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The Booth at the End. Le café de la dernière chance.

lundi 12 novembre 2012 - Commentaire : 1

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Nouvelle série qui m’a été astucieusement suggérée par notre hôte (ndlr : l’hôte c’est moi, merci fanny, bisous), je viens vous parler de The Booth at the End aujourd’hui.

La banquette du fond donc.

Initialement web-série, The Booth at the End a vu son format évoluer pour le bonheur du petit écran. Cinq épisodes de 20 minutes pour vous parler de… euh… d’un… enfin mmh… pour vous parler de trucs obscurs, surnaturels mais puissants. Pour vous parler de l’inimaginable en gros.

La saison n’a qu’un décor : la table d’un drive-in. Toujours la même. Avec son néon clignotant à l’extérieur et les voitures qui filent sur l’autoroute dans le fond.
Un type est assis là toute la journée. Il a un livre imposant sur les genoux, un stylo. Il enchaîne les cafés américains (ce qui explique pourquoi il reste d’un flegme embarrassant jusqu’au soir), les milkshakes et les brunch. Il est seul, tranquille. On sent le type qui n’a plus rien à prouver. Et c’est pourtant ce qu’on lui demande toute la sainte journée, des preuves.

Il reçoit la visite de gens, lambdas. Un ballet incessant jusqu’à la fermeture du restaurant. Un chassé-croisé dont on ne soupçonne pas les intrications. Ces gens sont désespérés. Dans le genre à bout. Ils ne savent plus vers qui se tourner et moralité ils se retrouvent un peu sceptiques face à notre homme.
Ils ne savent pas qu’il est, ni ce qu’il peut faire et encore moins comment il fait. Mais ils savent que lui seul peut les aider. Parce que visiblement notre homme a le bras long.

Ils viennent, se postent devant la table avec un code à la noix du style “j’ai entendu dire que le pastrami était délicieux ici” qui est quand même une phrase rarement entendue dans nos contrées gauloises. Moi perso, du pastrami je n’en ai vu que dans les sandwichs de Joey dans Friends. Pis amorcer un sujet de vie ou de mort en parlant charcuterie, ça me laisse perplexe.
Mais admettons.

Une fois qu’ils se sont mis d’accord sur la qualité de la poitrine de boeuf, le désespéré se met à table. Littéralement et pas que. Et là, sans prévenir, voilà notre femme, notre homme, notre flic, notre retraitée (oui, notre flegmatique amateur de café a du succès auprès de toutes les classes de la société) qui raconte leurs malheurs. On a le père de famille qui veut voit son fils guérir et sortir de l’hôpital, la mamie désemparée face à l’alzheimer de son mari, le latino un peu bonhomme qui ne rêve que d’une chose, avoir le top model du magazine dans sa vie. On a aussi l’adolescente plutôt mignonne qui veut devenir plus belle que la plus belle de tes copines. La Soeur qui a perdu Dieu en route et veut le retrouver (bonne chance avec ça).
Bref. Ces gens ne peuvent pas vivre sans obtenir tout ça et c’est ce type, ce mec un peu dégarni et pas bavard qui va les aider.

Une fois que l’histoire est déballée, que notre homme s’est assuré de bien comprendre la demande en regardant intensément avec ses yeux clairs dans les yeux paniqués en face de lui, il baisse la tête, ouvre son livre, relève la tête avec un air entendu et balance une énormité.
Du style : “Alors comme ça vous voudriez que votre fils se remette de son cancer incurable ? Ok. Pas de problème. Pour ça vous allez devoir tuer une petite fille. N’importe laquelle. Et jusqu’au jour où vous aurez atteint le but de la mission, vous viendrez me raconter comment ça se passe, dans votre tête et d’un point de vue pratique. Voilà c’est tout. je reprendrai bien des oeufs brouillés moi tiens”.

Ça surprend.

Il a aussi soumis notre retraitée larmoyante à une effroyable réalité : “Vous voulez que votre mari vous reconnaisse ? Rien de plus facile : vous confectionnez une bombe – apprenez déjà à vous servir d’internet et le reste suivra – pis vous vous pointez dans votre café préférez (j’imagine qu’il lui a suggéré d’éviter son drive-in quand même), vous posez la bombe et vous vous arrangez pour qu’elle fasse un max de dégâts. Et maintenant je vais me resservir un petit café, pas vous ?”

Et parfois il fait juste preuve d’humour quand il suggère à la bonne soeur d’avoir un enfant pour réentendre la voix suave du divin. Ou qu’il conseille à notre moustachu qu’il a pour mission de protéger une petite fille. Je vous laisse deviner laquelle.

(Je prends quelques libertés concernant les suggestions d’accompagnements, c’est pour que vous compreniez combien c’est absurde tout ça. Vous avez compris ?)

Et ça continue comme ça. Il demande l’impensable mais il est formel : si la personne suit son conseil, quel qu’il soit, il aura gain de cause.

C’est là que ça se complique. Déjà nos bougres sont pris au dépourvu et n’ont pas forcément l’âme d’un serial killer. Et ensuite, une fois qu’ils se plient à cette volonté, ils vont commencer à douter. Qu’est-ce qui nous dit que ce type ne se moque pas ? Comment il sait ? Comment il peut être certain que devenir père apportera succès et talent à un peintre par exemple ? Et surtout : y dit qu’il voit pas l’rapport.

Série surprenante. Les saynètes sont très courtes. Nous passons deux minutes avec chacun. Deux minutes pour les voir en proie au malaise, au refus, à l’acceptation, à la résignation aussi. Il est question de morale. De bien, de mal. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour faire un pied de nez à une consternante réalité ? Irons-nous juqu’à tuer pour oublier notre #VDM ?

C’est dérangeant, intriguant. Finalement assez prenant. Pis ce type là vaguement amorphe, qui ne laisse transparaître aucune émotion et qui se dédouane en rappelant que lui perso il ne veut rien hein. Mais qu’il a la solution et qu’il suffit de s’y plier. C’est un peu facile.

Moralité je reprendrai bien un peu de saison 2 avec un café allongé. Confortablement installée sur ma banquette en sky, au fond. Pis mettez-moi quelques pancakes aussi. Merci.

 

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