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Chronique d’un été, ou les premisses de la téléréalité

jeudi 3 novembre 2011 - Commentaire : 0

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Festival Jean Rouch du 5 au 25 novembre 2011

 

A l’occasion du festival Jean Rouch au mois de Novembre et de la re-sortie en salle de Chronique d’un été, c’est le moment de faire un point sur ce film qui a fortement marqué sa génération et celles qui ont suivi.

Si ce film a suscité autant d’intérêt, de polémiques et de divergences, c’est tout d’abord par son esprit novateur. Les deux compatriotes, Jean Rouch (ethnologue cinéaste) et Edgar Morin (grand sociologue) ont décidé de faire un film ensemble en ayant comme point de départ la vie des parisiens lors de l’été 1961. Ainsi, la question latente du film était « Et toi, comment vis tu ? ». Morin avait comme but de savoir comment les personnes se « débrouillaient », selon ses termes, avec la vie. L’originalité ne se situe pas tellement tant dans le sujet mais dans la forme adoptée. Les réalisateurs ont fait ce film dans l’optique d’un cinéma vérité en hommage à Dziga Vertov et son Kino-pravda (littéralement ciné-œil). Grâce aux nouvelles technologies de 1960, il a été possible pour les réalisateurs d’enregistrer de manière synchrone le son et l’image, et donc de procéder à des micros-trottoirs, ainsi qu’à de longues entrevues. L’aspect novateur de ce film réside dans ces nouvelles technologies mais surtout dans la propre mise en scène des réalisateurs au sein du film.

Si ce documentaire a été vivement critiqué c’est parce qu’il ne répondait pas à cette soi-disant « vérité » proclamée par leur auteurs. Cependant, le terme avait été mal compris par les critiques car Morin et Rouch avaient seulement pour objectif de rendre hommage à Vertov, et  ne prétendaient donner la vérité aux français sur les français. La part de mise en scène est toujours inhérente au documentaire et est aussi fortement présente dans ce film qui impose certaines situations aux protagonistes. De plus, lorsqu’une caméra est posée devant quelqu’un, son comportement ne sera jamais le même que « dans la vraie vie ». La part de montage n’est d’ailleurs pas à négliger quand de 24h de rushs, on passe à 1h30, la réalité en est forcément changée. C’est pour cela que Morin et Rouch sont aussi entrés en conflit, Rouch voulant  introduire une part fiction, notamment dans son montage, tandis que Morin voulait être davantage dans la réalité et procéder à de longues entrevues. Rouch a gagné  et Morin s’en est trouvé désolé. Et comme disait une plaquette à Turin à l’occasion d’une exposition sur Jean Rouch « Car si les films de Rohmer permettent de vérifier que « tout grand film de fiction est aussi un documentaire », il revient à Rouch de démontrer que « tout documentaire est aussi un film de fiction ». Ce film a autant été loué que critiqué, de surcroit par ses propres protagonistes qui n’acceptaient pas leur image, se trouvaient faux, mais il en reste néanmoins un film novateur, avant-gardiste auquel ont pu succéder des réalisateurs tel Chris Marker avec son Joli Mai.

Un autre aspect qui a choqué à son époque est son impudeur, la manière dont certains protagonistes se sont livrés face à la caméra. Celle qui a le plus suscité de réactions est Marylou. En effet, dans cette entrevue, elle se laisse aller aux larmes et livre les problèmes de sa vie.

A l’heure de Secret Story, les choses ont bien (mal ?) évolué. Ce  n’est pas une petite entrevue qui fera vaciller le spectateur de son siège. En revanche, si on loue à Edgar Morin et Jean Rouch leur aspect novateur hérité d’un mouvement initié au Canada et USA, il en résulte pas moins la naissance des prémisses de la téléréalité. Un film mettant scène plusieurs protagonistes un été, les confrontant les uns les autres, faisant des interviews « verité » sur leur vie face caméra, prise de son et image directe, leur proposant une sortie à Saint Tropez, peut faire penser à nos belles émissions dignes du XXIeme siècle.

Alors, à quand « les chroniques d’un été des anges de la réalité » ? Il est vrai qu’en 1961, l’une des protagonistes a fini avec Jacques Rivette et une autre avec Joris Ivens. Ce n’est pas du même acabit alors laissons Loana se faire masser les fesses par Brandon et honorons les personnages de Chronique d’un été en regardant ce magnifique film, sans le dégrader.

Pour plus d’informations sur le festival, les divers lieux de projections, et de conférences, consultez ce site! Vous pourrez ainsi découvrir, au delà de Chronique d’un été, les nombreux films anthropo-ethnographique qui ont constitués l’euvre de Jean Rouch.

http://www.comite-film-ethno.net

 

 

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