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Cizia Zykë, portrait du dernier aventurier

samedi 11 juillet 2015 - Commentaires : 4

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La bio

J’ai découvert Cizia Zykë avec Oro, il y a dix ans, chez un bouquiniste de Rouen, je n’avais jamais entendu parler du bonhomme. J’ai bien sûr été attiré par la couverture avec ce portrait de ruffian, ce vent d’aventure, j’ai commencé à feuilleter le bouquin et j’ai été happé. Je l’ai dévoré dans la soirée, tournant fébrilement les pages. Cizia Zyke OroSerpents, esclaves, filles faciles, pluie, boue, or, drogue, alcool, corruption…c’était génial. Après j’ai lu Sahara et Parodie et j’ai aimé ce mec. Roublard, complètement barré, mais tellement attachant aussi. Cizia Zykë c’est le portrait que je rêvais de faire depuis longtemps, parce qu’il y a de la matière. Faute de pouvoir interroger l’auteur, décédé il y a quatre ans, j’ai choisi de laisser parler le proche parmi les proches, Thierry Poncet, son secrétaire, son ami et son compagnon de bourlingue. Thierry a eu la gentillesse de m’autoriser à publier sur le blog le texte inédit qu’il a écrit en 2011 sur ses années Zyke. Pour l’interview filmée, je laisse le micro à Bernard Pivot. Lorsque Oro est sorti, Cizia a été invité à Apostrophe où il a fait un passage remarqué : halé, le cheveu ras, grosse moustache de bandit mexicain, chemise ouverte, énorme pépite d’or de 30 grammes en sautoir, un subtil accent, une voix grave et douce à la fois…il expliquait que les lois, bien que nécessaires pour régir les sociétés, n’étaient pas faites pour lui, qu’il n’appartenait pas à ce monde et s’octroyait donc le droit d’en violer les principes au gré de ses envies. Un aventurier qui rentre à la ville et qui, tel Indiana Jones, n’a qu’une envie, décrocher le fouet, le blouson de cuir et le flingue et repartir en voyage. C’est cette image de rebelle que je garde de lui et que je voudrais faire passer dans ce portrait / hommage. Alors non, ma bio ne raconte pas tout Cizia mais donne quelques instantanés du personnage. Pour la version officielle, tu peux aller sur la page Wikipedia de Cizia Zykë. Mais l’aventure, la vraie, elle transpire de ses bouquins, de ce passage priceless à Apostrophe et du magnifique hommage de Thierry Poncet. Je n’avais rien à ajouter à cela, je m’en suis donc abstenu.

Le récit

1.
En 1984, je rêve d’avoir le prix Goncourt et de coucher avec des belles femmes mais j’écris seulement pour des méchantes séries à dix-sept francs cinquante le volume qui s’appellent Brigade Mondaine, Le Mercenaire ou Le survivant.
Une copine qui traîne ses jolies fesses dans les maisons d’éditions parisiennes me raconte qu’un de ses employeurs, chez Hachette vient de signer un contrat avec un aventurier.
– J’ai vu le type, il est cinglé, tu ferais bien de le rencontrer.
C’est comme ça qu’un matin je me retrouve devant Cizia Zykë au fond d’un PMU de la rue Montmartre où il compte les billets d’une grosse liasse, ses gains de la dernière course.
– Tu es Thierry ?
– Oui monsieur.
– Appelle-moi Cizia… Alors tu veux être écrivain ?
– Je SUIS écrivain !
En réponse, il se fend d’un sourire très bref, comme un fauve qui découvre les crocs.
Il est colossal.
Bardé de cuir, les épaules très larges, le crâne rasé, la peau brunie par mille soleils. Un cou de buffle auquel pend une grosse pépite d’or brute vaguement triangulaire. D’autres cailloux et des tuyaux d’or montés en bracelet ornent son poignet gauche, sur un tatouage en forme de feuille de marijuana.
Le cheveu est ras et dru, noir de Méditerranée.
Pareil pour les moustaches qui barrent la face.
L’œil droit pétille de joie rusée et malicieuse tandis que le gauche, à la paupière légèrement tombante, observe le monde sans indulgence, froid comme la mort.
Tout en lui évoque l’action violente. Les grands espaces. La sauvagerie.
Il vient d’ écrire un premier livre, ORO. Il y a pris du plaisir et il veut continuer dans la littérature. Il cherche un secrétaire. Est-ce que je suis partant ?
– Bien sûr, Cizia.
Il m’explique :
– Mon prochain bouquin parle d’un commerce de camions que j’avais en Afrique. Je vais l’écrire sur place, peut être au Maroc, ou bien au Mali… Ça te pose un problème ?
Je réponds :
– On part quand ?
Il me confie une petite somme d’argent pour acheter une machine à écrire. De son côté, il fait l’acquisition d’une Mercedes bancale qui semblait l’attendre, garée à quelques mètres du PMU, avec un écriteau «à vendre» scotché sur la vitre arrière.
Le soir même, je grimpe à côté de Cizia à bord de cette vieille guimbarde, sans me douter que je m’embarque pour un fabuleux voyage de dix ans autour du monde.

