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La danse et les bottes d’Aronofsky

mercredi 12 janvier 2011 - Commentaire : 1

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BLACK SWAN – 2010 – US (Darren Aronofsky)

Pendant presque une heure, le nouveau film d’Aronofsky est brillant à bien des égards: une mise en scène habille, fluide, parfois virtuose (la scène de répétition, caméra à l’épaule, entourée de miroirs); le casting solide, Natalie Portman en tête (et en pied), Mila Kunis (qui arrive tardivement) ainsi que Winona Rider en grande sobriété et Vincent Cassel, fidèle à lui-même, c’est à dire parfait dans le rôle d’un nouveau riche français et antipathique; la photographie, le montage, la musique, tout porte à croire que le film attrape la bonne direction.
Pendant cette “presqu’heure”, l’intrigue tient le bon bout, le scénario ne s’emballant que rarement sur les effets. Entre le drame et le fantastique, le film promet une chute vertigineuse dans la psyché de son principal protagoniste, que l’on pourrait croire pendant un temps presque seul. Le récit déréalise l’univers de cette petite danseuse. Cela intrigue, nous hypnotise, à un tel point qu’on se surprend à imaginer les plus folles chutes au récit. Toutes les références y passent. On s’empresse d’en chasser une par une autre, de les anticiper presque tellement on aurait pu en croire certaines faites de toute conscience.
Puis tout s’écroule. Portman prend de la drogue. Portman est en boîte de nuit. Portman finit sa soirée avec sa copine dans un délire bisexuelle, certes torride, mais complaisant. La mise en scène se veut déjà plus voyante. Regardez mon beau plan, mon troublant montage.
A l’apogée du pire, le personnage de la mère (Barbara Hershey, dans la référence la plus explicite, celle au film de Sydney J.Furie, l’Emprise, l’un de mes films cultes – excusez du peu qu’il est une référence aussi énorme, dans le récit et dans le ton, sans rien en faire-), qui est un personnage de mère tyrannique, sur le mode de Psychose (“à la Hitchcock”)  ou sur celui de Carrie (“à la De Palma”, bref, qu’on aura cru pendant un temps épargnée par la lourdeur de style) cherche à joindre désespérément sa fille qui est droguée et en boîte de nuit. Sur le téléphone de Portman apparaît le mot “MOM” tandis que retenti le thème du ballet “Le lac des cygnes”, façon 8-bit.
Une heure de film pour en arriver là: la ficelle est énorme, et il n’y aura plus qu’à tirer le bout pour en défaire simplement le nœud.  Le reste du métrage abandonne donc ses chaussures de ballerine, mal lassées, au profit d’une grosse paire de botte.
Je passe sur le final du film, anecdotique. On pourra maintenant sauter à pied joint dans la flaque de pluie sans le moindre risque de se faire éclabousser.

M.G

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  • Tout, tout, vous saurez tout sur le zizi d’Aronofsky. Pour “l’Emprise”, je n’ai rien perçu malgré la dépression que ce film des années 80 déclencha en moi en pleine adolescence.
    Black Swan est triste comme un pain rassis et même pas peur ! L’art comme sujet de la peur et des tréfonds est la pire des erreurs mais la meilleure option pour un oscar!
    Vive les statues et l’Amérique (sans ironie)!

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