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Merci, Jonathan Demme.

vendredi 28 avril 2017 - Commentaire : 0

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Jonathan Demme nous a quitté. Et ça fait mal. Mal à une partie de ma jeunesse, mal à une partie du cinéma. Hommage à ce réalisateur discret mais à qui l’on doit tant.

Ah, Jonathan. Laisse moi t’appeler par ton prénom, tu ne m’en voudras pas, j’en suis sûr. Je te dois beaucoup, tu sais. Nous te devons beaucoup.

Tout d’abord, merci pour mes premières insomnies, lorsque, à 11 ans, j’étais incapable de fermer les yeux tant j’étais hanté par la figure démoniaque dessinée par le masque posé sur le visage d’Anthony Hopkins, éternel Hannibal Lecter. Avec Le Silence de Agneaux, tu as ouvert la voix aux thrillers horrifiques, ceux qui te font réfléchir, te dérangent juste ce qu’il faut, mais surtout te font frémir. Sans toi, David Fincher n’aurait jamais fait Seven. Rien que ça.

Merci d’avoir révélé au grand public, certes tardivement Anthony Hopkins. D’avoir su capter, en à peine quelques scènes, tout le génie de cet acteur. D’avoir compris qu’il suffisait chez lui de fixer la caméra quelques secondes sur un regard, un sourire même pas esquissé, un clignement léger de l’oeil.

Merci d’avoir montré Jodie Foster en femme forte, craintive mais courageuse, un peu comme le spectateur devant ton chef d’oeuvre. Cette même Jodie Foster qui aujourd’hui a fait son coming-out il y a quelques années.

Et parlons en de ce coming-out. Au cinéma Hollywoodien, c’est toi qui l’a réalisé, avec Tom Hanks dans Philadelphia. Tu as montré toute l’horreur du regard des autres. Tu as filmé une histoire d’amour honnête, simple, bouleversante entre deux hommes. Tu les as mis en avant pour ce qu’ils sont, des humains qui souffrent mais qui s’aiment. Rien de plus. Il n’y avait pas d’effet de manche ni de voyeurisme facile avec toi. Tu as montré au grand public qu’un gay c’est un gars comme les autres, et surtout tu as contribué à leur acceptation dans la société. C’est ça, le cinéma humaniste.

Tous les gars de la Manif’ Pour Tous feraient mieux de revoir cette scène, avec un Tom Hanks bouleversant.

Voilà ta sensibilité, celle qu’y t’honore, celle qui fait que tu ne partiras pas sans rien.

Avant de partir, j’ai envie d’écouter Bruce Springsteen, que tu m’as fait découvrir avec Philadelphia. Et à chaque fois que je l’écouterai, tu y seras, In The Streets Of Philadelphia.

Merci, Jonathan Demme.

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