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Chroniques à brac par

Last night Bordeaux rock my life

mercredi 17 octobre 2012 - Commentaire : 0

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Ca commence part un hasard assez cool. Samedi après-midi je vais chercher Philippa, une anglaise qui débarque à Bordeaux. On se connait pas et on va devoir bosser ensemble. Après quelques minutes de conversation je m’apprêtais à m’excuser et lui dire que ce soir je dois aller à un concert, pour un live report de première importance, mais que je n’ai pas de place pour elle. Pas grave, Philippa a rencontré dans l’avion le guitariste des Buzzcocks, il l’a invité. Juste parfait.
Après un diné et quelques coups on va donc au Palais des Sports.
On débarque pour les Kid Bombardos, que moi j’ai déjà vu dans le coin, la relève rock dans la région. D’ailleurs dans le public on retrouve toute la faune cuir/banane/gomina/bière du coin. Tout le monde est là, avec Francis Allez les filles on claque une bise de pilier du rock. Mais revenons au Kids, pas grande fan dans le fond de mon coeur, mais il faut bien reconnaître que les mômes sont efficaces et que tout le public est fort heureux, ma collègue anglaise à l’air d’apprécier. Le son n’est pas totalement transcendant mais on s’y fera. Je suis pas très concentré, pourquoi ? J’attends avec une sorte de hâte étrange la venue des Buzzcocks, et finalement pouvoir hurler sur Ever Fallen in Love.

Changement de plateau pour NZCA Lines, popita dansante, sweet darling, style style Metronomy évidemment, désolé pour la comparaison compassée. Du coup on passe de l’autre côté de la Force Rock, d’ailleurs certains doivent grincer des dents. En l’occurrence je ne suis pas une extrême puriste, donc j’accepte de bonne augure cette musique qui incite aux trémoussements langoureux et pas trop fatiguant, on nage dans un élément facile et pas trop hostile. Pour mon malheur je vais chercher des bières, il y a du monde, j’attends, parle au tenancier de la Clipothèque brièvement. J’en profite pour me dire que Bordeaux Rock est hopefully plus ouvert de programmation que je ne pensais, j’aime bien pouvoir apprécier des choses assez diverses.

Changement de plateau, encore, pour Mansfield, et j’enrage d’attendre encore. Sauf que là grosse surprise, Mansfield ça défonce là où je pensais pas. Deux nanas et une musique surprenante. J’en prends plein plein les dents, et j’encaisse, c’est qui ? C’est quoi ? Comment ? Entre français et anglais, j’aime leurs paroles et leur musique. Rien à voir avec les autres, j’apprécie sur le vif leur noirceur délicate et leur univers féérique et désenchanté. Cependant j’ai du mal à croire que ces deux filles débarquent, et pas né de la dernière pluie leur live précis et agréable. Effectivement il semble que j’ai vu juste, à mon retour j’apprends que Julia, l’une des comparses est l’autre moitié de Sexy Sushi. Ca y est j’ai compris. Pourquoi j’aime et ce que je trouve dans le décalage de leur son. Du coup ça passe à toute blinde, presque déçu que ça ne dure pas plus longtemps.

Pause dehors. Mais je retourne rapidement dans la salle. C’est drôle de voir comme les gens commencent à être excités. La salle est un peu clairsemée, des gens gueulent. On se croirait dans un western, l’attente s’épaissie autour de l’arrivée de nos pépés du rock. Deux verres volent sur scène, comme une provocation mollassonne, un coup de feu à blanc. Le ton monte, mais il ne se passe rien, personne ne sait trop à quoi s’attendre. L’ambiance après plusieurs heures de musique commence à devenir absurde. Au point culminant les Buzzcocks débarquent avec leur âge et leur look, et j’ai comme l’envie subite de les prendre dans mes bras. Après leur entrée, et ils ne se sont plus arrêtés de jouer, sans laisser le temps au public d’exulter. A un moment je me dis qu’ils ont peut-être peur de faire face à un public trop raisonnablement déchainé… Devant moi un couple danse ivre mort et bouscule la moitié de l’audiance avec leurs pas de danse anarchiques, les riffs s’excitent et le son monte. Un autre couple jeune, fonsdés, se roule des pelles indécentes sur une sorte d’impro larsens. L’ambiance de western s’intensifie autour des gens saouls, des réactions absurdes, de l’atmosphère pesante d’un temps orageux. La bière n’est pas fraîche longtemps et dehors il fait lourd. Le concert se déroule vite, le lead singer à l’air d’en faire le minimum, l’autre guitariste/chanteur donne tout ce qu’il a encore de le bide, crie dans le micro  comme s’il voulait encore avoir 25 ans. Je l’imagine en train d’inviter Philippa, de draguer la nana de la douane et la tenaille dans le ventre d’avoir 30 ans de plus.

Il donnera tout jusqu’au bout, jusqu’au rappel qui nous jouera enfin Ever Fallen in Love, exultation vintage. Ca se termine un peu brutalement. Et j’avouerais que ça se termine tout court pour moi.

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