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Simetierre de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer banal remake ou réadaptation judicieuse? SPOILERS INSIDE

mercredi 10 avril 2019 - Commentaire : 0

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Nous vivons définitivement une bien triste époque cinématographique. Un manque évident d’idée et de renouvellement s’est abattu sur Hollywood depuis plus d’une décennie. Tout ou presque y est passé et il était évident que vu le ré-engouement pour l’univers de Stephen King (que nous appellerons Kingverse), qu’une nouvelle adaptation de l’un de ses gros morceaux allait voir le jour. Et après  Çà réadaptation fort convaincante à contrario du longuet téléfilm des années 90 (pour une fois je ne dis pas que c’était mieux avant), c’est le double chef d’œuvre (que ce soit le film ou le livre) Simetierre qui est réadapté.Alors qu’en est il de cette nouvelle adaptation ?

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Comme pour Ça, il s’agit ici plus de réinterpréter le livre que de remaker Simetierre de Mary Lambert le film magistralement réalisé et à mon sens dernier véritable film d’épouvante en date. Ce dernier a su me terrifier et continue à me glacer le sang presque trente ans après sa sortie. Que vaut ce Simetierre réalisé cette fois ci par le talentueux duo Kevin Kölsch et Dennis Widmyer qui nous avaient il y a quelques années donné le fort réussi Starry eyes ? Tout d’abord petit résumé de l’histoire: Le docteur Louis Creed et sa famille quittent Boston pour s’installer dans le Maine, avec sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants, Ellie et Gage. Au fond des bois près de sa nouvelle maison, Louis découvre un mystérieux cimetière. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Il se tourne alors vers Jud Crandall son vieux voisin qui va malgré lui déclencher une série d’événements tragiques avec de redoutables forces maléfiques.

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Left to right: Jason Clarke as Louis and John Lithgow as Jud in PET SEMATARY, from Paramount Pictures.

Bon en premier bien évidement et au regards des goûts douteux en matière de fantastique de la génération des 15/25 ans actuels qui ne connaissent pas la véritable peur au cinéma, mais uniquement le gimmick du jump scare (qui consiste comme dans le train fantôme à faire sursauter le spectateur avec un élément pourtant prévisible), je ne peux que tenter de vous conseiller de lire le livre qui est un sommet dans la terreur et de vous procurer le film d’origine avant de voir ce film. Mais bon vous voilà prévenu. Le vieux con a parlé. Un vieux con qui plus il vieillit, plus il se rattache à la qualité intrinsèque de certains films d’un passé pas si lointain et qui supporte de moins en moins l’horreur et les productions d’horreurs actuelles. Cependant je ne pouvais pas ne pas aller voir ce qu’ils avaient pu faire à ce qui est un de mes films d’horreur de chevet. Et bien fort est de constater que l’on est bien loin de la trahison.

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Car si il n’a pour utilité cinématographique que de faire à nouveau du fric sur le nom de King, ce Simetierre 2019 est un bon film, un film qui est bien loin des productions d’horreur MC Do que sont les insupportables Conjuring, Annabelle ou Insidious. Car Kevin Kölsch et Dennis Widmyer savent réaliser et semblent bien savoir maîtriser les ficelles du genre. De plus, le duo ne semble jamais vouloir effacer la mémoire du bouquin ou du film d’origine et tente de prendre des chemins détournés. Bon ne nous emballons pas, s’ il y a des changements, ils restent assez légers et fort peu excentriques. Ce Simetierre se démarque donc par de petits changements qui permettent de mieux développer le deuil et la peur engendrée par le retour des défunts réanimés. Alors sachez qu’ici vous entrez dans une zone de SPOILERS accrue où le cœur des révélations est plus dur qu’un sol acide. Dans cette nouvelle version ce n’est pas le petit Gage qui meurt sous les roues d’un 5 tonnes roulant à vive allure, mais la petite Ellie, ce qui est au final un choix judicieux quand aux réactions du revenants. Gage dans le livre ayant 2 ans reste assez limité en paroles et en actes alors que sa grande sœur nous offre de savoureux moments de questionnements face à la mort. Et son retour fait au final bien plus froid dans le dos car elle a des mots pour exprimer ce qu’elle a vu. Les scènes de son retour à la maison sont tout simplement terrifiantes et en même temps les deux réalisateurs y ont ajouté un soupçon d’humour noir qui n’est pas dérangeant du tout. La petite Ellie qui au passage est formidablement interprété par la jeune et talentueuse Jeté Laurence qui compose une créature à la fois terrifiante et attachante.

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Le reste du casting est tout aussi fabuleux que ce soit Jason Clarke qui compose un Louis Creed aux frontières de la folie, Amy Seimetz qui interprète Rachelle la mère traumatisé avec une fragilité et une grande intensité ou le grand John Lightgow veteran bien aimé des années 80 qui campe un Jud Crandall attachant et inquiétant. Autre élément qui ressort, Church le chat de la famille et surtout premier défunt à revenir à la vie, qui ici a une bien plus grande place qu’avant et qui est étrangement vu son rôle gravement chou (mais la c’est le Papa à chat qui parle).

