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Entretien avec CLAIRE KEIM : “Twitter est une drogue.”

jeudi 19 novembre 2020 - Commentaires : 3

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Claire Keim par Céline Nieszawer

Lundi soir 18h15, l’heure H du rendez-vous téléphonique est imminente. J’ai échafaudé plein de questions, tant biographiques qu’artistiques. Je veux optimiser le temps, ne rien oublier, être très professionnel. 18h25, mon téléphone sonne. « Bonsoir, c’est Claire. » La voix est rieuse et détendue. Mes notes ne me serviront pas, tant notre conversation prend une tournure amicale et décontractée. Tous les sujets qui m’intéressent sont toutefois abordés et Claire Keim ne se défausse jamais. Je m’étais préparé, elle aussi. Morceaux choisis :

L’Homme Des Cavernes : Claire, première question de circonstance, comment se passe le confinement ?

Claire Keim : Ecoute ça va, déjà j’ai eu la chance de pouvoir repartir tourner très tôt. C’était un projet que m’avait proposé une amie depuis un moment, je lui avais promis de le faire et les assurances ont donné leur accord pour un tournage au mois de juin, donc on a pu le faire. Et à côté de ça je tourne une mini-série depuis le mois de septembre pour TF1, dont je n’ai pour l’instant pas trop le droit de parler. Je peux juste te dire que l’équipe de tournage est composée pour partie de flamands, avec qui j’adore travailler, pour leur professionnalisme et leur gentillesse. On vient de terminer la partie « française » et on part dans 15 jours tourner le reste à Anvers.

HDC : Comment en es-tu arrivée à épouser la carrière de comédienne ?

CK : Très tôt j’ai compris que je voulais interpréter des personnages. Je suis partie de chez moi à 16 ans pour rejoindre Paris et le cours Florent. Dès cet âge-là, j’ai passé une audition au culot, pour une comédie musicale au théâtre de Paris, « Paul et Virginie » mise en scène par Jean-Jacques Debout et j’ai été prise pour le rôle de Virginie. Et à partir de là, j’ai enchainé les courts-métrages et les téléfilms, notamment pour Arte et TF1. J’estime avoir eu beaucoup de chance pendant ces années du début de ma carrière. Seule à Paris dans une chambre de bonne, à partager mon temps entre les cours et les castings, je ne me rendais pas vraiment compte mais avec le recul, ce n’était pas forcément évident.

HDC : Un film m’a marqué dans ta carrière, c’est « la soif de vivre » de Lorenzo Gabriele.

CK : C’est vrai que j’ai eu beaucoup de bons retours suite à ce rôle. Et cela me fait plaisir parce qu’au départ, j’avais une trouille incroyable de m’attaquer au sujet de l’alcoolisme. On a tous autour de nous quelqu’un qui est touché de près ou de loin par ça et je ne voulais pas trahir ces gens-là. Honnêtement, j’aime beaucoup ce film et son réalisateur. C’était en 2018 et pour moi c’est une bonne année puisque parallèlement, je fais la série « Insoupçonnable » pour TF1. J’étais super contente de tourner avec Melvil Poupaud. C’est vraiment un acteur que j’admire. Et j’avoue qu’en tournant, je ne me rendais pas vraiment compte de la noirceur du sujet et, du coup, à quel point un personnage comme le mien pouvait amener de la lumière dans cette histoire macabre. Puis suivront « Infidèle » saison 1 et 2…

« Plus je vieillis, plus j’ai la boule au ventre du matin au soir quand je joue. »

HDC : On parle de téléfilms et de séries mais quid du cinéma ?

CK : C’est un fait que je tourne peu pour le cinéma. Mon dernier film date de 2015 (« Arrête ton cinéma ! » de Diane Kurys). En fait, en 1994 je joue dans un super téléfilm, « L’incruste » de Emilie Deleuze, avec Benoît Magimel. Suite à cela, Benoit et moi sommes repérés et on part chacun de notre côté pour jouer dans des « séries de l’été ». Depuis lui est parti dans le cinéma et moi un peu moins, c’est vrai. Ceci étant dit, je ne regrette rien, j’ai fait des choix, avec mon cœur. Parfois, je me dis que si j’avais suivi ma tête plus que mon cœur, en étant plus exigeante… Mais vraiment c’est sans remord car j’ai pris la vie comme elle venait, comme je le fais toujours.

