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Chroniques à brac par

Promis…

mardi 27 mars 2012 - Commentaire : 1

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Le carrelage est froid, si froid dans la maison vide…

J’ai dû forcer la grille du jardin pour entrer, le fer forgé avait rouillé. Le potager n’est plus que liserons et chardons. La porte de service, elle, était entrouverte…

Il n’y a plus d’électricité depuis longtemps. La poussière est partout. Les portes grincent quand on les pousse. Il reste quelques meubles ici ou là, ceux qu’on n’a pas pillés, mais on devine encore la fonction de chaque pièce, la cuisine, le salon, la chambre des parents… un vieux jouet en bois… c’est une chambre d’enfant.

J’entends des rires dans le couloir et puis des pas qui courent… enfin disons plutôt que je les imagine en voyant la photo au cadre de l’entrée, une photo noir & blanc, jaunie par le temps, une photo de famille avec le chien, celui qui repose au jardin… au pied du grand tilleul, où pend la vieille balançoire, celle-là même avec laquelle ma mère s’était envolée vers le ciel pour la première fois…

Une araignée file dans l’escalier, ma main essuie la rampe en montant. Je sens tant de doigts sous mes doigts. Il fait sombre au grenier. Le plancher craque. Des hirondelles ont profité de quelques tuiles cassées pour se faufiler, elles ont construit un nid contre les poutres vermoulues, leurs oisillons gazouillent. Il reste quelques cartons, de la vaisselle ébrechée, de vieux bibelots cassés pour la plupart, des vêtements dans une malle, des robes d’un autre temps, brodées de dentelles qui tombent en lambeaux, je n’avais jamais eu la chance de voir ma grand-mère les porter ! Et puis il y a ce que je cherche… Les souris ont grignoté les pochettes, mais les vinyles sont là, dans une valise en cuir craquelé, avec quelques paperasses, deux ou trois clichés et ce paquet de lettres enrubanné, en y collant le nez,  j’imagine qu’un doux parfum s’y répandait jadis. L’adresse est indéchiffrable, d’une langue qui m’est étrangère, mais sans même les lire, je sais les mots qui s’y cachent… ma mère avait tant regretté de n’avoir pu les prendre quand elle était partie, elle n’avait  jamais pu revenir pour les récupérer, la correspondance amoureuse de mes grands-parents été restée avec eux dans leur dernière demeure…

J’ai emporté les disques… et rien d’autre.

Sur les marches en pierre de l’entrée, j’ai fait une promesse… celle de revenir un jour, rendre ce que j’avais pris…

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