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Les voix du rock sont-elles impénétrables?

samedi 28 mars 2015 - Commentaire : 0

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Je dois vous faire une confession.
Guitariste passionné, j’ai moi-même participé au maintien du grand impérialisme idéologique de la guitare sur le rock. Le grand con d’adolescent que j’étais au lycée a usé des litres de salive et de sueur à débattre de qui était le meilleur entre Page, Gilmour et Blackmore (mon trio rock classique de l’époque. Plus ou moins toujours valable aujourd’hui btw). Ça faisait très combat stupide genre rhinocéros VS hippopotame, mais ce n’était pas là mon plus grand tort, qui était plutôt d’oublier volontiers qu’à côté, il y avait Plant, Waters et Gillan.

Bon. A la limite, je veux bien pour les Floyd, mais quand je réécoute aujourd’hui Led Zep ou Deep Purple, si la guitare me fait toujours aussi décoller, je me rends juste compte que j’aurais certainement dû admirer un peu plus le travail de malade de ces deux grands chanteurs que sont Plant et Gillan. Je vais de ce pas mettre une claque inter-temporelle à mon moi de 16 ans, je r eviens.

[…]

Aujourd’hui, on parle de ces groupes de rock qui brillent par la présence, une fois n’est pas coutume, d’un chanteur génial que la guitare ne fera qu’accompagner. On commence par The Veils.


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The Veils, c’est un condensé de ce que le rock peut avoir de plus authentique. Kurt Cobain parlait dans ses journaux de son excitation à recevoir de la pure énergie négative pendant les concerts de punk-rock de sa prime jeunesse. The Veils, c’est un peu cette idée.
L’histoire du groupe tourne sans cesse autour de son charismatique chanteur et leader, Finn Andrews. Le bonhomme a toujours navigué entre Londres, où il est né (à Camden Town le bâtard, y en a qui commencent bien dans leur vie d’artiste) et la Nouvelle-Zélande où il a migré à onze ans. Du coup, les Veils ont toujours eu un pied entre l’île et la capitale de la couronne, où Andrews retourne à 16 ans, bien décidé à faire de la musique.

A 16 ans, ouais. Parce qu’il en a marre du lycée. Et vous connaissez la meilleure? C’est qu’il a pas particulièrement galéré, l’animal. A 15 ans déjà, la prestigieuse major Columbia Records (1) le charmait déjà en Nouvelle-Zélande pour qu’il rentre à Londres signer un contrat de 5 putains d’albums. Pas un, hein, cinq. Puuuutain. A 15 ans. Le mec a encore jamais sorti d’albums.
Et c’est pas fini. Toujours juste avant de rentrer à Londres, il décline trois autres offres de rendez-vous avec trois autres maisons de disques. Toujours à 15 ans.
Comme quoi, on est pas tous égaux devant la musique, hein Finn?

Là, c’est le moment où vous êtes censés vous dire: “Mais dafuq, le type doit être ultra-talentueux pour être aussi approché par tout le monde?” Ce à quoi je vous répond: Shut up and LISTEN.

C’est typiquement pour ce genre de chansons que je ris de façon assez méprisante au nez des mecs qui viennent me dire, l’air le plus sérieux du monde, que quand même, les BB Brunes, avec du recul, ils ont apporté un certain renouveau dans le rock. Bah non mec, ta gueule et va écouter les Veils, tu vas le sentir dans tes gencives le renouveau, mets ton protège-dents et baisse la tête. Baisse la tête.

Pour la petite histoire, Andrews finira par signer en 2002 avec un certain enthousiasme chez Rough Trade, un label tout pourrave qui s’est reconstitué deux ans auparavant, et dont la principale qualité est d’être indépendant. Finn Andrews, ou l’indépendance aristocratique.

Je vous invite à écouter tous les albums des Veils, qui sont tous les quatre des pépites d’univers musicaux cohérents, portés par la voix hypnotisante d’Andrews. Je suis sympa, je vous mets un lien où tout est bien rangé: http://theveilsofficial.tumblr.com/tagged/discography J’ai eu un peu peur l’année dernière, quand leur dernier album est sorti, que leur talent se perde, mais pas du tout. “Dancing with the Tornado” est une de mes chansons favorites.

On passe à Nadeah.

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[…]

Excusez-moi, j’étais allé remettre une claque à mon moi de 16 ans.

Nadeah, en plus d’être ma future femme ((3) + je m’étais promis de ne pas faire la blague, mais je vous assure que je n’y arrive physiquement pas), est une chanteuse, disons… Plutôt habitée.

Son parcours aussi est plutôt intéressant. Née en Australie d’un père italien et d’une mère à moitié plein de trucs et à moitié plein d’autres trucs (portugaise, indienne, slave, anglaise, nous dit Wikipedia), elle décide de rallier Londres à 18 ans. Sauf que, manque de bol: à Paris, où elle transite, elle paume son passeport.

