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Gone Girl de David Fincher : de la manipulation

jeudi 9 octobre 2014 - Commentaire : 0

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“Qu’est-ce que nous nous sommes fait ?” Voilà la phrase qui résonne sans cesse dans le dernier film de David Fincher, Gone Girl.

C’est l’histoire d’un couple : 5ans de vie commune en apparence heureuse mais qui repose sur de nombreux non-dits et un véritable malaise. Déjà, leur appartement est beaucoup trop rangé et selon ma théorie, un appartement rangé annonce la fin d’un couple, mais passons. Le film s’ouvre sur la disparition de Amy Dunne (Rosamund Pike), femme modèle et merveilleuse que Nick Dunne (Ben Affleck) a eu la chance d’épouser. De découvertes en surprises, de stupéfaction en incompréhension, David Fincher balade habilement son personnage masculin et le spectateur pour leur faire oublier toutes leurs certitudes.

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Dans ce film, David Fincher travaille de front plusieurs envies.
On y voit évidemment, c’est ce qui saute directement aux yeux, un discours sur le couple : qui sommes-nous vraiment l’un par rapport à l’autre? Jusqu’où pouvons-nous aller dans la souffrance (la nôtre mais aussi celle de notre partenaire) ? Puis, un discours sur l’individuel et la façon dont on le voit : est-ce que je connais vraiment cette personne avec qui je vis depuis 5 ans ? De quoi suis-je capable pour ne plus être celui que je prétends être ?
Seulement, il me semble que le discours profond de Fincher dans Gone Girl se trouve ailleurs. En effet, il est dans le rapport dont les médias s’emparent de cette histoire de femme disparue, se plaisent à déconstruire l’image du couple modèle, annoncent sans autre preuve qu’une photographie souriante de lui (précisément parce qu’un photographe lui a demandé de sourire) qu’il est peut-être le criminel de sa propre femme.

David Fincher s’intéresse au fond à la manipulation. Qu’elle soit celle de Amy Dunne (que je tairais ici pour ne pas vous gâcher les surprises du film) ou celle des médias. Nick Dunne en trentenaire un peu paumé et sûrement totalement passé par la situation est le client idéal pour mettre en place les ficelles d’une manipulation médiatique. gone-girl-author-talks-differences-between-book-and-film-161405-a-1398235005-470-75

Gone Girl est finalement un bon thriller qui remplit largement le contrat, se hissant d’ailleurs au-dessus de la plupart des films de ce genre grâce à un Ben Affleck plus que brillant et un montage pas inintéressant!

Cependant, si c’est un bon film, il est impossible de ne pas penser qu’il aurait été une excellente série. Non seulement, le film convoque des figures de série TV qu’on peine à dissocier de ce format comme l’excellent Neil Patrick Harris découvert dans How I met your mother. Mais s’arrêter à l’apparition d’un personnage de série dans un film ne suffit pas. Déjà, le film dure 2h30 et travaille par grandes séquences qui, on le sent, sonnent comme la fin d’un épisode de série télévisée, que ce soit par l’utilisation du cliffhanger (le fameux suspens qui nous tient jusqu’au prochain épisode) ou par le fondu au noir qui marque clairement une pause dans le récit. Tous les ingrédients sont là pour une mini-série de 6 épisodes qui auraient permis à David Fincher d’aborder des thèmes qui lui sont chers mais pour lesquels il manque de temps comme l’aspect très politique de cette descente dans le milieu de la drogue et des SDF. Enfin, aujourd’hui, si on veut réfléchir sur la manipulation de la télévision et des médias en général peut-être est-il judicieux de le faire en reprenant leurs propres codes pour une dénonciation plus importante ?

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Mis à part cette réflexion sur le médium utilisé, Gone Girl est un bon film pendant lequel vous passerez un bon moment, 2h30 où la musique vient appuyer nos simples impressions pour les changer en vrai malaise.

David Fincher est le réalisateur de nombreux films qui ont marqué des générations différentes. Alors que Seven avait fait trembler ma maman c’était à mon tour de m’éclater devant Fight Club, hurlant dans les couloirs du lycée “Première règle : il est interdit de parler du Fight Club”. Je pense que Gone Girl marquera également une nouvelle génération, celle des 16-17ans qui iront pour Neil Patrick Harris et en ressortiront avec une nouvelle vision des techniques médiatiques.

 

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