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Rétro Ciné : Dracula de Tod Browning un classique universel au mordant humoristique peu commun…

mardi 29 novembre 2016 - Commentaire : 0

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Dracula

Alors que son film Freaks la monstrueuse parade véritable chef d’œuvre du 7 ème art s’apprête a ressortir sur les écrans français, c’est sur sa version de Dracula que je vais me centrer aujourd’hui. En réalisant sa propre version du célèbre roman de Stoker, Tod Browning nous offrait certainement l’une des versions les plus etranges et comiques des aventures du baron vampire séducteur. En en modifiant certains aspects.

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L’histoire : Un voyageur du nom de Renfield (Dwight Frye) se rend, pour affaire, au château du comte Dracula (Bela Lugosi), cela malgré les avertissements des villageois qui tentent de le détourner de son projet. Le château en ruine semble inhabité, mais le comte, en tenue de soirée, est là sur le seuil pour l’accueillir. La terreur et l’hallucination commencent pour le voyageur. Pendant la nuit, il voit entrer trois femmes qui l’entourent et lui font au cou une morsure. Puis, tombé dans un sommeil hypnotique, Renfield est emmené en même temps que de grandes caisses mystérieuses, à bord d’un voilier, par le comte Dracula en direction de Londres.

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Cette version du célèbre roman de Bram stoker fût réalisé en 1931 par le grand Tod Browning diffère quelque peu du roman dont il s’inspire. Certes il s’agit d’un grand classique qui donnera au vampirisme cinématographique ses bases les plus fortes, mais durant toute la vision du métrage je n’ai pu m’empêcher de penser que Browning avait sciemment injecté une bonne dose d’humour dans son film tant par moment il est risible (pas dans le sens pathétique ou de la moquerie bien sur). Loin de moi l’idée idiote de me foutre de la gueule des films de cette époque et des effets spéciaux d’antan (c’est loin d’être mon genre). Mais Browning qui réalisera plus tard le démentiel Freaks semble avoir décidé de saboter la commande en baignant son film dans une ambiance fort cocasse. Les dialogues sont souvent fort drôles et surtout la façon dont les acteurs joue leur personnage qui leur donne un coté comique. Il n’y a qu’a voir le geôlier de Renfield lui courir après avec son filet à papillon en balançant des petites réflexions cassantes et drôlissimes à la limite du slapstick de Keaton et de Chaplin. Bela Lugosi en premier dont le Dracula mythique oscille sans cesse entre jeux de sourcils, sourires enjôleurs et regard très, très, très pénétrant. Personnellement j’adore Lugosi, ayant vu plusieurs des films dans lesquels il est apparut je dois même reconnaitre que cet homme a bien mérité ses galons de monstre sacré. Il avait d’ailleurs déjà interprété le célèbre vampire au théâtre en 1927. Mais malheureusement son interprétation de Dracula n’est pas assez inquiétante et reste trop humoristique. Celle de Max Schrenk dans le Nosferatu de Murneau était elle certes muette, mais nettement plus terrifiante. Mais le plus drôle c’est que l’on voit que Lugosi s’amuse follement à camper ce comte séducteur buveur de sang. Mais étrangement ce n’est pas Lugosi qui dans ce film m’a le plus marqué mais Dwight Frye le génial interprète d’un Renfield habité et présent durant la quasi totalité du métrage et qui joue à merveille. Car il est bon de signaler que c’est encore une fois une très libre adaptation, qui n’hésite pas à changer les personnages principaux du livre au profit des parias et des incompris. Et c’est là que Browning qui n’a eu de cesse durant toute sa carrière que de dépeindre la différence et la monstruosité, fait très fort en plaçant Reinfield au centre de l’histoire.

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Le film est visuellement magnifique, les décors (qui d’ailleurs resserviront à une version espagnole de Dracula tournée la même année par George Milford  est parait il nettement supérieur à celle de Browning et beaucoup plus longue). Ce qui est triste, c’est que le grand Lon Chaney, inséparable acolyte de Browning qui était sensé interpréter le comte, mais il mourût en 1930 d’un cancer et la production est lancée sans lui. En résumé Dracula de Browning est un très bon film, mais qui passe complètement à côté de son but. Il est clair que les peurs d’antan n’était pas les mêmes, mais si l’on doit comparer, je trouve les Frankenstein de Whale nettement plus terrifiants que ce Dracula sauce Browning. Un grand classique du fantastique et peu être un peu aussi de la comédie. Et je ne pense pas que Browning y soit si étranger que ça !



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