HDC : Et le théâtre ?

CK : Pour l’instant, je fais un break avec le théâtre. J’ai pris cette décision après avoir joué pendant près de 2 ans « La garçonnière » avec Guillaume de Tonquédec. Je me suis beaucoup amusée mais j’ai beaucoup donné. Partir 5 jours sur 7 et ne rentrer que 2 jours pour voir ma famille, puis repartir en pleurant après les avoir serré dans mes bras, non merci. J’y reviendrais peut-être quand ma fille sera plus grande mais pas maintenant. Sans compter que le trac me rend malade. Plus je vieillis, plus j’ai la boule au ventre du matin au soir quand je joue. Parfois même, la trouille ne me quitte pas quand je suis sur scène.

HDC : Je connaissais tes talents d’interprète mais honnêtement, j’ai découvert avec #ChansonPourLesIeuvs (Buzz initié par Claire Keim sur Twitter ndlr) tes talents de musicienne. Tu ne joues que du clavier ?

CK : En fait, le clavier c’est le plus simple pour moi. Mais je peux aussi m’accompagner à la guitare, un peu de harpe aussi (rire). Tu sais, la musique c’est avant tout une envie. Il y a deux ans, je voulais faire un deuxième album (après « où il pleuvra » sorti en 2011 ndlr), mais j’ai abandonné parce que j’entrais dans une période difficile, parce que je ne trouvais pas les mélodies etc… Et puis l’épisode #ChansonPourLesIeuvs m’a remis le pied à l’étrier et j’ai ressorti mes instruments. J’ai recommencé à écrire et à composer, même si je t’avoue que je ne suis pas vraiment contente de ce que je sors pour l’instant.

HDC : Tu avais des musiciens dans ta famille ? Je veux dire d’où te vient ce goût pour la musique ?

CK : Alors non, mes parents ne sont pas du tout musiciens mais on écoutait constamment de la musique à la maison parce que l’on n’avait pas de télé. Mon frère et moi avons fait du solfège et du piano assez tôt. Et puis dès l’âge de 14 ans, comme je passais beaucoup de temps à chanter et qu’à priori je chantais assez juste, je me suis produite dans un petit cabaret à Senlis avec un copain. Cela m’a obligé à apprendre tout le répertoire du « piano-bar » des années 90, de Cabrel aux Rolling Stones, en passant par Bowie et les Beatles… Tout cela m’a beaucoup marqué parce qu’on allait vraiment chercher des trucs différents. Aujourd’hui encore, j’écoute vraiment de tout d’ailleurs.

« Twitter a un truc addictif, c’est une source d’émotions extrêmes avec un côté dangereux très intéressant. »

HDC : Si tu devais me citer un(e) artiste qui te fait vibrer ?

CK : Mais c’est super compliqué ! Je viens de te dire que j’écoute plein de truc… Bon évidemment il y a Pink Floyd que j’ai écouté toute mon enfance et qui accompagne tous les moments de ma vie, mais ce serait trop évident. Non je sais ! C’est une artiste norvégienne que j’ai découvert là-bas, en route pour voir une aurore boréale. Elle s’appelle Aurora  justement et sa voix est juste magique, on dirait la voix de la banquise, c’est complètement planant.

 

HDC : Claire, comment tu définirais ton rapport aux réseaux sociaux ?

