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Chroniques à brac par

Un fragment d’éternité

mardi 3 janvier 2012 - Commentaire : 0

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Il y a la fin de l’année, les pulsions ridicules ou pas de célébrer ce passage le mieux possible, le désir d’être heureux et de se souhaiter du bonheur, d’être ivre de joie et de fatigue. L’envie de faire entendre sa voix, de faire rire, la quête d’exister, de faire 100 top tweets, d’avoir 2000 likes, de sortir de chez soi comme si tu montais les marches du Palais, d’avoir un éclair de génie, une idée formidable, quelqu’un qui te dis que ce que tu fais dans le fond c’est vraiment bien, d’ouvrir des portes, de donner de l’amour, d’aimer le temps qui passe, de se sentir colossale, d’avoir des tonnes de souvenirs et de se dire qu’ils sont beaux et importants, avoir l’envie de secouer les esprits, de remuer les coeurs, de faire pousser des fleurs dans les yeux des gens.
Et puis il y a toujours l’après, le retour, les gares vides, les gueules de bois, la mauvaise mine, les éclats de bruit qui n’ont aucun sens, les instants ridicules, les regards gênés, les gens qu’on a oubliés mais qu’on aurait voulu mieux connaître, les amis de longue date qu’on a pas vu depuis trop longtemps et à qui on a du mal à dire qu’ils nous manque, les matins ou y’a plus de papier toilette, les soirs sans inspiration ou y’a même pas un truc de bien à la télé, les doigts qui collent à cause d’un truc dégueulasse, le poil incarné, le vernis qui s’écaille trop vite malgré la pub, la faim dans le monde quand tu te retrouve face à face avec ta tranche de foie gras, les kilos en trop, le soutien-gorge détendu, le string qui se coince, la pipe ratée malgré tout un tas de bonne volonté, la semi-baise d’après teuf qui arrive toujours trop tard après laquelle on se demande si on a bien fait de s’infliger tant de médiocrité, le réveil qui sonne trop tôt, les gosses qui crient, l’écharde dans l’orteil, les pellicules, le dernier truc qui rentre plus dans le sac, les échecs, la peau sèche, la flemme de se laver parce qu’il fait froid, le chauffage qui marche pas, l’énervement caché et latent après une remarque malveillante, l’humidité qui fait mal aux os, l’odeur de moisi dans le frigo, la fin même après le meilleur des films, le silence à la fin de ma chanson préférée.
Alors on remet la chanson. Et on retrouve l’envie de faire entendre sa voix, de faire rire, la quête d’exister, de faire 100 top tweets, d’avoir 2000 likes, et de sortir de chez soi comme si on montait les marches du Palais, et de chanter de sa plus belle voix
“Tes petits yeux/Vont voir/Je ne peux pas déguiser/La beauté à l’intérieur de moi.”

Et 2012 n’étant sans doute pas la fin du monde, BONNE ANNÉE À TOUS !

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