Menu & News

Anotherwhiskyformisterbukowski Le blog musical qui ne prend pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

Musique par

Joe Henry, tireur d’épines plantées plein cœur

mercredi 8 juin 2016 - Commentaire : 0

Accueil » Joe Henry, tireur d’épines plantées plein cœur

Joe Henry n’est pas seulement le producteur de Solomon Burke, Betty LaVette ou Hugh Laurie

Non plus seulement le beau-frère de Madonna ou l’ami privilégié de Vic Chesnutt.

Trois. Deux. Un…
Apnée.

Le raffinement, voilà ce qui envahit l’espace quand on joue un disque de Joe Henry. Avant même de prêter attention aux arrangements (d’ailleurs, de bons arrangements ne se remarquent pas de suite), des chansons s’installent, des mélodies tombent et remontent, et cette voix toute en texture fait un univers de rêve, un repos bien mérité au monde des médiocrités.

Joe Henry Joe Henry

Ça serait un peu prétentieux de notre part de traiter l’entière carrière de l’artiste, trop dur, trop long, trop ci trop mi, Atrocetomique… Que diable, un peu de parti pris ! Prononçons-nous, oui plaidoyons. Qu’avons-nous à vendre ? Dans quelle niche allons-nous taper ?

Tâche d’autant plus facile que le Joe de Charlotte en Caroline du Nord a eu la bonne idée d’enchaîner deux albums fantastiques.

Nous y sommes, Grand un : Scar. Grand dieu : Tiny Voices. Deux pièces qui conjuguent la grandeur et la beauté au mode révolu du plaisir simple.

À ce moment de la lecture, l’on peut s’inquiéter du genre musical dont on discute. D’aucun dirait Americana… Modern Folk. Blues ? Qu’en dîtes-vous ? L’indispensable question des genres… La plaie quoi. À elle seule, cette question résume la pénibilité au travail du critique. Bien fait, fainéant.

Joe Henry

Joe Henry, en vieux brouilleur de piste, même multipiste, a tout de l’artisan authentique. Il compose, écrit les textes, joue guitare et piano, chante à merveille, assure la prod, il sait réunir des collaborateurs honorables et oubliés à la manière d’un conservateur du patrimoine, il a même réussi un bon mariage au civil (on vous laisse regarder).

Alors si vous tentez l’aventure avec ces deux sorties,
à vous les grands espaces embrumés,
les ambiances urbaines aux heures indélicates,
à vous la vie dans la reverb, l’esprit divaguant au gré des graves,
les accordages en clé des champs,
à vous la brillance et l’éclat,
la pause puis le silence.

Enfin, l’extase.

“Just behind the wall, I think / She pulls her stockings on / The creaking floor speaks through the door / of one foot, then the other. (Room at Arles)

Mais tout ça, faut le vouloir. Faut vouloir se fader une heure trente de musique sans tubes. Jingle.

Vous avez aimé ? Vous aimerez aussi

«

»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.