2.
On écrit d’abord SAHARA, commencé dans le désert, le long de la piste d’Adrar, rédigé une première fois à Bamako au Mali puis à Abidjan en Côte d’Ivoire, achevé en Andalousie, près de Cadix, au troisième étage d’un bordel où un gitan alcoolique et édenté monte chaque fin de nuit avec sa guitare pour nous chanter du flamenco.
Puis c’est PARODIE, écrit d’abord à Toronto, puis dans un hôtel de luxe à Vancouver.
Ensuite FIEVRES, le premier roman de fiction, imaginé pendant une chasse à l’éléphant au Congo Brazzaville et rédigé en moins de trois semaines dans une station balnéaire belge désertée par l’hiver…dès cette époque, les bouquins de Cizia Zykë connaissent un immense succès populaire.
Entre 1985 et 1987, trois millions de personnes achètent ORO qui devient un livre culte traduit en vingt trois langues. SAHARA suit le même chemin, tout comme PARODIE.
Ces trois ouvrages vont rester pendant plus de vingt ans dans la liste des meilleures ventes de la collection Le Livre De Poche.
Cizia, entré en littérature pour le fric, a pris goût à l’écriture. En ma personne, le destin lui a fait rencontrer le meilleur assistant possible. Moi, j’ai trouvé le plus fabuleux des patrons, sous la protection duquel j’apprends le monde, la liberté, la conscience de n’avoir qu’une vie devant moi et la nécessité d’en profiter.

3.
Nous sommes riches.
Notre existence trouve le rythme particulier qui nous portera pendant près d’une décennie.
L’été, saison de la sortie des livres et des négociations avec les tiroirs-caisses – comme Cizia nomme les éditeurs – on sillonne l’Europe au gré des contrats et des rencontres avec les médias, de grand hôtel en lieu de plaisirs, à bord d’une somptueuse Rolls-Royce de modèle Silver Cloud, gris anthracite, que Cizia a racheté à un général en retraite ruiné par une jeune maîtresse.
Le reste de l’année, on vadrouille dans le monde, avec une prédilection pour l’extrême orient, à la recherches de parfums d’aventures, de situations folles, de trognes de pirates et de décors sordides propres à alimenter notre écriture.
Nous errons en meute, groupés autour du chef, à la fois tyran et protecteur.
Les effectifs varient, au gré des rencontres, avec ceux qui ont les couilles et l’énergie de s’accrocher au destin de Cizia, ceux qui s’épuisent, ceux qui lâchent prise.
Il y a Flaco le fier, un jeune Français doué pour l’escroquerie. Il y a aussi Sammy le clown, roi du rire et de la fête, et encore Jacky l’embrouille, l’ogre jouisseur et braillard, sans oublier Babak le bagarreur, la brute aux longs doigts de pickpocket et Patricio, l’héritier fuyant sur les routes son chagrin d’amour, et tant d’autres…
Il y a Driss le marin marocain, Phayat le boxeur, Loom le tueur thaï, Morgan l’infirme, Simon le voleur, Tuan-Eric le para à la gueule cassée…
Tous admis dans la bande pour quelques mois ou un jour.
Des indiens de westerns.
Des magiciens marrons.
Des rêveurs de tous âges et de toutes origines qui n’ont en définitive qu’un point commun : vouloir vivre libres et ne jamais grandir.

4.
En Thaïlande, nous nous modelons en combattants de muay thaï.
Entraîné par un ancien champion du ring, Cizia perd les graisses dont l’ont empli la célébrité et l’abus de fêtes. Il retrouve sa stature de colosse guerrier. A ses côtés, peinant, soufflant et souffrant, pour la première fois de mon existence, je deviens fort et dangereux.
L’opium nous occupe longtemps dans un village de Lisus, des planteurs de pavot du Triangle d’Or.
C’est un hameau d’à peine une centaine de huttes de palmes et de bambous au sommet d’une colline cernée de jungle, émergeant d’un océan vert, sombre et bouillonnant, aux crêtes duquel s’accrochent le matin d’immenses lambeaux de brume blanche comme de l’écume.
Le chef de la tribu, Apasa, et ses deux fils, tous durs et fiers forbans, ont d’abord projeté de nous dévaliser, mais Cizia a su déjouer leur plan et gagner leur sympathie, puis leur amitié.
C’est ainsi que je me retrouve à traverser des vallées perdues aux flancs couverts des grosses fleurs de pavot multicolores, marchant au cul de mules chargées de tuyaux de bambou bourrés du divin poison, le fusil-mitrailleur à la bretelle, défoncé et heureux à en éclater.
Un peu plus tard, en Australie, dans l’état du Queensland, on fuit la compagnie des blancs racistes pour faire la fête avec des copains aborigènes au fond de creeks asséchés du bush, au cœur de nulle part, ingurgitant des litres de bière Four-X et de mauvais bourbon, dévorant des cadavres de kangourous presque crus.
Puis on séjourne un moment dans la grande maison collective d’une tribu de Penihing, des Dayaks de l’île de Bornéo, loin à l’intérieur des terres, en pleine jungle, en amont du fleuve Mahakam.
Cizia nous fait adopter par les autochtones en tuant, par un immense coup de bol, un singe niché dans un feuillage lointain d’une seule balle de revolver.
Des heures durant, on écoute un vieil homme aux lobes d’oreilles démesurément allongés par le poids de dizaines d’anneaux d’argent nous parler des sépultures des anciens chefs, de chasse à la sarbacane et de l’équipe de football des Girondins de Bordeaux, dont il suit tous les exploits sur sa télévision à parabole.
Tout au long d’une saison de feu et de sel, on partage le sort de gentils gnomes entassés sur un rafiot de bois qui, vêtus de vieux survêtements et de chandails de laine, équipés de masques recousus et de palmes dépareillées, pêchent la perle dans l’archipel d’îlots des Rinja, au large de Labuhanbajo, sur la côte de Flores…

