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WHISKY OR NOT WHISKY #36 / PUPILLE

mercredi 12 décembre 2018 - Commentaire : 0

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Réalisé par Jeanne Herry, le film Pupille est un drame français qui nous raconte l’histoire d’un pupille de la nation, Théo, de sa naissance à son adoption. A travers des rôles bien campés par Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche ou encore Élodie Bouchez, ce long métrage sort des sentiers battus d’un cinéma bourgeois dit “mélodramatique”. Sa recette gagnante : une simplicité et une neutralité à toute épreuve fondées sur le bien-être de l’humain. Quand Whisky rime avec bienveillance et genre réaliste…

Faire un grand film ne relève pas de la prouesse technique ou d’un casting pompeux. Nul besoin d’effets spéciaux ou bien d’emphase empathique par le montage et la musique. Il suffit des fois de passer par la simplicité la plus basique pour réaliser un “beau” film.

La preuve en est avec Pupille qui n’appuie en aucun cas sur du pathos surjoué ou bien une catharsis forcée.

Pourtant, le sujet abordé peut sembler grave. En effet, le film s’ouvre sur l’abandon d’un bébé qui vient de naître. Sa mère, une jeune étudiante de 21 ans, a fait un déni de grossesse. Elle vient accoucher dans un hôpital de Brest, et déclare qu’elle souhaite “donner” son enfant car elle n’a pas les moyens de l’élever (elle vit encore chez ses parents qui n’accepteraient pas la situation…)

D’emblée, ce qui est fort est que nous ne basculons pas dans un drame pseudo-dramatique aux émotions exacerbées. Bien au contraire, le traitement proposé est positif. Il est basé sur la recherche de solutions saines et constructives. Comprenez : il va falloir trouver les meilleurs parents – ou la meilleure maman – à ce bébé qui vient de naître. C’est ainsi que tout un tas de partenaires sociaux ou éducatifs se mettent en branle pour proposer le meilleur accompagnement au tout jeune Théo…

Dans une veine très réaliste, le film se déroule de manière très sereine et parfaitement posée. Les séquences s’enchaînent dans un ordre efficace et tout à fait logique, conférant à l’ensemble un côté “documentaire” fort appréciable. A aucun moment, le propos de Jeanne Herry ne se permet de juger tel ou tel personnage dans sa façon d’évoluer vis-à-vis des autres (ou vis-à-vis de Théo). De même, nous n’observons aucune intensification des émotions digne des “mélo” bas de gamme.

A cet égard, il est important de souligner la justesse du jeu des acteurs qui développent leurs protagonistes avec finesse et sans cabotinage. J’accorde notamment une mention spéciale à Gilles Lellouche pour son sans-faute dans le rôle d’un assistant familial (Jean).

En bref, Pupille est un film sérieux et appliqué qui n’a pas besoin d’apparat ou de fioritures pour exister et plaire. Sa force vient justement du fait qu’il touche par son humanité bien-pensante. Nul besoin d’accompagnement sonore ou de rebondissements narratifs incessants. L’histoire, et les acteurs qui la jouent, se suffisent à eux-mêmes. Et cette simplicité, franchement, ça fait du bien.

J.M

Pupille de Jeanne Herry (actuellement dans les salles)

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