Bah tant pis. Elle reste à Paris et y chantera.

Et c’est ça que je surkiffe chez cette belle blonde: la spontanéité de son art bohème. Ça se ressent quand elle chante, un truc de malade. Voyez par vous-même.

On est loin de la voix torturée d’Andrews. On est sur une voix chaude de séductrice ensoleillée, qui joue de son talent comme d’un nouvel instrument. Je ris toujours en écoutant cette chanson tant les chœurs galèrent à la suivre. Nadeah, c’est du rock vénère mais tout doux, c’est une voix en forme de coussin qui se jette sur tous les murs qui l’entoure, jusqu’à épuisement.

Et quand il n’y a pas de murs, elle y met une énergie un peu plus douce, et sa voix se fait un peu l’écho privilégié de sa facette bohémienne.

Vous l’aurez peut-être compris, on est moins dans une voix prodige et puissante comme celle d’Andrews, mais plus dans celle, nonchalante, d’une artiste indépendante qui se prête musicalement à son propre jeu corporel et facial. Plus dans une voix qui donne corps à un personnage qu’à une voix qui, par sa seule force, captive l’attention de l’auditeur. Souvenez-vous de Ziggy Stardust, dans un autre domaine: c’est la même idée.

Je voulais vous parler d’une troisième voix, celle des conteurs. Typiquement, là, on aurait parlé folk. C’est une catégorie de chanteurs très intéressante, celle dont les membres s’effacent complètement derrière leur voix pour laisser de la place à une histoire de jalousie, de vie, de vengeance, de mort, de femmes battues et de souvenirs mélancoliques.

Je voulais, ouais, imparfait, parce que mon exemple c’était Moriarty. Sauf que bon, en vrai TOUT LE MONDE connaît Moriarty. Dans toutes les villes où je suis passé, dès que je mettais Jimmy en soirée dans l’espèce de petit moment chill qui annonce soit la fin d’une soirée vénère, soit le début d’une deuxième soirée plus pépère, tout le monde pousse toujours un grand “AAAAAAAAHHH” de plaisir et demande qui a eu l’idée de passer ça.

J’aurais bien pas mal d’autres exemples à balancer Rachel Sermanni ou Nick Mulvey, les Moutain Men, limite certains grands bluesmen qui m’ont formé musicalement à des degrés divers (de Skip James à Seth Augustus), mais je compte vous faire des articles plus fouillés sur ces jolis artistes. Alors je vais me contenter de balancer Jimmy pour les retardataires parmi vous, et je vais m’arrêter là, tristement. Sur Jimmy. Comme un gros sac, c’est bien ça, ouais.

Bisous les loulous, et à plus tard.

(1) Wikipedia, parle pour moi steuplé.

Columbia produit des artistes comme Céline Dion, Beyoncé, Destiny’s Child, Pharrell Williams, Tony Bennett, Adele, Gossip, Barbra Streisand, AC/DC, Patrick Fiori, John Mayer, K?ji Kond?, Daft Punk, MGMT, The Vaccines, Billy Joel, Patricia Kaas, The Ting Tings, Il Divo, Bruce Springsteen, Raphael Saadiq, Susan Boyle, Mary Mary, Little Mix, One Direction, System Of A Down, Willow Smith, Calvin Harris, David Bowie, Depeche Mode, Rita Ora, Katharine McPhee, John Legend, Juicy J, John Mayer, Haim, Dixie Chicks, Foster The People, Selah Sue, T.I., Train, DJ Cassidy…

Depuis sa création, le label a également eu dans ses rangs de nombreux artistes à renommée internationale tels que : Mariah Carey, Ray Charles, Elvis Costello, Aretha Franklin, Will Smith, Ricky Martin, Jennifer Lopez, Shakira, Fugees, Jessica Simpson, Tina Arena, Marc Anthony, Kelly Rowland, Da Brat, Bob Dylan, Nina Hagen, Delta Goodrem, Billie Holiday, Lauryn Hill, Julio Iglesias, Willie Nelson, Dolly Parton, Frank Sinatra, Bonnie Tyler, Wham!, ZZ Top, Nas, Da Brat, Wyclef Jean, Amerie, The 411, Play

Pour la France, elle a signé : Mike Brant, Michel Fugain, Yannick Noah, Natasha St-Pier, Julie Zenatti, Nâdiya, Clara Morgane, Lorie, Garou, Humphrey et bien d’autres encore…

(2) L’image vient du site officiel de Nadéah, et j’ai dû un peu bidouiller le code-source de la page pour la récup’, du coup je vous source ça proprement ici http://www.nadeah.com/photos/gallery.php?id=19

(3) JE VOUS ASSURE QUE LE TITRE N’A RIEN A VOIR AVEC MES ATTENTES MATRIMONIALES CONCERNANT NADEAH. Pitié, non, ça ferait mauvais genre.

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