5.
D’île en île, on arrive enfin à Bali où on s’installe pour une année pleine.
On vit dans un palais merveilleux à hautes colonnes blanches, pavé de marbre, meublé de pourpre et d’or, peuplé d’effigies de dieux étranges, ailés et griffus, traversé par mille minces couloirs le long desquels glissent silencieusement sur leurs pieds nus des domestiques en tunique blanche.
Cette bâtisse des mille et une nuits s’élève au centre d’un vaste parc cerné d’un haut mur moussu et planté d’une jungle de palmiers gras et luisants, de frangipaniers, de jasmins aux parfums tièdes et de buissons d’hibiscus aux fleurs sanglantes.
Le toit forme sur sa plus grande partie une immense terrasse au plancher vernis abrité des pluies de mousson par un toit délicat de tuiles roses.
C’est là, à bord de ce bateau immobile, cette jonque sans voiles posée sur la mer végétale du parc, que nous connaissons, Cizia et moi, nos heures d’écriture les plus intenses.
Nous sommes désormais habitués l’un à l’autre. Je suis rompu à la méthode et au rythme d’écriture de Cizia. Lui, il maîtrise parfaitement son outil – moi.
Aux meilleurs instants, notre concordance d’esprit touche à la télépathie.
Pieds nus, un sarong de soie autour des reins, Cizia déambule au travers de ce vaste pont noir aux reflet roux, fumant et buvant du café qu’il puise à un thermos renouvelé toutes les heures par une servante – seul être humain autorisé à grimper jusqu’à notre territoire de création.
Je me tiens assis en tailleur sur un épais coussin à une longue table basse de bois noir couverte de ma papeterie, devant ma machine à écrire, un engin électronique Sony que j’ai acheté à Singapour.
C’est comme ça qu’on invente TUAN, un héros mystique en lutte continuelle contre la déesse de la mort.
On rédige coup sur coup quatre aventures de 250 pages chacune : MALEFICES, OPIUM, DUST et MADAME LA MORT – qui seront publiés en un volume unique par le Livre de Poche, quelques années plus tard.

6.
On est toujours à Bali quand un courrier de l’éditeur nous apprend que FIEVRES se vend très bien en France en dépit de critiques de presse méprisantes.
C’est normal, dit Cizia, ça leur ferait trop mal au cul de reconnaître notre génie.
– Oui Cizia.
– Pour eux, je ne suis qu’un bandit à gueule de brute. Et c’est inconcevable qu’une grosse brute écrive des bons bouquins, tu me suis ?
– Oui Cizia.
– Quand ORO, SAHARA et PARODIE cartonnent en librairie, ils disent que c’est normal parce que ce sont des histoires vécues. Quand FIEVRES a du succès, ils disent que c’est normal parce que c’est un bouquin d’aventures et qu’il y a plein de crétins qui aiment l’aventure…
– Oui Cizia.
– Ce coup-ci, on va suivre leurs règles, Thierry.
– Oui Cizia.
– On va leur écrire un roman bien franchouillard avec des personnages faibles et petits bourgeois, comme ces messieurs les écrivains français en pondent à longueur d’année.
– Okay, Cizia.
– Bien, alors on se met au travail…
Quarante jours plus tard, PARANOIA est terminé.
Le héros en est un écrivain chétif et bourré de complexes que la solitude et le travail intense ont rendu fou, habitant sous les toits, dans une rue imaginaire du centre de Paris.
A peine publié, il connaît le succès – et il restera plusieurs années dans la liste des meilleurs ventes en poche.