CK : Alors déjà, je ne suis pas fan de Facebook et d’Instagram. Par contre j’ai un lien particulier avec Twitter. Ce réseau est dingue. Moi j’y suis depuis 10 ans et il y a des gens avec qui j’interagis peu, et parfois même pas du tout, et bien j’ai l’impression de les connaitre. Tout le monde passe son temps à cracher sur Twitter mais moi je trouve qu’il y a une espèce de deuxième fond vraiment à part et très chouette. D’ailleurs, je vais t’avouer un truc, mon rapport avec Twitter est addictif, il n’y a pas d’autre mot. C’est une drogue. C’est-à-dire que même si je ne publie ni ne like rien pendant plusieurs semaines, je vais sur Twitter absolument tous les jours. Je suis abonnée à une quantité astronomique de journalistes, de lanceurs d’alertes qui sortent tous les jours des dossiers un peu lourds ; du coup je contrebalance nettement en suivant aussi des comptes qui font du grand n’importe quoi, si possible un peu trash, justement pour digérer tout ça. Ce réseau est une source d’émotions extrêmes. Moi je peux fondre en larme devant un post et l’instant d’après rire aux éclats avec une publication rigolote. C’est vrai que ce n’est pas très équilibrant mais j’adore ça. Il y a aussi un côté dangereux, comme tout grand média peut l’être, mais c’est très intéressant.

HDC : Comment est né #ChansonPourLesIeuvs ?

CK : (rire) Et bien… J’ai arrêté de fumer ! Bon, pas longtemps j’avoue mais le peu de temps où j’ai arrêté, j’ai eu une patate ! En fait je venais aussi de traverser une année particulièrement difficile sur le plan personnelle et je me suis dit qu’il fallait que je lâche prise. Je suis pourtant extrêmement mal à l’aise avec l’idée du selfie, de se mettre en avant… Après être restée longtemps enfermée, repliée sur moi-même, j’avais sans doute besoin d’exister et je me suis dit allez, envoyons la sauce, mais toujours dans l’humour et l’auto-dérision. Donc j’ai commencé par faire une reprise de « Take on me » de A-HA. Et j’ai halluciné sur les retours que j’ai eus. C’était inattendu de faire marrer les gens, de les faire fredonner aussi… Et ils étaient super partants pour le délire, en me proposant d’autres reprises notamment. Alors c’était parti. Je me suis simplement montrée telle que je suis, je me suis fait plaisir et j’ai eu l’impression d’en donner un peu aux gens aussi…

« Je suis une sérivore confirmée, en mode binge-watching. »

HDC : C’est vrai que tu as enchanté notre confinement avec ces chansons. J’imagine que tu as aussi eu le temps de bouquiner pendant cette période bizarre ?

CK : Etonnamment, j’ai eu beaucoup de mal à lire pendant le confinement, alors que c’était le meilleur moment pour dévorer. Mais je m’y suis remise et si je dois citer quelques livres, comme ça, au débotté, je te dirais « Avant que j’oublie » de Anne Pauly pour l’émotion qu’il engendre et l’humour sous-jacent ; Le premier livre de mon amie Isabelle Carré « Les rêveurs » avec sa manière d’écrire si personnelle et atypique, pour moi c’est une vraie auteure ; « les serpents cosmiques » de Jeremy Narby pour son intelligence et son ouverture d’esprit ; « l’œil du silence » de Marc Lambron, qui raconte la vie de Lee Miller, parce que si tu me demandes qui je voudrais interpréter au cinéma, sans hésiter c’est Lee Miller !

HDC : Tu as peut-être regardé des séries alors ?

CK : Alors là par contre, je peux ne pas sortir pendant des mois entiers, en mode zombie, et ne pas décrocher avant la dernière seconde du dernier épisode (rire). « Six Feet Under » est LA série qui m’a donné envie de regarder des séries. Depuis, je suis une sérivore confirmée, c’est-à-dire dans l’excès, en mode binge-watching. Je regarde absolument toutes les séries sur toutes les plateformes ! Par exemple « Black Mirror » qui pour moi est vraiment une grosse claque ; « Breaking Bad », « Game of Thrones », « The Handmaid’s Tale », j’ai adoré « Ozark » qui est à mon avis une série incroyablement sous-cotée … etc…

HDC : Et en séries françaises ?

CK : La grosse fierté française pour moi, c’est « Le Bureau des Légendes » évidemment ! Avec une production monumentale, un scénario incroyable et des acteurs énormes… Tu sais que ça cartonne à l’internationale et notamment aux U.S. ? Une série absolument géniale… Bon à part le dernier épisode qui m’a extrêmement déçue. J’ai le droit de le dire ou il faut une carte spéciale ? (rire)

Selfie pour les lecteurs de AOW

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