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Chroniques à brac, Musique par

Extra Life, Grrrnd Zero, Lyon.

jeudi 5 mai 2011 - Commentaires : 2

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© @Yelling_

C’est à Grrrnd Zero que nous nous retrouvons en ce dimanche aux senteurs de muguet. Il fait chaud et la bière ambrée nous rafraichit. L’espace hors scène est divisé en de multiples stands proposant sérigraphies, bouquins, vinyles, K7 et crêpes aux champignons. J’offre  une K7 à mon Walkman gourmand, heureux de ce retour aux valeurs simples et palpables.
Nous sommes au festival AfricanTape, et c’est le dernier soir. A l’affiche de cette clôture: Alexis Gideon, Passe Montagne, Sheik Anorak, The Conformists et Extra Life. Nous sommes venus pour ces derniers, mais ne boudons pas le reste du concert, malgré quelques passages vraiment difficiles. Les gros barbus au premier rang ont l’air de kiffer pas mal, dans des arabesques capillaires de grandes envergures. Nous nous éloignons pour éviter les giclées de bière et préserver nos orteils / oreilles. Je craque sur un livre de W. S Burroughs. J’en lis quelques passages adossée au mur des toilettes. Ça parle de vagins. Les inscriptions sur les murs des WC de Grrrnd Zero aussi. 1969-2011.

Ça s’excite un peu du côté de la scène, Extra Life se prépare. Nous jouons les groupies au premier rang. Il faut toujours être un peu amoureuse d’un des membres du groupes pour pouvoir écouter en fermant les yeux, et sourire béatement. J’ai bien vu que J. a un crush sur Caley Monahon-Ward, le guitariste. Je me laisse pour ma part enrober comme une pomme d’amour par le voix sucrée de Charlie Looker. De toute façon, le batteur nous fait peur. Ce qui s’en suit est un mélange qui pique et qui gifle. Quand la presse te catalogue tout à la fois d’avant-garde experimentale – musique médiévale – progressive rock – pop – folk – musique électronique, tu n’as pas en effet à choisir ton camp et tous les sillons sont à parcourir. Dans mon kaléidoscope psyché je vois tout à la fois du Kraftwerk, du Joy Division (enfin du Ian Curtis), du Björk, et du Cibo Matto. C’est délicieux et nous sommes conquis, les garçons aussi. Il y a un rappel (y’en a-t-il eu pour les autres groupes? Je n’en suis pas certaine). Deux morceaux plus tard, c’est bel et bien fini.
Nous filons acheter les CD au stand. Tu prends l’avant dernier, je prends le dernier. On se les prêtera. Armée de mon courage, d’alcool dans le sang et d’un bic noir volé à l’entrée, je file le nez au vent demander à Charlie Looker de me dédicacer cette nouvelle acquisition. J’aime bien la gomina de ces cheveux et la transpiration sur son t-shirt. La musique, c’est mieux que la vraie vie pour ce genre de choses. Il signe Charlie avec un cœur sur le i. Ça aussi, dans la vraie vie tu te moques. Devant Charlie je bredouille et rougie. Merci, au revoir. Salue Brooklyn de ma part. Je sautille jusqu’à J. pour lui montrer mon petit trophée ponctué d’un cœur à main levé. Elle pense à Caley Monahon-Ward d’une moue boudeuse et timide. Il n’est pas sur scène. Je lui pique le CD et file en backstage. Les rayures de sa robe rose me suivent et nous voilà devant cet adorable nerd, pas plus à l’aise que nous. Il signe l’album de J., le mien, et le vinyle de O. qui s’est engouffré derrière nous. Les gribouillis sont illisibles mais ça n’a pas grande importance. Quelques mots échangés et nous filons. Nous ne restons pas pour le dernier groupe. Il est temps de voler à dos de vélo jusqu’à nos lits. Le poste à CD est dans la chambre de J. et les piles de mon Walkman sont mortes. Endormissement en silence, après quelques pages de W. S Burroughs.

MySpace de Extra Life: http://www.myspace.com/extralifetheband

Africantape: http://www.africantape.com/

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  • Ca me rappelle tellement mes chasses aux dédicaces, et ces papillons dans le ventre lorsqu’on se retrouve face à l’artiste, le cerveau qui part en vrille, le sourire niais et la voix qui tremble pour dire merci. Et l’après, l’émotion à la lecture des mots parfois illisibles, oui, les “j’aurais dû lui dire ça !” à s’en taper la tête contre un mur, et surtout le “Quand est-ce qu’il revient sur scène ?” avec la moue boudeuse et les yeux qui brillent.

  • Superbe souvenir pour moi aussi, merci de l’avoir ravivé de cette belle façon 🙂
    (et j’ai presque la même dédicace de Charlie sur mon exemplaire de Made Flesh!)

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