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Chroniques à brac par

Ode aux mots

jeudi 14 juin 2012 - Commentaire : 1

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Les mots ne sont que de trop, je les ai usés, martyrisés, enterrés et déterrés, comme de vulgaires marionnettes. Obéissants à mes besoins, j’en ai pris et jetés certains, comme des mouchoirs à usage unique. Je les ai mélangés entre eux, parfois ils étaient beaux, parfois ils étaient durs, souvent ils étaient tristes. J’ai jeté mon dévolu sur ma plume et mon clavier plutôt que de me plaindre et de pleurer, j’ai usé des mots pour exprimer ce qui pesait sur mon coeur.

Pourtant, tant de fois j’ai cru qu’aucune expression inventée ne pourrait correspondre. Aussi belle soit la langue française, il m’est tant arrivé de rester bloquée devant ma feuille et mon écran, tant les mots me paraissaient creux pour définir des torrents et des torrents d’émotions et de sentiments. A trop user de métaphores et d’euphémisme, figures de style et autres effets, j’ai bien conscience d’avoir déformé mes propres impressions. Avoir cantonné tout ce qui était enfoui en moi en expressions et définitions du Larousse.

Les mots m’ont lavée de tant de choses. Rancoeur, regrets, ils ont soulagé ma conscience et la tristesse que j’ai pu ressentir. Au fil des années, ils n’en devenaient que plus aiguisés, plus incisifs. Plus je maîtrisais les mots, plus ma thérapie fonctionnait. C’est comme si à chaque phrase, quelque chose en moi s’apaisait. Mes soins se portent à merveille. A défaut de les dire, ces mots là je les écris. Encore. Encore un peu plus. Je trouve une raison d’être à chaque lettre, chaque mot, chaque tournure de phrase. Car ma voix ne peut les porter, ce ne sont que paroles. Face à des feuilles de papier.

https://soundcloud.com/monkeysuitmusic/concrete-knives-brand-new-start

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  • Celui qui écrit comprendra ce texte, il exprime bien l’exutoire qu’est parfois l’écriture et la magie, la puissance que possèdent les mots.
    Mais au-delà du vécu et du ressenti il y a aussi le besoin de créer. Faire et défaire des mondes au gré des mots.

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