7.
A Goa, en Inde, alors qu’une sorcière a tenté sans succès de nous empoisonner et nous faire jeter en prison, Cizia comprend que le moment est venu pour lui de changer de vie.
Sa quête d’aventures est devenue vaine dans un monde que parcourent chaque jour des dizaines de milliers de voyageurs vomis par les avions. S’obstiner dans cette voie serait se transformer en touristes de luxe à qui les promenades en terres lointaines tiendraient lieu d’identité.
Même si nous méprisons les dangers, refusons tout plan, négligeons les honneurs de la célébrité et répandons des flots de billets de banque dans notre sillage, nous ne sommes rien d’autre que des faux explorateurs sur une terre où rien ne reste à explorer.
– Tu comprends, Thierry, je ne me suis pas engagé dans cette putain d’écriture pour alimenter la faim d’exotisme de ces enculés.
– Oui Cizia.
Le label « ZYKË » est désormais bien installé dans le marché de la grande diffusion.
Dans la catégorie « livre de l’été », dite aussi « bouquin de plage », Cizia est un poids lourd. Face à nous, il n’y a que de deux concurrents réguliers : Jean d’Ormesson, un rejeton d’aristocrates qui publie chaque mois de mai un nouveau tome d’une saga inspirée de l’histoire de sa famille ; l’autre, c’est un escroc nommé Sulitzer, dont les histoires de bâtisseurs de fortunes connaissent un grand succès. Ce type se contentait jusqu’alors d’un bouquin tous les deux ans. L’irruption de Zykë sur ses plates-bandes l’a obligé à doubler la cadence.
Huit collaborateurs entourent d’Ormesson. Chez l’escroc, ils sont jusqu’à vingt trois, dirigés par Loup Durand, un vrai écrivain celui-là, la véritable plume de l’entreprise.
Nous, on est deux pour leur faire la nique.
Deux sans bureaux, sans documentation, sans informatique. Deux nomades, des clochards qui se baladent les mains dans les poches, avec pour seul bagage une machine à écrire portative.
Cizia est devenu écrivain comme il était devenu contrebandier ou chercheur d’or : à fond.
Sans concessions, comme il dit.
Sa mégalomanie d’aventurier ne lui permet pas de lutter pour une autre place que la première.
A Toronto, dans les années soixante-dix, âgé d’à peine plus de vingt ans, s’infiltrer dans le milieu des tricheurs au poker n’avait pu lui suffire. Il lui avait fallu devenir le roi des nuits de la ville et de tous ses casinos clandestins. Dans le désert africain, il avait gonflé son commerce illégal de véhicules jusqu’à la démesure. Au Costa Rica, il avait voulu le plus gros filon d’or.
A l’écriture, pareil.
Pour destin, il ne veut que plus grand.
Il pense profondément que la vraie noblesse de l’homme de plume, c’est sa liberté. Alors, il va s’acharner à devenir le plus libre des écrivains.
Avoir du succès en librairie ne lui suffit plus.
Il veut bâtir une œuvre, de celles qui deviennent le chant de leur époque, de celles qui survivent aux siècles, rien de moins.
Dans un monde où les auteurs les plus prospères sont des rusés qui ont trouvé une formule du succès et s’y tiennent soigneusement, cultivant le même sillon, soignant leur rente, Cizia décide que, désormais, chaque livre portant son nom sera différent du précédent.
A partir de maintenant, il se refusera toute redite, toute sécurité.
Chaque roman publié se devra d’être une révolution, une redistribution des cartes après mélange du jeu, une nouvelle bataille livrée à mains nues, sans tirer aucun bénéfice des victoires passées.
– Tu comprends, Thierry ?
– Oui Cizia.

