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ARRRH TIPIAC !!!

lundi 10 septembre 2012 - Commentaire : 1

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Alors que la rentrée littéraire bat son plein, Amazon a dégainé comme chaque année ses nouveaux modèles de liseuses Kindle. Pendant ce temps, la FNAC redouble d’effort avec son Kobo, tandis que SONY s’acoquine avec Chapitre.com pour mieux vendre ses propres écrans.

Qu’on soit pour ou contre, entre les appareils dédiés, les tablettes et autres, la lecture numérique gagne du terrain encore plus vite que ne s’organise l’offre légale correcte d’eBooks.

Car si la majorité des nouveaux romans de la rentrée sont disponible en version numérique, les prix restent hauts. Les éditeurs US ont d’ailleurs été condamnés pour entente illégale cet été et doivent revoir leurs tarifs à la baisse. Du côté des livres plus datés, les éditeurs de poche luttent pour empêcher la concurrence du numérique, et rares sont les eBooks qui voient leur prix baisser au fil du temps. Ce marasme du marché alimente l’essor chaque année grandissant du piratage qui, s’il propose bien entendu les best sellers, fait parfois le travail des éditeurs à leur place.

La plus grosse équipe de scanneurs et hackers littéraires français (pas de pub, démerdez-vous) se vante régulièrement de mettre à disposition des classiques dans des éditions enrichies d’images et analyses absentes des versions officielles. Ou alors ils se proposent de numériser eux-mêmes de vieux livres de poche de science fiction, oubliés au fond des catalogues éditoriaux, satisfaisant une niche de fans reconnaissants. Les cas les plus cocasses concernent les nouveautés non disponibles en numérique, par choix de l’éditeur ou de l’auteur. Beigbeder avait l’année dernière délibérément décidé de ne proposer son recueil de chroniques qu’en version papier, par haine des écrans. Ce sont aussi ce genre de livres que les petits pirates s’amusent à convertir et distribuer.

En 2012 le piratage d’eBooks reste malgré tout marginal, car discret et encore compliqué à exploiter. Mais il s’agit d’un cercle vertueux : plus les eReaders et tablettes se vendent, plus les usages changent, et plus la demande pour du contenu se fait sentir. La mauvaise nouvelle est que le piratage littéraire ne peut aller qu’en augmentant, avec plus de titres disponibles, plus vite, pour plus de publics. Le côté positif c’est que cela devrait normalement pousser les éditeurs à combler leurs lacunes, qu’il s’agisse de numériser ses catalogues, de proposer des éditions propres et enrichies, ou bien d’adapter la politique tarifaire pour contenter acteurs de la chaîne et lecteurs.

A ce moment là, le piratage des livres numérique sera réservé à ceux qui ne veulent simplement pas payer, ce qui sera un autre problème, condamnable à tout point de vue. D’ici là, admirons des quelques années où le piratage littéraire tire tout le monde vers le haut : les lecteurs en les poussant à s’équiper, les éditeurs en les poussant à faire mieux.

Ce n’est que temporaire, mais le crime profite, l’espace de quelques années, à tout le monde.

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