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Chroniques à brac par

Dans ton coeur

mardi 25 septembre 2012 - Commentaire : 0

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“Julia, ne pleure pas. Ce n’était pas toi. Tu n’y es pour rien, tu sais, tu as tout fait pour m’aider. Ne t’en veux pas, je refuse de t’imaginer les larmes aux yeux à la lecture de cette lettre. Tu m’as soutenue. Tu as été là, tout le temps, quand je criais ton nom comme lorsque je fermais la porte à double tour, tu as été là lorsque je riais, lorsque je pleurais, lorsque je tremblais et même lorsque je lacérais ta peau de mes ongles. Tu as voulu croire en moi jusqu’au bout. Merci d’avoir été là Julia, tu as été une véritable amie.”

“Crois-moi, si j’avais su que l’histoire se terminerait ainsi, je n’aurais jamais mis cette chose dans mon nez. Tu sais, dès le départ, je savais qu’il y avait des gens qui pouvaient se contrôler. Arrêter lorsqu’il en était encore temps. J’étais persuadée d’appartenir à cette catégorie, moi si forte, si droite, si intègre. J’étais sûre que je ne pouvais pas me faire avoir par une poudre semblable à du sable.”

“Je ne me souviens plus à partir de quel jour j’ai commencé à dépenser trop d’argent pour ce que j’appelais un médicament. C’est à la même période que je te voyais souvent chez moi. Si j’avais su, Julia, qu’à chaque fois que je me mettais un bout de papier dans le nez je t’arrachais un morceau de ton coeur, j’aurais peut-être arrêté avant. Je ne sais pas si j’arrivais à voir autre chose.”

Mais les choses n’ont pas pris la tournure que j’espérais. J’aurais voulu me rendre compte du mal que je faisais, qu’y associer les mots “pas grave” était, justement, très grave. Ma peau grise. Mes yeux ternes. La fatigue constante. La dépression. Les mains qui tremblent quand tu en prends, et surtout quand tu n’en prends pas. Des maux de ventre constants. Les joues qui se creusent. Le sourire inexistant.

Et puis ce jour où j’ai commencé à te tuer à petit feu, un aller simple pour l’hôpital. Sans voir le bout du séjour. En priant pour qu’ils gardent le secret. Et recommencer. De plus belle. Prendre une trace avec la même nonchalance que lorsque tu actives ton pass Navigo dans le métro. Deux. Trois. Ne plus compter. Comme si cela ne suffisait pas que je me tue, il fallait que je fasse une victime collatérale : ma meilleure amie.

“Ma belle Julia, je te rends ta liberté. Sois heureuse. Quelque part, je suis reconnaissante envers le Ciel d’avoir pu entendre ta dispute avec ton copain, l’autre soir. Il disait que j’étais sans espoir. Tu y croyais. Tu y as toujours cru. Ta candeur et ton optimisme, je les garderai toujours dans mon coeur. Mais tu comprends, il vaut mieux que je parte. C’est mieux pour nous deux. Sois heureuse, s’il te plaît. Garde ton sourire. Julia, je reviendrai un jour, c’est promis, mais ce sera quand je pourrais affronter ton regard, en te disant que j’ai décroché.”

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