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Un havre de paix

samedi 7 janvier 2012 - Commentaires : 3

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Si vous aimez le bon sentiment, préférez Aki Kaurismaki à Guédiguian. Le havre a au moins la qualité, non négligeable d’être un film percutant, original, servit d’une atmosphère singulière qui ne laisse pas indifférent. Le réalisateur de L’homme sans passé, livre un très beau film dans lequel tout son talent est dévoilé.

19– : entre 1940, 1960 et 2010 c’est la que notre fable commence, dans une temporalité presque indéterminée. Marcel Marx ex écrivain bohème s’est exilé au Havre. Il cire paisiblement et honorablement des chaussures dans les quartiers de cette ville, se penchant sans honte, ni soumission sur les souliers de ses clients. Sa modeste vie se partage entre son métier, sa femme Arletty et le bistro du coin. Lorsqu’un container remplit d’immigrés d’Afrique noir arrive au Havre, Idrissa un jeune échappe aux mains de la police, lors d’une mémorable scène d’action, digne d’une arrestation dans Plus belle la vie. Presque parallèlement, la femme de Marcel Marx tombe malade et part à l’hôpital. Il recueille alors le jeune Idrissa avec l’aide de ses voisins qui le soutiennent dans sa démarche. A l’exception d’un…

Le film est impossible à situer dans une temporalité tellement les époques se mélangent. Entre la ville provinciale, désuète, l’actualité politique bien critiquée par Aki Kaurismaki (Oui, Claude G., si tu me lis, va voir le film, il est pour toi), les vêtements, dépassés et inclassables et le métier de Marcel Marx. Aki Kaurismaki joue d’ailleurs avec cela en appelant le bistro « le café moderne », qui pourrait presque être celui Diable au cœur de Marcel L’Herbier, situé en bord de mer, en 1928… Un temps non défini mais dans lequel nos réalités politiques et les lois sur l’immigration sont bien présentes.

La singularité du film réside surtout dans le jeu des acteurs qui est fondamentalement atypique au cinéma. Là où ça jouait faux avec Guédiguian, Aki Kaurismaki assume une forme de distanciation. Le jeu d’acteur peut être associé à la distanciation brechtienne qui sert à développer un discours politique (le M. s’appelant Marx, cette hypothèse ne semble pas dénuée de sens). Le but étant de mettre à distance le spectateur avec ce qui se déroule sous ses yeux. Le spectateur étant attentif, le message politique est plus percutant.

Le réalisateur conte une fable à travers des protagonistes possédants un univers singulier mis en exergue grâce à leur jeu, ce récit quasi- surréaliste, un choix de couleurs et de plans à la fois simple mais magique. Ce jeu si particulier et presque faux, digne du spectacle de fin d’année d’une classe de primaire (heureusement, on nous épargne la session flutes) fonctionne et c’est là le talent d’Aki Kaurismaki.

 

Même si le film est plein de bon sentiment, d’entre-aide, de rôle défini avec le bon, le méchant, Aki Kaurismaki nous sert une jolie fable qui vaut le coup d’être vue. Vous n’y verrez pas une Cotillard en pleine performance et ascension hollywoodienne mais des acteurs simples, dans une ville simple, avec des envies simples. La simplicité n’étant pas dénuée de réflexion… Donc, de la simplicité sans être complètement cucu la balayette. Oui, ça existe.

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