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LE POST WHISKY #7 / GRAZIANI ET OVERTON

lundi 11 novembre 2019 - Commentaire : 0

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Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram… Depuis les années 2000, les réseaux sociaux ont envahi et conditionné nos vies. Ils influencent notre manière de penser et d’évoluer en société. Parfois, on s’y clashe. Souvent, on y partage de l’actu mais aussi des fake news. Les algorithmes nous conduisent à mettre des Pouces ou des J’aime. Et nous continuons à partager des statuts, des trucs sérieux ou des images débiles… Chaque semaine, Le Post Whisky est un focus particulier sur un post Facebook, partagé en masse (ou pas…)

Cette semaine, j’ai choisi pour vous cette “une” de presse détournée :

montage par Miss Augine

Cela ne vous aura pas échappé ces derniers jours : Julie Graziani – éditorialiste pour L’incorrect – a crée une polémique vive à la suite de propos qu’elle a tenu sur LCI. Sans reprendre l’intégralité de son intervention, cette journaliste – proche de l’extrême droite – a intentionnellement incriminé une mère divorcée sur un plateau de télé. Selon elle, cette mère “smicarde” (implorant à Macron qu’elle n’arrive pas à boucler ses fins de mois) est parfaitement responsable de sa situation. Elle n’avait “qu’à faire des études comme tout le monde” et éviter de divorcer à la vue de sa situation de mère de famille (etc)…

Alors, oui, ces propos ont interpellé l’opinion publique, créant – de nouveau – un débat là où il n’y avait pas lieu d’en créer un. Après le “voile” de Zemmour et les “tirs à balles réelles” de Zineb El Rhazoui, voici Julie Graziani qui stigmatise les “smicards”…

Tout ceci fait partie d’une stratégie de communication bien rodée et d’une rhétorique implacable en politique. Cette stratégie, c’est ce qu’on appelle la fenêtre d’Overton. Il s’agit là de faire accepter dans le domaine du “dicible” et du “politiquement correct” toute opinion sociétale, et notamment le champs lexical de la “radicalité”. Il s’agit ici de “choquer” volontairement pour mieux faire accepter des propos qui s’insèrent peu à peu dans un ordre “moral”.

Membre de la Manif Pour Tous et de l’Avant Garde, Julie Graziani est bien plus qu’une “farouche conservatrice”. C’est avant tout un pion. Envoyé en ligne de mire sur le front du progressisme, c’est un petit soldat de l’extrême droite qui sert la cause dans les talk show TV conventionnés par le CSA (CNews, Pascal Praud et consort). La mission est parfaitement remplie : Julie a occupé l’intégralité de la sphère médiatique. Elle a influencé nos pensées au moyen d’une idéologie démagogue dite de la “peur”.

Continuons sur cette voie-là, à nous indigner “faussement”, et nous irons à notre propre perte. Plus que jamais, il nous faut censurer ou modérer cette utilisation de l’espace médiatique des écrans. Ces gens-là, ils nous font croire que notre société est profondément malade. Ils divisent pour mieux régner sur l’échiquier du capitalisme. Cela fait plus d’un siècle que cela dure. Après les juifs, ce ne sont même plus les migrants qui sont pointés du doigt. Désormais, ce sont les chômeurs et les “smicards” qui deviennent également la cause des maux de notre monde. La fenêtre d’Overton grandit dangereusement, et nous ne faisons rien. Pourtant, l’Histoire, elle, continue de se répéter. Elle profite de notre ignorance naïve et de notre consentement aux choses, des sentiments qui sont exacerbés par l’utilisation virale que nous faisons des réseaux sociaux.

J.M.

Pour aller plus loin, cette excellente chronique de Daniel Schneidermann pour l’émission Arrêt sur Image :
https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/smicards-tirs-a-balles-reelles-en-direct-du-ventre-fecond

 

 

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