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Mon premier Hellfest (2016)

mercredi 22 juin 2016 - Commentaires : 2

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J’ai participé à mon premier Hellfest cette année, je vous la fais courte en vous racontant mon expérience en 7 mots

Voici venu le temps des report du Hellfest. Tous les médias vont parler de cet événement aussi incontournable pour les metalleux que la Fête de l’Huma pour les communistes, le grand prix de Diane pour les turfistes ou la fête de la Sainte Jeanne d’Arc pour les fascistes. Les médias spécialisés vont vous faire du live report jusqu’à plus soif, les médias généraliste auront dépêché le stagiaire de la rédaction pour un reportage bancal mêlant approximations, chiffres en pagaille et grosses conneries avec en illustration une photo vue du ciel pour montrer la foule, quelques portraits le plus délirants possibles et une photo de Black Sabbath sur scène. Nous on vous propose autre chose, un report plus personnel sur la manière dont j’ai vécu mon premier Hellfest.

Dimanche, j’ai fait une liste de tous les mots que m’évoquait le fest…et j’ai fait un focus sur les 7 mots les plus chargés de sens, pour vous développer mon feedback, en paroles et en images. Pour la musique, je vous recommande les live proposés par Arte Concert qui a filmé une partie des sets. Pour revenir à ma liste, j’avais noté une vingtaine de mots et je vous développe ceux qui ont le plus d’importance pour moi cette année.

Warzone

La Warzone est une scène ouverte située à une extrémité du site. C’est la scène dédiée au Punk et ses dérivés : le Hardcore, le Crossover et tous les courants qui finissent par core…. C’est la scène qui se rapproche le plus de ce qu’était le Hellfest à l’origine : un festival de coreux (le Hardcore Furyfest), n’en déplaise aux nullards qui considèrent les coreux comme des punks bas du front (“le core, c’est pas du metal”). Le core, c’est de l’énergie brute. On ne va pas juger la qualité des mélodies ou des lyrics, on ne va pas se branler sur un solo de guitare ou de batterie, on va juste se doper à la pure énergie qui envahit la scène, le pit et transporte le public dans un maelstrom enragé. Le core est une putain de shoot d’adrénaline et sans doutes l’une des branches les plus remuantes du metal. C’est ce que je recherche en concert. J’aime me rassasier de l’énergie des autres. Energie du groupe qui se défonce sur la scène. Energie du public qui se défonce dans le pit. Bien avant le fest, je savais déjà que je passerais le plus clair de mon temps ici, et je n’ai pas été déçu de mon choix.
Hellfest 1
Crédit photo : Olivier Gaudin

Réaménagée pour cette édition, la nouvelle Warzone est une pure tuerie. Un pit plus large que long, un fonds de fosse qui monte doucement à flanc d’une colline au sommet de laquelle se trouvent des bars, des zones de restauration et la statue hommage à Lemmy (assez moche, je trouve). Une sonorisation d’enfer : j’ai fait une dizaine de set et le son était à chaque fois parfait, du début à la fin (ce qui n’était pas forcément le cas sous les tentes). Et surtout, un public génial. Ici, on n’a pas eu les problèmes rencontrés par d’autres festivaliers sur les mainstage, à base de gestes déplacés, brutalités hors contexte, touriste qui squatte sur son pliant en plein milieu du pit. La Warzone est une salle plutôt énervée, mais les festivaliers qui y viennent savent à quoi s’attendre. Priorité à l’énergie et à la folie furieuse.

Rammstein

La grosse tête d’affiche du festival, un show énorme et très attendu qui a réuni une très grosse assistance. Un très bon spectacle, une setlist assez convenue avec quelques surprises pour les fans, un grand moment de Metal pour un show spectaculaire mais manquant un peu d’âme.
HellFest 6
Hellfest 5
Hellfest 4
Crédit photo : Gael Hervé (https://www.facebook.com/gael.herve.photo/photos/?tab=album&album_id=1819121854986396 )

Organisation

Chapeau aux bénévoles, chapeau aux forces de l’ordre qui ont évité tout débordement (on a oublié le 13 novembre, vraiment), chapeaux à la sécu hyper réactive notamment pour attraper les slammeurs au vol, chapeau à l’équipe Replica pour sa gestion de la tente presse, chapeau aux équipes techniques, chapeau à l’équipe de bénévoles qui anime les pages facebook et le forum et nous fait vivre le fest pendant les 362 autres jours de l’année. Chapeau à tous pour votre efficacité, votre disponibilité, vos sourires, votre engagement.
Axe de progrès pour 2017 : s’intéresser à la question du parking.

