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WHISKY OR NOT WHISKY #32 / MEKTOUB MY LOVE (CANTO UNO)

jeudi 20 septembre 2018 - Commentaire : 0

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Passé quasiment inaperçu en 2018, Mektoub My Love (Canto Uno) est le dernier film du non moins célèbre Abdellatif Kechiche. Le réalisateur de L’Esquive ou encore de La Vie d’Adèle ressasse ici des thématiques qui lui sont chères : sa propre fascination pour la jeunesse et pour la “tchatche”. Cependant, ces sujets de prédilection ne parviennent pas à sauver les trois longues heures d’un 35mm controversé et obscène. Gênant, le regard de Kechiche est pervers et sexiste derrière une caméra qui filme des jeunes femmes, en petites tenues, tout juste sorties de l’adolescence…

Sète. Été 1994. Amin (Shaïn Boumedine), apprenti scénariste installé à Paris, retourne dans sa ville natale pour retrouver famille et amis. Accompagné de son cousin Tony (Salim Kechiouche), véritable Don Juan qui s’adonne aux plaisirs charnels avec les jeunes femmes, Amin passe la majeure partie de son temps à la plage. A l’inverse de Tony, Amin est un jeune homme timide et introverti. Entre sorties au bar, visites quotidiennes dans le restaurant familial et virées en discothèque, Amin – en grand romantique qu’il incarne – est secrètement amoureux des femmes qu’il croise en compagnie de Tony. Il cherche notamment à photographier Ophélie (Ophélie Bau), la meilleure amie de son cousin pour qui il a le béguin. En effet, il voit notamment en cette jeune adulescente un modèle qui pourrait poser nue pour lui…

Malgré un scénario touchant basé sur la post-adolescence (tous et toutes ont entre 18 et 19 ans), Mektoub My Love (Canto Uno) n’en reste pas moins ambigu quant à ses intentions. Également réalisé par Kechiche, La Vie d’Adèle avait déjà crée une vive polémique quant au regard masculin derrière la caméra. Certains critiques affirmaient même à l’époque que nous étions en face d’un point de vue machiste : un oeil intrusif qui se réjouissait – en fin de compte – de filmer des lesbiennes en train de faire l’amour.

Dans le cas de Mektoub My Love, le propos sous-entendu est encore plus pervers. Sur près de trois heures, Kechiche filme des conversations entre jeunes adultes consentants où l’attraction sexuelle est forte. Ce qui interroge reste (entre autre) le cadrage : tout est affaire de plans serrés sur les corps des filles. Sur la plage, le focus est fait sur leurs bikinis et leurs corps de rêve. En discothèque ou dans les bars, les plans rapprochés sont nombreux sur les mini-jupes et les poitrines…

Ainsi, le spectateur averti est en droit de s’interroger sur les intentions du réalisateur derrière la caméra. Que cherche à nous dire Kechiche ? Comment interpréter ces longues séquences qui se focalisent sur les corps “d’adolescentes” en rut ? Mon opinion est d’affirmer que Kechiche est un voyeur nostalgique de sa propre jeunesse à lui. Il fantasme secrètement lui-même sur Yasmine, Ophélie, Charlotte, Céline ou encore Camélia.

Sous couvert de faire du “grand” cinéma, Kechiche en profite au final pour se rincer copieusement les yeux. De la même manière, la thématique de la jeunesse agît ici comme un faux prétexte : pourquoi alors filmer des “canons” standardisés et des idéaux masculins de la jeune femme au corps parfait ? A mon grand regret, le réalisateur ne cadre pas de femmes au visage marqué ou aux rondeurs apparentes.

Ainsi, l’échantillon de jeunes actrices – un panel censé représenter la jeunesse – est loin d’être représentatif de ce qu’étaient les adulescentes dans les années 90. Il en va d’ailleurs de même pour les jeunes hommes au physique presque parfait et à la musculature apparente.

En bref, je pourrais continuer à descendre sans relâche de nombreux passages du film tels que la longue séquence en discothèque, où Kechiche s’attarde notamment sur les danses érotiques de ses actrices. Toutefois, ce ne serait là qu’une façon d’accorder du crédit à un long métrage qui ne le mérite pas.

Ce film est une daube puante aux longueurs fatigantes. Trois heures de “tchatche” inutiles durant lesquelles il ne se passe rien. Un temps précieux que vous perdrez alors que votre vie mérite bien mieux. Rien n’y justifie l’époque choisie qui est celle des 90’s. Je parlerais même d’anachronisme et d’erratum dans le choix des costumes. Mektoub My Love aurait d’ailleurs gagné en efficacité si l’unité de temps avait été plus actuelle : on imagine aisément toutes ces jeunes nanas avec des smartphones dans les mains.

Nul intérêt de le voir en streaming. Profitez plutôt des derniers jours de l’été dans votre jardin ou sur votre terrasse. Accompagné d’un whisky avec ses glaçons. You make me feel…

J.M

Mektoub My Love de Abdellatif Kechiche

 

 

 

 

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