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Stevie Wonder is Magic

mardi 21 août 2012 - Commentaire : 0

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Stevie Wonder

Traite moi de midinette, Darling, je ne l’ai jamais autant mérité que cet après-midi, et je crois que je pourrais même aimer ça.
Question : T’as déjà ressentie cette sensation surpuissante d’inutilité ? Cette sensation d’être un vaste néant au milieu d’un monde qui t’en demande tellement que même en te tranchant les veines pour nourrir un enfant anémique tu n’aurais pas suffisamment donner à l’humanité pour racheter ta merdicité ? Mais Stevie Wonder
Le coeur écroulé dans les tréfonds de tes chaussettes sales avec l’intime conviction que rien ne pourra te sortir de cet accès d’auto-négationnisme, parce que la vérité brille dans le ciel. Tu ne sers à rien. Et personne ne devrait t’aimer parce que tu ne mérite pas l’amour.
C’est dans ce bel état d’esprit qu’en général je prend mon ordinateur et ouvre ITunes. Aujourd’hui j’ai du faire défiler 300 fois cette liste immense de milliers de chansons, les yeux aveugles de toute ma peine. Haut. Bas. Bas. Haut. Bas. Haut. C’est le grand Up/Down des dépressions chroniques, comme quand tu cherches une apparition divine au milieu de ces centaine d’albums, ou que tu déroule ton mur d’actualité en quête d’une info que tu ne connaîtrais pas déjà par coeur. Pour le moment de Facebook, à Twitter rien de nouveau, de 1 à 140 caractères personne ne t’as fais sourire.
Aujourd’hui par hasard, je suis tomber sur Songs in the key of life. Et j’ai mis If it’s magic.
Et puis par l’autre plus grand des hasards y’avait des profiteroles surcaloriques dans mon frigo. Je suis aller chercher des profiteroles dans le frigo et j’ai écouté en boucle If it’s magic. Et puis je suis passer à Joy inside my tears. J’ai pleuré à la deuxième écoute, et j’ai chanté avec Stevie la bouche pleine de profiteroles.
Après j’ai mis Ordinary pain et j’ai finis avec de la glace sur le menton et dans le cou. Et après j’ai mis Knocks me off my feet et la glace s’est mise à fondre parce que j’avais trop chialer dedans. Je sais pas ce qu’on pu penser mes voisins de mes hurlements Wonderien mais j’ai eu l’impression d’avoir pris part au grand choeur mondial des gens qui crient leur peine en chantant, comme une sirène, comme un psaume, comme un être humain.
Et j’ai embrassé dans les notes de Stevie W. le bonheur de pouvoir racler le fond du gouffre de mon coeur en toute beauté, me noyer dans une mélodie de guimauve pour regonfler la platitude de mon existence.
Si Stevie n’avait pas existé, le monde serait moins doux, mes accès de déprime n’aurait jamais été habillé de ce goût de sucre. Stevie et les profiteroles c’est la même chose, c’est de la glace glacée et du chocolat chaud, c’est un chou élastique et de la chantilly fondante. C’est merveilleux, c’est tout à la fois, c’est magique. Tu te sens à nouveau vibrer au même rythme que tous tes frères et soeurs, à la cadence de l’amour.
Mais un peu comme le shoot d’une drogue trop pure, la descente est cruelle. Parce qu’après, une fois dehors, rien dans ma ville n’avait la marque de cette empreinte de candeur. Le monde parallèle de la musique de Wonder c’est une parenthèse enchantée. Et c’est vrai ça, si c’est magique, pourquoi ça ne pourrait pas durer toute l’éternité ?

Ahahahahahah. J’avais terminé les profiteroles.

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