oathbreaker que nous avons débuté la journée. Le charme de Caro fait toujours effet, et tout le monde semble réceptif à ces murmures interrompus de cris et la beauté ciselée des riffs imposants. C’est un plaisir de voir la church of Ra dans un autre contexte, et le public massé semble pris par l’ambiance si étrange de ce groupe.

Grosse découverte avec Brutus, un duo batteuse/chanteuse accompagnée d’un guitariste, un charisme fou et une efficacité à l’épreuve de la fatigue, sur lesquels je reviendrais peut-être. Petit pause dans le riff gras avec De La Soul sur la Last Arena, un classique infatigable, toujours au rendez vous, pour une ambiance hip hop samplée comme il se doit.
Grosse surprise pour Jonwayne , rappeur qui ne paie pas de mine mais surprend par son flow et l’ambiance qu’il pose dès son entrée sur scène, tranquille, posé, on reste jusqu’à la fin sans voir le temps passer.

Nous errons plus ou moins admirons Die Antwood de loin, la plupart d’entre nous les ayants déjà vus et trouvant le show trop répétitif, trop calibré, et manquant donc d’authenticité.

Soleil sur Dour
Soleil sur Dour

Fin de journée endiablée, sur Carpenter Brut et Perturbator, n’étant pas une grande fan de Synthwave, je dois avouer que l’ambiance du fest y est pour beaucoup, et l’adhésion sous la tente est là, ça shake son booty à tout va, les regards sont souriants, métalleux, rappeur, fan d’éléctro se mêlent en une foule grouillante mais jamais oppressante.

 

Présence christique
Présence christique

 

Dimanche

Travail oblige, ma journée du dimanche fut relativement tronquée. Déjà par une matinée fort occupée à récupérer des événements de la veille (ou du matin selon votre vision du début de la journée), nous arrivâmes forts vaillants et tout prêts à faire du SALE (mamène) pour le set de Lorenzo. J’ai fait partie de ces relous à lancer du “mes srabs sûrs” ou autre “ce genre de bail épicés” pendant (beaucoup trop) longtemps, mais j’avoue que sur la longueur, le rap de Lorenzo c’est un enchaînement de punchline. La scéno restait cependant dans le thème, avec un DJ derrière une devanture de kebab, et un Lorenzo survolté. C’était ce à quoi on pouvait s’attendre d’un concert one man show de Lorenzo, le public était au rendez vous pour répondre à la moindre sheitanerie de leur empereur malgré les 809° atteints sous le chapiteau.

Lorenzo et son coincoin
Lorenzo et son coincoin


La journée se clôt donc sur le désormais très célèbre duo du Tarterêt. Faisant partie de ces hipster parisien sous le charme du cloud rap, c’est en jouant des coudes 15Mn avant que nous nous glissons dans la fosse pour assister à ce final fort en émotion. Quelques minutes de retard, et les premières instru de J’suis QLF retentissent dans l’air et dans nos oreilles. La scénographie minimaliste mais efficace fonctionne, l’ambiance est sombre, monolithiques, les morceaux s’enchainent si bien, les paroles se hurlent et susurrent à tour de rôle. J’ai du partir au 3/4 afin de rejoindre une vie civilisée, mais c’est avec un grand sourire que je me suis extraite non sans difficulté de la fosse

qlf
qlf

 

Au final

Mon “premier fest” s’est donc déroulé à merveille. Bien que la « différence » se ressente, il est vrai que je ne ferai pas Dour toute seule comme j’ai pu faire pour d’autres festival. Le relou est certes beaucoup plus présent, et j’ai beaucoup moins retrouvé cesentiment de « je peux être amie avec TOUT LE MONDE », on se regarde moins le tshirt ou la veste à patch à faire « oh chouette groupe », il n’y a pas cet aspect « communauté » que l’on peut retrouver, mais avec un gros groupe de pote, ça ne manque pas.
J’ai vraiment pu sortir de ma zone de confort, découvrir des groupes insoupçonnés et pouvoir partager mes pépites du moment à mes amis qui n’auraient pas le temps de braver une horde de chevelu.

Je pense qu’à partir de maintenant, lors de mondanité on pourra dire “Ah elle ? Oui…on a fait Dour ensemble”, avec un regard appuyé, et entendu.

Fest sponso Jupiler
Fest sponso Jupiler

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