Saturday, October 16, 2021

« Somewhere » ou l’art de commencer par la fin

Sofia Coppola, fille de au talent indéniable, au parcours exceptionnel au service de la mode puis du cinéma, m’a laissé perplexe devant son dernier film. A l’image du dernier plan qui renvoie lui-même au tout premier, nous sommes ici dans un vaste monde où l’on retrouve de nouveaux des personnages perdus dans un certain espace-temps.

Nous allons donc découvrir une vie l’espace d’un instant, la suivre dans ses moindres détails et y découvrir les nœuds qui empêchent un semblant de réalité dans un monde faux, hypocrite mais néanmoins pas si malsain.

Sofia Coppola nous parle de Johnny Marco, un acteur d’une nonchalance rare, triste et seul, néanmoins rendu d’emblée sympathique car l’on croit quand même percevoir chez lui qu’il sait la chance qu’il a. Cela se manifeste parfois avec certains personnages non-issu du même milieu que lui : alcool, argent et filles faciles en opposition au simple employé de l’hôtel Château-Marmont qu’il salut de temps à autres.

Mais on s’aperçoit très vite que ce n’est qu’un ado attardé, refusant quasiment toutes responsabilités y comprit celle de s’occuper de sa propre fille. Quel désarroi lorsqu’il apprend qu’il doit la garder plus longtemps que prévu. C’est ainsi que le film commence réellement. Et qu’il finira tout aussi vite d’ailleurs car, comme je vous l’ai dis, le film ne m’a pas plut plus que ça. Se rendre compte que l’on a des obligations, des personnes que l’on aime et que l’on doit chérir, qu’en fin de compte la vie est plus précieuse que ça… Ne sont-ils pas des messages quelque peu simplistes.

Certes, une véritable atmosphère se dégage du film, comme à l’accoutumée chez Sofia Coppola je dirais. Et si l’on doit retenir quelque chose de ce long-métrage, c’est bien cet univers doux sur fond de rock’n’roll qui fait que l’on reste néanmoins tout le long du film, sur son fauteuil comme dans du coton.

Les parallèles avec « Lost in translation », spécialement, sont nombreux : un homme et une femme d’âges diamétralement opposés, Bill Murray et Scarlett Johansson d’un côté, et Stephen Dorff et Elle Fanning de l’autre ; un hôtel en guise de maison transitoire ou rien n’est vraiment à eux ; Bill Murray en froid avec sa femme dans l’un, Stephen Dorff déjà divorcé dans l’autre ; Scarlett Johansson qui pleure son petit ami trop loin, seul réconfort qu’elle aurait pu avoir dans une ville trop grande ; comme la petite Elle Fanning pleure le réconfort qu’elle n’a pas dans une vie trop grande. Alors non ce n’est pas un copié-collé, mais ces similitudes sont troublantes.

Pour tout vous dire, je me suis dis, à la fin de la projection, que « Somewhere » aurait fait un très bon premier film et « Virgin Suicides » un très bon dernier : l’art de commencer par la fin. Si le processus philosophique de Sofia Coppola est d’épurer ses films jusqu’à ne garder que la superficialité des choses de la vie, elle pourra bientôt filmer la vie d’une abeille.


Yann

 

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3 Comments

  • MG
    MG

    « cet univers doux sur fond de rock’n’roll »… tout est dit: eurk! je crois que je vais vomir…

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  • Poupimali

    là où j’ai encore moins eu de bol c’est que la salle qui a diffusé le film a du oublier certains caches. donc j’ai eu le plaisir de découvrir sur 5 scènes différentes la perche son ! ce qui a eu le don de m’agacer profondément.

    Pour ce qui est de ton analyse, je la trouve très pertinente car Trop de Lost in Translation, Trop lent, Trop grossier sur les émotions et sentiments mis en valeur dans le décalage.

    Un film moyen visuellement beau mais peu riche.

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    • apocalypserhum

      Ah les projectionnistes qui ne prennent plus aucun plaisir à nous montrer des films et qui sabotent la séance… je connais mais heureusement qu’il sont rares.

      Merci pour tes compliments.
      Effectivement dans ce film on ne compte presque que sur les émotions.

      Et je ne me contredirais pas en disant que même si les émotions font un film, il faut du sens, de la profondeur, de la richesse comme tu le dis, ce que je n’ai pas trouvé dans ce long.

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