The Mountain, que vaut le nouvel album de Gorillaz ?

Trois petites années après le délicieux Cracker Island, Damon Albarn et sa bande virtuelle revient avec The Mountain.

Faut dire qu’on a eu le temps de se préparer, puisqu’il a été annoncé en septembre dernier avec la sortie de The Happy Dictator. L’album était à la base prévu pour le 20 Mars. Il est sorti le 27 février. On ne va pas s’en plaindre…

L’intro, appelée également the Mountain, nous plante déjà le décor. Une pop entrelacée de musique indienne. On sait d’ores et déjà que l’on va voyager. On note la présence de Dennis Hopper dans les crédits. Légende du cinéma américain et du nouvel Hollywood. Décédé en 2010, il avait déjà travaillé avec Gorillaz pour Demon Days.

Damon Albarn nous avait prévenu. L’album allait parler d’introspection et de deuil. Et pour cela, il avait besoin de personnes déjà décédées pour continuer ce chemin spirituel. On va donc retrouver des anciens collaborateurs, comme Jolicoeur de De La Soul (qui avait coécrit Feel Good Inc.), ou bien Proof de D12, vous savez, le pote d’Eminem, Mark E. Smith de The Fall, ou le génialissime batteur Tony Allen. Ce dernier qu’on avait déjà entendu dans The Good, the Bad and the Queen ou même plus récemment sur le dernier projet du chanteur de The Foals, Yannis & The Yaw.

Ça fait plus de 25 ans que Gorillaz nous fait vaciller entre danse, dépression, pop catchy… Et c’est fou de se dire que ça fonctionne toujours après autant d’année. En se réinventant, toujours, et malgré tout tenir le tout dans une jolie cohérence, bien que parfois abstraite. C’est ce qui rend Albarn si ensorcelant, peu importe le projet d’ailleurs.

Par exemple, passer de The God Of Lying en feat avec les loubards d’IDLES, à The Empty Dream Machine sans se mouiller la nuque peut laisser des séquelles. Mais c’est pour ça qu’on aime autant ce groupe.

Nos coups de coeur

Notre préférence sur cet LP de plus d’une heure se porte sur The Manifesto, avec Trueno et Proof, scindé vraiment en quatre parties bien distinctes. Tantôt pop latino, rap us, rap argentin ou encore electro pop chill sur la fin. C’est probablement le titre le plus abouti. On a aussi adoré Delirium avec Mark E. Smith, avec un refrain bien dance-punk dont on aimerait un revival. Ou bien le génial et rythmé Damascus avec le chantieur syrien Omar Souleyman, et le touche à tout Yasiin Bey (anciennement Mos Def). Le morceau teinté de musique orientale metissé à de l’électro peut surprendre, mais on est vraiment sur une des meilleure production de l’album. On notera aussi la présence de Johnny Marr sur l’album, le beau gosse des Smiths. Alors non, pas Morrissey, l’autre, celui qui est moins polémique. Celui avec qui les gens veulent travailler.

Et alors, il vaut quoi cet album ?

C’est compliqué d’être objectif avec Gorillaz tant le groupe est présent et ancré sur la scène internationale. Et on ne peut toujours pas l’étiqueter tant il surfe avec le rock, l’électro, le trip-hop… Mais The Mountain est un bon album. Parfois inégal tellement certains titres sont convaincants, mais la perte d’un proche parle à tout le monde. Et même si le virage emprunté peut surprendre, cette dernière livraison du groupe britannique est loin de faire figure d’épouvantail dans une discographie éclectique et bien remplie. On en profite d’ailleurs pour vous rappeler que le groupe fera une escale en France cet été pour We Love Green et Musilac.

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