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ET SI ON LISAIT COLLECTOR ?

jeudi 24 novembre 2011 - Commentaires : 4

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Le concept d’édition collector est décliné dans quasiment toute l’industrie culturelle. Offrir plus pour faire payer plus, ou offrir mieux au même prix pour convaincre l’indécis : telles sont ses principales fonctions. Et les résultats financiers des DVD, Jeux vidéo et autres coffrets CD tendent à prouver l’intérêt (au moins monétaire) de la démarche. Alors que même la BD s’y met, le roman reste irréductible (à part les coffrets de Noël sur les classiques), en bon Gaulois.

L’année dernière, je bouclais un mémoire de marketing sur le livre. J’y concluais que le collector était l’avenir du papier. Histoire de faire avancer le schmilblick, voici quelques exemples de ce qui pourrait être fait :

A l’intérieur des tee shirts Threadless, on trouve une petite mention imprimée dans le col : « Première édition ». Cela sert à prouver que vous n’avez pas attendu que tout le monde porte le tee en question pour vous décider à l’acquérir. Cela existe aussi dans les comics où, souvent, les rééditions de titre à fort succès ont droit à une autre couverture. Dans une société où la part de passer pour un mouton est reine, valoriser les acheteurs précurseurs est toujours un bon plan. Il suffirait de changer les tonalités de couleur de la jaquette d’un livre en fonction du tirage (3000 exemplaires couverture rouge, tous les suivants en bleu) et d’indiquer clairement le statut de première édition de l’objet. La différentiation est arbitraire, mais confère au livre une aura supplémentaire, qui peut suffire à convaincre l’indécis en créant de la rareté et la peur de la pénurie. Puis ça excite les spéculateurs.

Coût effectif pour l’éditeur : RIEN. NADA. NIET. Intérêt : communicationnel.

La majeure partie des frais liés à l’impression et la diffusion d’un livre est liée au simple fait de lancer la machine. Le nombre de pages représente une variable secondaire et plus faible. C’est la logique des économies d’échelle. Pour faire simple : on n’est pas à 30 pages près. Alors pourquoi de pas coller une vraie biographie de l’auteur, des ressources par rapport au texte (j’avais envisagé sur un de mes projets un index documenté des références pop culture du roman par exemple), un exemplaire de note d’intention envoyé à l’éditeur ou bien une version béta du premier chapitre. Ça ne coûte pas grand-chose, mais ça peut rapporter beaucoup. Le livre n’est plus le simple support d’un texte, mais un « bel objet ». Et puis, si l’on décide de supprimer les bonus pour l’édition de poche, on peut encore écouler des premières éditions plus chères après la sortie du poche, parce qu’elles conservent une valeur. <- Génie.

Coût effectif pour l’éditeur : faible. Intérêt : plutôt bon.

Un disque, ça se convertit facilement en MP3. La plupart des éditions collector de films proposent un exemplaire numérique à télécharger. Et maintenant les comics US offrent le même numéro dématérialisé pour l’achat du papier au même prix ou moyennant un dollar en plus. La TOTALITE de l’industrie culturelle à compris que quelqu’un qui achète en physique ne va pas racheter en numérique. On peut donc offrir le fichier informatique, puisqu’il ne sera pas acheté. Ça s’appelle augmenter la proposition de valeur : tu paies pareil, tu as mieux, donc tu as plus envie de payer. De plus, cela sensibilise au numérique et ça permet d’offrir à un pote tout en ayant un exemplaire « moins bien » puisque pas physique. La mise en place d’un tel système coûte cher au début (il faut créer l’infrastructure) puis plus rien à la fin (imprimer un pauvre code unique par exemplaire). Au pire des cas, tu crées deux éditions, une simple papier, et une double, quelques euros plus cher. Avec une couverture alternative, histoire de. #Combo

Coût effectif pour l’éditeur : cher une fois, plus rien ensuite. Intérêt : TOTAL ET ABSOLU.

L’édition est un secteur ancien, où l’honneur d’une maison prime souvent sur les réalités du marché, et où le marketing est trop souvent accueilli avec des fourches et des torches. Mais il est possible de proposer un objet plus riche, plus beau ou simplement plus singulier, moyennant quelques aménagements. Et plus l’œuvre est sexy, plus on prend le risque d’attirer de nouveaux curieux, de nouveaux lecteurs.

Ce serait mal ?

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  • C’est pas mal l’idée d’annexe pour les bouquins. Je bosse un peu sur ça en ce moment je fais de l’étude “génétique de scénario”, donc, observer le processus d’écriture. Et c’est vrai que joindre ces document à l’oeuvre final, pour le roman, comme pour le film, ce serait intéréssant. Le film, il y a l’option bonus DVD, mais bon, c’est plutot pour la “vulgarisation” du film.

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