Cependant malgré toute la bonne volonté de ses réalisateurs, le charisme et le talent de son casting, le brio de la plupart des scènes, Simetierre échoué aux trois quarts du film à se hisser au dessus du niveau des genoux du premier film (ça y est les films ont des genoux maintenant). D’abord, le film que réalisa Mary Lambert il y a 30 ans, n’était pas bon uniquement parce que la réa était à la fois sobre et décapante, mais à cause de la présence et du traitement offerts à deux personnages secondaires qui ont définitivement marqués les fans du genre. J’ai nommé le personnage de Victor Pascow Le jeune homme a mortellement accidenté au début du récit qui sous une forme de fantôme tente de dissuader le personnage de Louis Creed de se rendre au cimetière Mic Mac et de se laisser aller à réveiller les mort. Personnage d’importance à l’époque interprété par Brad Greenquist qui conférait à la fantomatique apparition un côté cynique et pince sans rire qui le rendait attachant et qui surtout nous permettait de nous identifier comme témoin impuissant de la catastrophe à venir. Car Pascow est d’une certaine façon la représentation du spectateur que nous sommes. Ici c’est Obssa Ahmed qui s’y colle, mais le personnage de Pascow n’est cette fois ci pas du tout développé. Il est lisse, fade, voir carrément inexistant et c’est dommage pour le Jeune acteur qui aurait mérité que son personnage soit correctement traité comme dans le premier film.

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Le second mauvais point réside dans le personnage de Zelda la sœur de Rachelle atteinte d’une méningite spinale, que l’on voit lors de flashback et qui reste l’une des plus terrifiante vision d’horreur glaçant qu’il m’ait été donné de voir au cinéma. Campée dans la version 90 par un homme très maigre, l’acteur Andrew Hubatsek qui offrait un des moments les plus flippants de l’histoire du cinéma d’horreur. Ici on a droit à une jeune fille dont seul le dos est maquillé. Rien de vraiment flippant, une histoire bidon d’ascenseur monte plats dans lequel elle serait tombée. Alors on se demande comment la pauvre fille a fait pour se lever de son lit vu son état et encore moins la façon dont elle s’y est pris pour se fourrée dans un petit conduit. Un grand grand raté qui du coup nous enlevé le second effet kiss Kool flippe de l’histoire.

Alors mis à part ces deux détails vis à vis des personnages, le bas blesse vraiment dans les vingts dernières minutes du film. Là où Mary Lambert faisait preuve d’une efficace sobriété dans son climax. Le duo de reals nous plonge dans un délire grand guignolesque qui outre un véritable torchage en règle de la fin. De leur film, usent et abusent d’ellipses temporelles illogiques qui finissent limités par faire croire que les zombies sont doués du pouvoir de téléportation. Vla que je te tue, que j’ai le temps de me taper tout le chemin jusqu’au cimetière indien en haut de la montagne, d’enterrer la personne que je veux enterrer, de redescendre tout en me battant deux minutes, juste assez de temps pour voir débarquer le zombie de la personne que j’ai enterré, qui a eu le temps de sortir de terre, de dévaler la montagne pour tuer une autre personne. Non. Mais sérieusement. Il reste difficile de croire à la vue du pourtant superbe travail du duo de reals Sur les trois quarts de leur film, que soudain ils aient décidés d’eux même de sombrer dans un tel grotesque. Du coup ça sent bien grave la fin imposée par la prod. Dommage vraiment dommage car le film en lui même est donc au trois quarts une jolie réussite. Et certains osent critiquer le côté parfois débile du pourtant bien sympathique mais très inégale Simetierre 2 que Mary Lambert avait réalisé avec pour star le jeune Edward Furlong. Et au passage si vous comptez vous faire des moments de flippe avec des gamins bizarroïdes portants des masque en papiers mâchés, et bien sachez que s”ils sont mis en avant sur l’affiche du film, ils n’apparaissent qu’une courte fois au début du film et ne sont en aucuns cas exploités. En même temps le côté culte mystique des animaux morts et du passage au trépas n’est absolument pas exploité de ce côté là.

 

Pour synthétiser si Simetierre cuvée 2019 ne se contente pas d’être un simple remake et offre une nouvelle vision du roman de King et ce avec un certain brio. Il est malheureusement viré rattrapé par son statut de film destiné au final aux 15/25 ans (qui est une génération habitué à sursauter dés qu’une mouche pète et ne connait plus le sens du mot suspense). Alors certes sur sa majeure partie le film est rudement bien composé et proposé une horreur à l’ancienne qui prouve que Kevin Kölsch et Dennis Widmyer sont parfaitement capable d’induire la peur et l’épouvante ce qui n’est plus donné à tout le monde. Cependant la gaudriole pour teenagers imposée sur les 20 dernières minutes et le côté yearr trop cool d’être un zombie badass des revenants ainsi que le surréalisme de certaines de leurs actions font sombrer la pourtant satisfaisante entreprise dans la vacuité générationnelle des spectateurs cibles des producteurs. Le film est honorable mais ne se hisse du coup pas au niveau du formidable “Ça” dont j’avais souvenez vous quelque peu égratigné (à tort) le clown, que je trouvais bien peu flippant (à tort encore). Donc si je vous conseille néanmoins d’aller voir ce Simetierre, sachez que ce n’est pas le film d’horreur qui marquera les esprits et je vous conseille plus que vivement de vous procurer le livre et le film d’origine, ce dernier qui ressort paraît il dans une version blu Ray fabuleuse. Et vous connaîtrez le sens du mot peur.

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