8.
Alors on regagne l’Europe.
On retrouve notre amie la Rolls dans un hangar près de Marseille où elle nous a attendu, vêtue de bâches, pendant trente mois.
On erre pendant des mois dans le sud, en Italie, au Portugal et en Espagne, jusqu’au soir où, dans un hôtel des faubourgs de Marbella, une putain au cœur de bonne fée nous parle des Baléares, l’archipel au large de Barcelone et de l’île de Menorca vers laquelle on part dès le lendemain matin.
C’est une dalle de roche flanquée à l’eau de la Méditerranée. Son dos pelé monotone est battu par d’incessantes bourrasques de vent salé. Ses bords sont rongés par le flot bleu noir, creusés, déchiquetés en criques aux parois de falaises à la pierre sanglante, d’une rousseur de brique.
Les rares terres sont arides et poussiéreuses, plantées de pins brûlés et de durs buissons, sillonnées par des milliers de murs à hauteur d’homme entrecroisés, empilements gris des pierres que, depuis vingt siècles, les paysans tirent du sol.
A une pincée de kilomètres du vieux port à pirates de Ciutadella, au lieu dit Bini Pati Nou s’élève une ferme fortifiée blanche aux formes lourdes, percée d’arcades ombreuses, couronnée d’un haut donjon carré.
Elle est inhabitée depuis plus de trente ans.
A ses pieds s’entassent des ordures déversées là par des paysans indélicats. Une ancienne fontaine masquée par des buissons étouffe sous les aiguilles de pins. Leschumbos, figuiers de barbarie aux épaisses feuilles barbues, laissés en liberté, ont envahi tout le jardin.
Un beau matin, Cizia arrête la Rolls devant la haute grille rouillée et déclare :
– On est arrivés, Thierry.
Pendant les quinze jours qui suivent, une bande de plombiers apporte l’eau chaude à la vieille robinetterie de cuivre. Des électriciens rénovent l’ensemble du réseau. Une troupe de femmes velues, nimbées de fortes senteurs, lessivent les murs, frottent les vitres serties au plomb et redonnent leur lumière aux immenses carrelages en damiers noirs et blancs.
Du jardin, un camionneur retire trois pleines remorques de vieux fûts d’engrais, pièces de machines agricoles rouillées, cadavres de bouteilles et autres détritus. Un autre livre plusieurs tonnes de terre arable, commandée à prix d’or sur le continent.
Nous disciplinons les chumbos à coups de machettes, traçons des allées assez larges pour la Rolls et des sentes en labyrinthe pour nos promenades, que nous faisons recouvrir de fin gravier blanc.
On comble la vasque de l’ancienne fontaine, la transformant en un massif de petites fleurs multicolores que couronne un gigantesque agave, jaillissement de feuilles pointues.
Un pépiniériste de Ciutadella fait sa fortune en nous vendant douze jeunes saules pleureurs, autant d’hibiscus, vingt palmiers nains, d’innombrables rosiers de toutes couleurs, des lauriers aux fleurs en boules et des centaines de papyrus.
Aux quatre coins de l’étrange jardin tropical ainsi créé sous la voûte de pins parasols, Cizia fait élever des dizaine de murets décoratifs à la mode de l’île. Miguel, un paysan d’une ferme voisine recruté à plein temps les assemble inlassablement, égalisant les arêtes des pierres brutes à l’aide d’une massette au tintement métallique bizarrement mélodieux.
Ting, ting, ting, ting…
– Ah, Miguel s’est mis au boulot! se réjouit Cizia.
Ting, ting, ting, ting…
– J’aime ce bruit. Il me rassure. Tu comprends, Thierry ?
Quand il a achevé de transformer la vieille ferme en demeure seigneuriale et l’ancienne pinède jonchée d’ordures en jardin enchanté, Cizia referme la grille repeinte à neuf sur nous.
Pendant deux ans, il ne sortira pratiquement plus de son domaine.
Le matin, dès l’aube, il me dicte dix à quinze pages dans la plus haute pièce de la maison, au sommet du donjon, où quatre fenêtres offrent à la vue la lande infinie sous sa treille de murs et la mer à l’horizon sud.
Le reste de la journée, il pense.
Il déambule en paréo balinais dans les allées, fumant d’énormes joints de haschich.
Ou alors il se tient assis sur l’un des bancs qu’il a fait poser en divers points du parc.
Ou bien encore, un tuyau à la main, il arrose pendant des heures toute cette végétation tropicale que le soleil des Baléares menace de griller.
Dans cette étrange retraite, ce monastère pour un homme seul, où tous les oiseaux de l’île se donnent rendez-vous, sont écrits nombre d’articles et chroniques de presse, une flopée de nouvelles et pas moins de huit livres.
Dont deux polars qui, par l’incompétence d’un jeune éditeur, ne seront jamais publiés.
Dont aussi ANGIE, un conte balinais qui sera plus tard vendu pour une bouchée de pain à un écrivain suisse en manque d’inspiration.
Et PIGALLE BLUES, un déchirant roman d’amour que je signerai de mon seul nom.

