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Ce qui vous attend si vous allez voir Ce qui vous attend si vous attendez un enfant

jeudi 5 juillet 2012 - Commentaire : 1

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Ce qui vous attend si vous utilisez des capotes trouées.

 

Ca y est, nous sommes officiellement en été : il pleut un jour sur deux et y a rien au cinéma. Dans un élan d’abnégation, j’ai décidé d’en attester pour toi, cher lecteur. J’ai donc pris mon plus beau parapluie et un sachet de mauvaise foi, et je me suis installée dans la salle 11 d’un UGC bruxellois afin de savoir ce à quoi je dois m’attendre quand j’attendrai un enfant.  Après 110 minutes de film, sans vouloir trop m’avancer,  j’en arrive à conclure que lorsque je serai enceinte, je dois donc surtout m’attendre à des films de merde.

Pour te dresser rapidement le topo, ami lecteur, je te prépare déjà psychologiquement en deux mots : Film choral. Ca y est, tu as les yeux levés au ciel ? C’est une bonne idée, ça t’empêchera de voir la suite. Doté d’un casting digne d’un tapis rouge MTV Awards 2010, What To Expect When You’re Expecting est inspiré du bouquin éponyme, équivalent US de notre J’attends Un Enfant  by  Laurence Pernoud. Il nous dépeint  l’histoire de cinq couples, qui vont vivre cinq variations sur le même thème AKA les neuf mois que le miracle de la vie prend pour arriver.

Dans le monde très réaliste des films hollywoodiens, ce fameux miracle se départage donc entre les vingtenaires bobo-hipster (Anna Kendrick & Chase Crawford) les trentenaires middle class (J-Lo & Rodrigo Santoro, la caution ethnique) les trentenaires upper middle class (Elizabeth Banks & Ben Falcone) le vieux et la bimbo (Dennis Quaid & Brooklyn Decker), et la star et son boy toy (Cameron Diaz & Matthew Morrisson-le-mec-de-Glee-lol). Ils vivent tous dans des intérieurs Maison & Décoration propres et fleurant bon l’adoucissant. Ca parle bébé, couches et rototos mais à part Cameron Diaz qui vomit dans le gag – prévisible – de la scène d’ouverture, point de saleté à l’horizon de l’écran, au cinéma les enfants sont propres et intacts même quand ils reçoivent une cannette de bière sur le crâne. On assiste à un film de riches fait par des riches pour des riches avec des problèmes de riches : mon père aime ses voitures de course plus que moi, je photographie des baleines en apnée pour payer le loyer de mon 120m², ma belle-mère a choisi le même thème que moi pour son carton d’invitation, bref la vie normale.

Voilà, en gros, ce qui t’attend si t’attends un enfant (je vais m’adresser aux filles car je doute sincèrement que des individus mâles voient ce film de leur plein gré). Hypothèse basse : tu es stérile, et tu adoptes (aussi appelé syndrome Angelina Jolie). Hypothèse haute : tu es fertile, et pendant les neuf mois qui vont suivre, tu vas devenir énorme de partout, et encore plus chiante que d’habitude parce que tes hormones vont péter des câbles. Au mieux, tu auras des flatulences et des bouffées de chaleur. Au pire, tu risques la fausse couche ou une hémorragie interne, mais t’inquiète pas : ton mari sera en train de t’attendre juste à côté dans le couloir à moitié évanoui. Dégueulis prévisible de bons sentiments et happy end convenu mis à part, le paradoxe qui m’a le plus troué le cul dans ce film est quand même le fait qu’on a droit à tout un débat sur la circoncision, entre tradition casher et progressisme du prépuce, mais attention ! Dès qu’on parle de péridurale c’est de la DROGUE qui va NUIRE AU BÉBÉ et empêcher la maman de profiter pleinement de l’insoutenable douleur que tu ressens quand ton utérus se déchire en deux. Bonne ambiance  (Personnellement, toutes les femmes qui ont accouché sans m’ont donné très envie de dire oui à la drogue).

Problème : pour un film par des meufs (Shauna Cross et Heather Hatch au scénar) et pour des meufs, les nanas de ce film sont toutes névrosées et pas forcément à cause des hormones de grossesse. Obnubilées par ce besoin de se reproduire avant que l’horloge biologique (cette pute sans cadran) ne sonne le glas de leur maturation ovocytaire, elles en deviennent égoïstes, agressives voire complètement tarées, et surtout aveugles face à la détresse du pauvre mec qui partage leur lit. Loin d’être juste une machine à semence, l’homme a aussi un cœur, qui semble mis à rude épreuve dans ce film tant il est piétiné par des gonzesses aussi cyclothymiques qu’elles sont butées. Mention spéciale au duo Rosie-Marco, les djeunz de ce film choral, à la dynamique de couple particulièrement énervante (suis-moi je te fuis et vice-versa, dialogues bidon). Paradoxe révélateur ou contradiction volontaire, c’est les mecs qui ont plutôt le beau rôle, à savoir celui du papa cool légèrement irresponsable et son crew à poussettes. Quand Chris Rock et ses acolytes débarquent au ralenti, avec leur swag en bandoulière sur un air de hip-hop, j’avoue, j’ai ri. Mais dix minutes plus tard Anna Kendrick chiait une énième pendule sur la tête de ce pauvre minet de Chace Crawford, et moi je remerciais le Seigneur d’avoir un utérus aussi vide que le scénario du film.

En fin de compte, ce film m’a conforté dans l’opinion inverse : ce n’est pas pour rien que le terme pour désigner des enfants insupportables sonne comme une injonction. Avortons ! Un conseil que certains auraient dû suivre. Pour la larmichette de la séquence émotion, pour les hauts-le cœur des scènes guimauve, et pour toute autre intervention hygiénique, si vous y allez, n’oubliez pas vos mouchoirs.

What To Expect When You’re Expecting : un film à voir en début de cycle. Ce qui vous attend si vous attendez un enfant

 

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