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Anotherwhiskyformisterbukowski Le blog musical qui ne prend pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

Chroniques à brac par

Hélène

vendredi 20 juillet 2012 - Commentaires : 4

Accueil » Hélène


 

C’est assez étrange, la mort.

On y pense, parfois, on la nie, on repousse cette idée de notre corps décomposé, on trouve des ressources, des religions, des croyances.

On la combat. On la cherche.

On boit, on court, on baise.

Un jour on sera mort mais ce jour-là, on ne le saura pas. Alors pourquoi avoir peur ?

J’ai rencontré Hélène il y a quelque mois.

Hélène a 50 ans.

Elle est vivante mais un peu morte aussi.

On appelle ça une démence fronto-temporale. Un terme bien barbare pour expliquer une maladie simple, le cerveau d’Hélène dégénère, il se délite, il se détruit, il meurt, par endroit. Ce que l’on ne sait pas, c’est pourquoi.

Ça fait 2 ans qu’elle est malade Hélène. Deux ans que son mari et ces trois enfants se relaient nuit et jour à ses côtés, supportent ses vomissements, ses pleurs, ses cris. Hélène ne parle plus. Hélène ne mange plus.

Elle marche.

Sans arrêt.

Et elle pleure.

Alors les gens s’agacent.

Ils la bousculent. Lui demandent de faire un effort.

L’enferment.

La forcent.

Quand je regarde Hélène, je vois la peur. Celle de ne pas se reconnaitre, de ne pas savoir qui on est, où on est. Pourquoi on est. Je vois la culpabilité d’imposer la maladie à sa famille.

La frustration de ne pas pouvoir dire. Juste dire.

Hélène a 50 ans et elle est déjà morte. Elle marche parce que c’est tout ce qu’elle peut faire encore. Marcher.

Aller.

La mort ne me fait plus peur. Ce qu’il y a avant, si.

 

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