9.
Fin juillet.
Autour de nous crépite l’été des Baléares. Dans l’ombre fraîche des pins, devant un bosquet de chumbos et de roses rouges, nous buvons du Champagne. Il y a une heure, j’ai tapé à la machine le mot « fin » sur la dernière page de BUFFET CAMPAGNARD, sous-titré « conte cruel », une farce cannibale sur la cupidité et la bêtise.
– C’est ton tour, me dit Cizia.
– Mon tour ?
– Oui. Ça fait des années que tu travailles à mon service sans tricher, avec fidélité, il est temps que tu deviennes officiellement l’écrivain que tu mérites d’être.
– …
– On va t’écrire un livre. Dis-moi quel bouquin tu veux pour Thierry Poncet, j’y apporterai la même force qu’aux miens.
– …
– Tu comprends ?
– Euh… je comprends, Cizia.
C’est ainsi qu’un mois plus tard, jour pour jour, le 31 août, nous achevons d’écrire PIGALLE BLUES.On reboit du Champagne parmi les chumbos et Cizia, qui a rompu avec les éditions Hachette après d’innombrables conflits, commence à se poser la question de trouver un nouvel éditeur pour nous deux. Des années plus tôt, dès les premiers moments de cette grande aventure, dans la vieille Mercedes qui traversait le Sahara, Cizia me racontait :
– Quand je me suis pointé la première fois chez Hachette, c’était avec le plus grand respect. J’étais sûr que j’allais rencontrer des types intéressants, des grands esprits, des intellectuels… Et je n’ai vu que des putains !
Entre Cizia, le voyou autodidacte de génie, franc et brutal, dangereux, Cyrano moderne, chantre de la noblesse et de la liberté des artistes, et le petit monde snobinard des éditeurs parisiens, les relations sont difficiles.
Ils le prennent pour un barbare. Alors il prend un malin plaisir à se comporter comme tel, terrorisant ces petits messieurs derrière leurs beaux bureaux et faisant galoper, couinant d’angoisse, les attachées de presse le long des corridors de marbre.
Certains ont essayé de l’escroquer. Alors il leur a montré qui était le maître en la matière, les frappant là où ça leur faisait mal : au portefeuille. Et il leur a piqué plein de pognon, ce qu’ils ne lui ont jamais pardonné.
– Des chèvres ! gueule-t-il à chaque fois qu’il sort d’un rendez-vous, faisant rouler sa colère tout au long du quartier Saint Germain. Tous des faux-culs ! Des pourritures qui ne pensent qu’au pognon !
– Calme-toi, Cizia.
– Tous des maquereaux !
– Tu ne crois pas que tu exagères un peu ?
Dans ces moments-là, il me fusille de son meilleur regard d’assassin et ricane :
– Toi, Thierry, tu leur conserves ton respect parce que tu a été éduqué à les considérer comme des gens valables. Tu crois encore que les éditeurs aiment la littérature…
– Ce ne sont pas des épiciers, quand même…
– Pire ! Ils sont pires ! Hypocrites ! Le dealer du coin est moins pourri qu’eux. Tu verras, quand tu publieras tes bouquins et que tu auras affaire à eux…
La nouvelle de la rupture entre Cizia Zykë et Hachette s’est répandue à Paris. Nous parviennent à Bini Pati Nou les offres de service de plusieurs éditeurs alléchés par les énormes chiffres de vente de la grosse brute : Il y a une proposition d’un certain Durand, chez Fayard, une autre de la maison Plon, plus une des frères Bourgois…
Cizia, dégoûté des grands groupes, opte pour une petite société qui lui parait plus sympathique que d’autres, Ramsay, alors propriété de la célèbre éditrice et romancière Régine Despines.
On leur adresse nos deux manuscrits : BUFFET CAMPAGNARD de Cizia Zykë et PIGALLE BLUES, signé Thierry Poncet.
Et nous voilà tous deux à Paris, dans le bureau directorial de Ramsay, au premier étage d’un petit hôtel particulier de la rue du Cherche-Midi.
Assistent à l’entretien Régine Despines, une lionne rousse décatie, son fils Frank, directeur officiel de la boite, à peine plus âgé que moi, et un vieux je-ne-sais-quoi littéraire du nom de Théophile Grafomann.
Sur le bureau, les deux manuscrits.
La mère Despines secoue sa crinière et s’écrie, d’une voix de cantatrice abîmée par la cigarette :
– Cizia, j’ai lu ton BUFFET CAMPAGNARD, c’est un roman génial !
Son fils prend le relais, rejetant en arrière la mèche qui lui balaie le front, bombant une maigre poitrine derrière son col largement ouvert :
– C’est du pur génie.
Grafomann, le visage ascétique sous une légère neige de cheveux blancs lève un doigt osseux au faible tremblement parkisonnien.
– Génialissime !
– Je vous remercie, dit Cizia.
– Une verve, une truculence, reprend Régine Despines, chaque scène est à mourir de rire !
– De la pure rigolade ! renchérit le fils.
– Rigolissime! précise le vieillard.
– Je vous remercie, fait Cizia.
– Et c’est écrit avec une maîtrise, un talent, un style éblouissant ! s’extasie la première.
– Du pur éblouissement ! ajoute le deuxième.
– Eblouissantissime ! termine le troisième.
– Je vous remercie, conclut Cizia.
Une pause.
Chacun sirote quelques gouttes de sa boisson chaude. Café pour Franck, Cizia et moi, Thé indien pour la patronne, infusion de sauge pour Grafomann.
C’est ce dernier qui m’attaque, sans me regarder, tendant vaguement dans ma direction son doigt tremblant.
– Nous avons lu aussi PIGALLE BLUES, c’est un des romans les plus nuls que j’ai jamais lus.
– Une pure nullité ! précise Franck en s’inspectant les ongles.
– Nullissime ! m’achève la Régine Despines, rejetant ses cheveux en arrière, les yeux au plafond.
Je suis abasourdi.
Je suis un type tranquille, plutôt modeste, qui reconnaît facilement ses erreurs. J’admettrais sans aucun problème qu’on trouve PIGALLE BLUES moins intéressant que BUFFET CAMPAGNARD, qu’on préfère une fable comique à une histoire d’amour, ou même que le roman signé de mon nom soit d’une qualité légèrement inférieure à celui signé Zykë.
Mais que, de deux textes écrits par le même duo, dans les mêmes conditions, à un mois d’intervalle, l’un soit parfait et l’autre nul, c’est tout bonnement impossible.
Conclusion : la capacité de jugement de ces trois pontes, censés appartenir à l’élite parisienne, ne va pas au-delà du hit parade. Le bouquin signé par un gros vendeur relève du génie, celui de l’inconnu nul à chier !
Je m’insurge, d’une voix que j’espère ferme :
– Je ne peux pas vous laisser dire ça, je…
– Ça suffit, jeune homme, me coupe le vieux, votre manuscrit est un véritable torchon, mal présenté, mal tapé et bourré de fautes d’orthographe !
Cette fois, je reste coi.
J’ai tapé BUFFET CAMPAGNARD et PIGALLE BLUES sur la même machine, sur du papier tiré de la même rame et je doute d’avoir été plus mauvais en orthographe en juillet qu’en août.
Un silence.
Puis Cizia, jugeant sans doute que j’ai assez souffert, me sauve la mise.
Il émet un grognement. Aussitôt, les trois branquignols se tournent vers lui, les sourires larges et les yeux brillants.
– Oui, Cizia?…
– Je pense que Pigalle Blues est un excellent roman. Si vous ne le publiez pas, je ne signerais pas avec vous.
Avec une jubilation interne mesquine mais délectable, je vois les regards se ternir, les commissures des lèvres tomber et, dans un trio de pantomime, les trois paires d’épaules s’affaisser d’un même cran.
Un nouveau silence, assez long, puis Régine Despines murmure :
– Après tout, PIGALLE BLUES, c’est un assez bon titre…
Plus tard, dans la rue, au carrefour voisin où s’élève la statue d’un centaure bien monté, j’explose :
– Mais comment peuvent-ils être aussi incompétents ?
Cizia rigole.
– Je t’avais prévenu : ce sont des guignols…
Les guignols tiennent à avoir Cizia alors ils me signent.
Cizia leur soutire un million de francs d’avance sur recettes.
Mon à-valoir personnel s’élève, après une séance de marchandages sordides, à trente mille balles.
Que je bois intégralement en une semaine de fête, avant de reprendre le train pour Barcelone, puis le bateau pour Menorca.