Liberté

Quand tu vas au Hellfest, tu mets ta jauge de tolérance à 10. Les pisse-froid, les coincés du cul, vous restez dehors. On ne s’offusque de rien. On laisse venir les choses et si on est pas content, on va voir ailleurs. Le mec qui se fout à poil, la fille qui fait pipi avec un pisse-debout, les déguisements improbables, les gens pas habillés en metalleux, les slammeurs, ceux qui pogottent sur du Funeral Doom ou font la Macarena sur Rammstein, ceux qui suivent le concert sur un pliant, assis dans l’herbe ou qui s’endorment carrément pendant le set de Death Metal, ceux qui t’éclaboussent en lançant leur pichet, ceux qui passent leur fest au camping et ceux qui pètent devant les filles. Les gens bourrés, on les respecte aussi, on évite de les envoyer chier ou de les cogner parce qu’ils nous bousculent. La bonne ambiance et l’absence de baston reposent sur un niveau de tolérance à tout monté au maximum chez la plupart des festivaliers. Certes on a toujours le con qui a pas compris le truc, qui va avoir un mot déplacé ou un comportement brutal mais c’est justement parce que les autres font bloc qu’il reste un con isolé et que ça ne dégénère pas.

Une photo publiée par aowleblog (@aowleblog) le

 

La tolérance, c’est aussi accepter un public “pas metal”, parce qu’on ne peut pas se plaindre du manque de visibilité de la scène metal et en même temps, se plaindre que des non metalleux viennent au Hellfest. On a tous eu une première fois, on a tous découvert le Metal un jour et rarement grâce à nos parents. C’est bien gentil le quant-à-soi du metalleux mais on ne peut pas demander aux autres d’être tolérants et ne pas l’être vis-à-vis des autres.

Une photo publiée par aowleblog (@aowleblog) le

 

Rencontres

Pendant l’attente pour Rammstein, le mec qui me dit “Range ton iphone, regardes autour de toi, t’es au Hellfest” et qui reste à côté jusqu’à ce que je le range puis qui m’embrasse et me remercie.
Céline qui nous a accueillie chez elle et sans qui on n’aurait pas vécu le fest pareil (vu que notre réservation au Formule 1 de Nantes n’avait pas fonctionné, et qu’on a découvert le jeudi soir à minuit qu’on n’avait pas de point de chute pour le fest). Les groupes que j’ai eu la chance d’interviewer et ceux que j’ai envie de rencontrer après les avoir vus sur scène.
Tous les sourires, les inconnus avec qui j’ai trinqué, la complicité dans le pit, à table ou même devant la gouttière à pipi.

Découvertes

Je n’avais pas de planning “à voir absolument” ce qui m’a évité de trop me prendre la tête pour tenir une todo list… Je préfère les concerts des groupes que je ne connais pas. Cela m’évite de passer le set à attendre qu’ils jouent “la super chanson que je préfère”… Sans être un stakhanoviste, j’ai réussi à faire entre 7 et 9 set par jour et c’est sans surprise sur la Warzone et sous les tentes que j’ai fait les plus belles découvertes. Même si l’ouverture de Ghost avec ces chants grégoriens et cette lumière rouge m’a presque tiré une larme, j’ai préféré tout ce que j’ai vu sur les petites scènes aux groupes des Mainstage.

Vendredi
Grosse claque : Sacred Reich (Altar)
Belle découverte : Vision Of Disorder (Warzone)
Déception : Avoir loupé The Arrs et Converge pour être sur de bien voir Rammstein

Samedi
Grosse claque : Asphyx (Altar)
Belle découverte : Fu Manchu (Valley) (je connaissais en disque, mais en live, c’est l’hallu).
Déception : un peu trop de punk oldschool sur la Warzone, que Hermano n’ait pas fait une seule cover de Kyuss

Dimanche
Grosse claque : Heaven Shall Burn et le final dantesque de Refused
Belle découverte : Turnstile et Power Trip
Déception : C’est déjà fini…

Metal

On peut adorer le décor, les gens, la bière, la bouffe et l’ambiance. Le trait d’union c’est quand même notre amour pour le Metal. On va l’exprimer ou le vivre différemment chacun mais c’est quand même ça qui nous fait venir. C’est ça qui nous fait vibrer et c’est ça qui nous maintient en tension pendant le reste de l’année. Les groupes qui se produisent au Hellfest ont parfois plus de public en un set qu’en un an de tournée. Si vous aimez le metal autant que moi, gardez cette scène vivante. Allez en concert, achetez du merch, achetez la musique et donnez aux groupes des raisons de continuer à en jouer. Ne pensez pas que le Hellfest soit une vitrine fidèle, ni que tous les groupes s’en sortent aussi bien que GHOST et les TA des Mainstage. Le metal est une musique de passionnés, on se retrouve au Hellfest pour vivre librement cette passion car à ce moment, ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous distingue.

Alors Merci et à l’année prochaine….

Une photo publiée par aowleblog (@aowleblog) le

 

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  • Merci beaucoup pour le crédit photo, suis trop content, un vrai gosse, pour un premier set photo avec mon petit appareil, même si j’ai encore beaucoup beaucoup à apprendre, cela réchauffe le coeur de voir que d’autre in vu les meme choses que moi…. Ce lieu est magnifique et ton article très très bien écrit!

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