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Nique la Polisse

mercredi 26 octobre 2011 - Commentaires : 3

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Nique la Polisse
Nique la Polisse

C’est cette merde que Pasolini vous a fait déguster dans Salo que Maïwenn vous met en face des yeux dans Polisse.

Paris, Belleville. Au sein de la Brigade des mineurs, Melissa (Maïwenn) est chargée d’une mission photo. Elle est plongée, comme le spectateur, au sein de ce milieu fascinant, choquant et répugnant. Les brigadiers enchainent les gardes à vue de pédophiles, auditions d’enfants, de parents, d’adolescents assez particuliers, de malades mentaux. Voici la trashitude quotidienne de leur vie, de leur travail. Mais, comme dans la vie, tout n’est pas tragique et tout n’est pas comique, ils passent du rire aux larmes et c’est ces émotions que Maïwenn tente de faire partager à son public.

Après le poignant Pardonnez-moi et le très réussi Bal des actrices, Maïwenn confirme son talent en faisant à nouveau partager un univers singulier et brut. A chaque film, la réalisatrice s’intéresse à un milieu, à une histoire forte, qu’elle traite avec originalité en y mêlant sa propre vie. Pour ce film, elle quitte sa petite caméra et s’introduit dans le film telle une figurante avec  un regard spectatoriel. Son égo ayant un peu diminué, ce n’est plus elle le centre et le moteur du film mais ce sont désormais les brigadiers. Elle joue un rôle de repère, de témoin et de comparaison entre son monde de petite bourgeoise confortable où on mange des pizzas aux truffes et celui plus difficile des brigadiers où le Kebab est plus tendance. Elle dévoile alors cet univers dur, sale, dans lequel il est difficile de survivre, de mener une vie de couple « normal » après avoir passé une journée à écouter une petite fille raconter comment son père l’a pénétré. Maïwenn dévoile la difficulté du quotidien de ces brigadiers, leurs moments de tensions, de fou rires, leurs relations au sein du groupe ainsi que dans leur vie personnelle.

Polisse de Maiwenn sortie le 19 Octobre 2011

Maïwenn cherche à choquer. Et elle y réussit. Elle montre les auditions et interventions qui ponctuent le film sans relâche. C’est ce qui fait la force du film, mais aussi sa faiblesse. A force de vouloir heurter, même si c’est la réalité (et que selon le directeur des services concernés sur France info (source française fiable), elle est encore bien en dessous), la réalisatrice ne s’attarde pas sur l’univers des enfants. En deux heures, il aurait surement été possible de dévoiler cet autre aspect. Cela en fait un film choc, qui intrigue et pose son spectateur en voyeur mais qui manque de réflexivité sur son sujet. Comme si la réalisatrice avait été dépassée par ces témoignages telle une documentariste, et n’avait pu s’empêcher, prise par son émotion, de tout montrer.

Le film est néanmoins réussi et ne peut vous laisser indemne. Sa force est aussi d’être, grâce à ce magnifique casting, drôle malgré le pathos du sujet. Karin Viard et Marina Fois y sont remarquables et campent de très beaux personnages. Il est rare de toucher une relation aussi juste et fine entre tous ces personnages. Et puis, Joey Starr, dans le rôle d’un policier de la brigade des mineurs, vous prouve que la police, dans son quotidien, peut bien se faire niquer…

 

 

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