10.
Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! dit une vieille blague de cour de récré.
Arrivant à sa huitième année d’écriture, Cizia commence à se sentir piégé, coincé dans une voie étroite qui le serre aux épaules, le prive de sa liberté de manœuvres et, en plus, semble ne pas connaître de fin.
Quel a été notre rêve, ce grand crime ?
Mettre à jour une nouvelle veine de littérature populaire vivante, moderne, effrayante et drôle, intelligente et surtout porteuse de liberté.
Donner une fête de lecture.
Faire de chaque livre une aventure !
Les lecteurs sont là, enthousiastes.
Il y a maintenant cinq ou six Zykë au Livre de Poche, tous figurant dans la liste des meilleures ventes.
Mais apparemment, ça ne suffit pas.
Les tristes sires qui sont aux commandes de l’édition française, dans leurs bureaux interchangeables, paraissent prendre plaisir à transformer notre belle fiesta littéraire en un triste calvaire, à force d’incompétence plus ou moins volontaire, d’hypocrisies variées et de coups en douce.
Ils s’enrichissent à chaque volume publié, mais s’obstinent à considérer nos succès comme des accidents, des coups de chance inexplicables, des pets scabreux dans le ronronnement du marché des livres.
Ils encaissent sans broncher les fabuleux profits engendrés par notre œuvre, mais ils s’écorcheraient langue, lèvres et palais à prononcer cette simple phrase : Zykë est un grand écrivain.
L’édition française, ce monument de vénale stupidité, ne veut considérer que la littérature bourgeoise, écrite par des bourgeois (es) pour des bourgeois (es). Pour ceux du peuple qui s’obstinent à aimer lire, on fabrique une littérature industrielle, exploitant les bas instincts, produite à la chaîne, à l’américaine, quand on ne se contente pas de traduire les plus vendeurs des auteurs U.S.
Et ce qui reste de rébellion et d’esprit de fronde, on le canalise dans l’inoffensive catégorie « polars »…
Ayant compris que notre combat, comme tous les beaux  combats, est perdu d’avance, Cizia commence à se demander s’il a vraiment envie de sacrifier sa vie et la mienne à produire de la grandeur, de la noblesse et du panache pour le bénéfice de méprisants boutiquiers.
Et la réponse est non.
On s’entête encore quelque temps.
On écrit encore plusieurs histoires de fous.
On quitte notre île pour reprendre notre errance. L’Amérique latine. Les Caraïbes. L’Afrique… avec l’impression grandissante de traîner nos carcasses.
A la demande d’un magazine ami, Cizia accepte de faire le chroniqueur sur le célèbre rallye Paris-Dakar, une niaiserie polluante et chère, repaire de gros cons dont nous nous échappons le plus vite possible.
Sur une proposition du même magazine, nous allons nous perdre dans les bas-fonds d’Amsterdam, partageant la misérable existence des drogués – un voyage particulier dont nous tirons AMSTERDAM ZOMBIES.
Il nous faut trois semaines pour purger le poison de nos veines, sur une plage à surfeurs du Sud-Ouest, puis on décide que l’aventure est terminée.
Comme ça.
Tout simplement.
On a fait plusieurs fois le tour du monde, traversé des déserts et des jungles, affronté d’innombrables dangers, absorbé d’innombrables drogues, couché avec d’innombrables femmes…
On a écrit je ne sais plus combien de livres, vendu des millions de pages dans toute l’Europe, passionné des dizaines de milliers de lecteurs, amené des cohortes de types qui n’ouvraient jamais un bouquin au plaisir de la lecture.
On s’est imposé des milliers d’heures de création. On a fait planer nos deux esprits très haut dans les limbes mystérieuses de l’écriture.
On a gagné des millions de francs que nous avons intégralement dépensés.
Et voilà, c’est fini.
On se sépare sur le parvis de la gare Saint-Jean de Bordeaux.
Cizia part en Albanie, le pays d’origine de son père, où la tyrannie communiste vient de s’effondrer et où il espère se tailler un royaume.
Je prends le train pour Paris où je compte m’embarquer dans le premier avion en partance pour l’Orient.
– Salut, Thierry, bonne route.
– Au revoir, Cizia, merci pour tout.
Il tourne le dos, s’éloigne et disparaît à l’intérieur du Lambert, un grand PMU sur la place.
Qu’est-ce que c’est que toute cette flotte qui dégouline, salée, le long de mes joues ?

