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Chroniques à brac par

Zelda Saison 1- Episode 2

jeudi 27 juin 2013 - Commentaire : 0

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 fille

L’épisode 1

Par A girl call george

C’est récemment qu’elle a compris ce qu’était la griffure d’une fille sur son cœur quasi vierge. Longtemps préservée de toutes souffrances amoureuses, elle a pris la dérouillée du siècle quand Lou l’a laissée sur le carreau pour des raisons minables qui insultent leur histoire.
Une fois passé les cris, les supplications pathétiques qui tombaient dans l’oreille d’une sourde, elle est revenue à un semblant de vie et se levait chaque jour avec la frayeur de ne pas survivre aux 24 h de pensées acerbes qui s’étalaient devant elle.
Elle a fait le choix de sortir chaque jour se mêler à une foule anonyme, qui fait ses trucs, qui suit le mouvement en se foutant bien de sa silhouette amaigrie et de son regard noir. Elle évite des rues où il lui semble encore entendre le rire de celle qu’elle a aimé et passe des chansons dans son Ipod qui lui sont devenues insupportables, parce que putain, Lou, Lou, arrête un peu d’être partout.

Elle offre au monde son visage défiguré par des nuits tortueuses pavées de cauchemars dans lesquels elle entend les vérités lancées comme des couteaux sur un cible.
Elle le saura plus tard, qu’on se remet, qu’on se répare, qu’on s’entiche encore au mépris de la fin mais, pour l’instant, elle est comme une statue de plâtre grossièrement rafistolée au chatterton dont on se demande que faire: pas présentable pour trôner aux yeux de tous, pas suffisamment amochée pour finir dans une poubelle.
Jamais elle n’a réellement pensé à se tuer, elle n’a pas ce genre d’idées, c’est culturellement inadmissible pour elle. Elle a été éduquée pour survivre à tout, panser des canyons béants, des plaies vives sur lesquelles on lui a appris à souffler sans épanchements.
A la question: ça va. Elle ne sait pas répondre par autre chose que pas oui.
Elle pense qu’il est de son devoir de se montrer égale, constante comme une eau qui stagne.
Peu importe les monstres qui nagent dans ses eaux de noyade, elle trouve vite le sens du courant et s’attache avec un esprit guerrier, belliqueux, à tendre son cou pour se maintenir en vie.

-ça va?
-Oui
-T’es sure?
-Oui
-Vraiment?
-Oui
La tendresse forcenée de ses proches la désarme, alors elle s’en protège, elle n’avait jamais envisagé qu’on puisse se protéger de l’amour qui fuse, qui éclate, qui nous veut du bien quand on ne sait plus ce qu’est le bien.
Elle sait qu’ils ont raison, mais elle voudrait la paix, chérir son chagrin, le nier quand il le faut, mais si possible, qu’on la laisse se serrer encore un peu contre ses certitudes avant de balancer le tout aux orties.
Elle s’effondrera une fois la porte refermée, une fois les invités partis, une fois qu’elle aura raccroché son téléphone, lorsque la décence ne lui imposera plus aucune bonne manière, il sera bien temps alors de devenir folle à guichet fermé.
Elle se rassure dans la mécanique de pas hasardeux qui ne l’emmènent nulle part en particulier. Elle se réchauffe à la chaleur d’un sourire de caissière, elle écoute les conversations d’inconnus qui vont bien en se demandant s’ils ont déjà pris la même rouste qu’elle ou si ça va venir.
On lui parle d’amour et elle a envie de rire comme une démente, elle ne sait plus ce que ce mot signifie, elle le colle sur le visage de ses amis, sa famille et son chat au grand maximum.
Elle écoute les amoureux en pensant : T’inquiète, tu vas chialer, tu ne le sais pas encore. Et ça la tue de penser ça, de le croire, d’avoir la désillusion mauvaise.

Elle évite de se laisser ramollir par la compassion et l’empathie, préférant faire face, seule, à ce truc dont tout le monde lui assure qu’on se relève.
Elle refuse les traitements proposés par son médecin, elle veut pas couvrir la merde avec un peu plus de merde encore et affronte sans béquille ce séisme émotionnel, comme une accidentée dont les dommages ne sont pas reconnus, parce que putain, Zelda, tout le monde y passe, tout le monde a une fille à chialer dans sa bière, tu ne fais pas exception.
Elle ne fait pas exception, son couple n’était pas une exception et la banalité affligeante de cette fin le confirme.
De la banalité, de la vulgarité, il n’y a pas d’exception, les fins sont toutes aussi dégueulasse, alors on repense aux éclats du début, aux erreurs du milieu, tout ce chemin parcouru pour en arriver à vouloir accoucher de son cœur.

Tout disparaîtra, lambeau après lambeau.

Elle fera peau neuve, et regardera ses cicatrices comme une blessure de guerre sans guerre, dont on parle avec détachement, qu’on montre sans fierté, une tache de naissance, une griffure de chat.
On ne pourra rien en dire, c’est simplement quelque chose qui lui sera arrivé, comme à d’autres, comme à tout le monde, et elle ne sera plus sur ses genoux mais bel et bien en marche, comme les autres, comme tout le monde.
Il y aura cette cicatrice qui piquera un peu parfois, qui renferme en elle le merveilleux et les histoires qu’on a aimé se raconter avant que tout se tasse et devienne une boursouflure indolore. Elle se projette dans cet après, lorsqu’on lui demandera l’historique de sa balafre.
Elle s’imagine déjà répondre que : C’est une longue histoire.

Elle garde comme boussole la promesse de l’après, si la vie est un miracle, c’est parce que le temps détruit tout.

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