Les Forges,
2011.
Texte écrit par Thierry Poncet et publié avec l’autorisation de l’auteur.

Cizi Zyke portrait du dernier aventurier

 

“Un aventurier est avant tout un rêveur, un utopique un peu allumé, qui préfère s’identifier à Robin Hood qu’à un salopard”

Cizia Zykë interviewé par Jean-Louis Tallon (l’intégrale ici).

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  • Je n’ai jamais lu Zykë et si je me décidais à le faire, il me faudrait d’abord commencer par trouver ses livres, ce qui est irréaliste là où je me trouve (aucune librairie, aucun bouquiniste). J’avais découvert -aussi ahuri qu’incrédule- le personnage lors de son fameux interview par Bernard Pivot à “Apostrophes” au milieu des années 80.

    Il ne m’avait pas vraiment convaincu, je pensais alors que c’était du bidonnage, qu’il jouait un rôle afin d’épater la galerie dans un but commercial. J’étais encore jeune, n’avais pas encore mangé tout mon pain et j’avais classé son cas sans suite. Je suis revenu sur lui il y a peu d’années après avoir traversé le gros de mon existence, à ma façon. J’ai alors mesuré son authenticité découverte par le visionnage de reportages, la lecture de textes qui lui sont consacrés, le témoignage d’amis comme Thierry Poncet. Si je l’avais rencontré comme l’a fait Thierry Poncet, je lui aurais immédiatement emboîté le pas, car c’est une chance à ne pas manquer: un maître ès-liberté, une personne sûre, au jugement sûr, exactement ce qu’il faut dans certaines situations.

    Un témoignage comme celui qui est publié plus haut dans ce site me le rend définitivement sympathique, jusqu’à sa façon de mettre très simplement un terme à une longue camaraderie, sans pathos et en toute lucidité car tout termine un jour. Son interview sur la liberté est un hymne à celle-ci. Notre époque actuelle, si sombre quand aux rêves et si surveillée quand aux libertés aurait grand besoin d’un tel personnage. Quelle perte!

    Jérôme Ferri

  • Un vrai aventurier ou un vrai affabulateur? En tout cas, que ce soit moi ou mes amis, nous n’en avons jamais entendu parler dans les années 80 (A part bien sur à la télé) alors que le trafic de 504 battait son plein au Mali, au Bénin, au Niger,….

    Un trafiquant français de l’ampleur qu’il décrit, on en aurait forcément eu des échos lorsqu’on empruntait la piste du Tanezrouft ou de Tamanrasset. Que ce soit à Gao, Bamako, Niamey, Cotonou ou Parakou,….
    De plus, à l’époque, la revente de véhicules était dans les mains des locaux qui n’auraient jamais laisser prendre un contrôle de cette envergure sur ce bizness par un étranger. Surtout en si peu de temps. Du gros, gros bidonnage.
    Pour le reste, je ne peux pas donner d’avis car je ne suis pas resté assez longtemps en Costa Rica mais je suppose que c’est du même acabit.

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