Monday, September 27, 2021

Les Héros oubliés de la Musique, Tome 3 : New Model Army

Héros de la musique tombés dans l’oubli, les New Model Army valent pourtant bien plus que cela.

Déjà, ils font partie des quelques poignées de groupes qui, dans la deuxième moitié des 80’s, ont jeté les bases de ma formation de passionné aux côtés des Bauhaus, Cure, Smiths, Joy Division, Cocteau Twins, Noir Désir, Clash, Pixies, Nick Cave et autres. Oui, vous l’aurez compris, j’étais un jeune corbac.

Mais alors que tous ces artistes continuent encore aujourd’hui d’être cités ou diffusés, les New Model Army eux ont été remisés au placard dès le début des 90’s, bien qu’ils ne se soient jamais vraiment arrêtés et continuent de sortir des albums. Certes, ils sont moins bons depuis cette date mais pour ce qui est des années 80, ils les ont traversé de part en part avec panache et brio.

Je n’ai donc jamais compris cette injustice criante à mes yeux et je vais tenter ici, à ma modeste échelle, de la réparer. NMA est un groupe britannique fondé en 1980 par Justin Sullivan et tire son nom de la présence militaire lors de la guerre civile anglaise.

Ils font des tournées sans grand succès et il faut attendre 1983 pour qu’ils sortent leurs premiers singles Great Expectations et surtout Bittersweet riche de cinq titres dont le puissant Betcha qui contient déjà tout le son de New Model Army. Une charge, un hymne hargneux portés par une grosse basse, des roulements de batterie et la voix rocailleuse du leader soutenue par celles de ses comparses en chœur.

Ils sont diffusés par John Peel, quelques passages TV et leur premier album Vengeance se hisse en tête du classement indépendant britannique devant les Smiths. Tout y est bon.

 

Ils enchaînent l’année suivante avec le tout aussi résussi No Rest for the Wicked :

Puis en 1986 avec le guerrier The Ghost of Cain nommé “album de l’année” par le Times.

En 1987, ils ne changent pas d’un iota avec le mini-album éponyme New Model Army.

 

L’album suivant Thunder & Consolation sort en 1989, considéré par beaucoup comme le meilleur du groupe. Cet opus oscille entre changement et continuité. On y retrouve les « chansons-déboulés » qui sont la marque de fabrique de la maison (I Love the World) mais on y décèle également des accents plus folk avec notamment l’introduction d’un violon (Vagabonds). Les guitares s’y font aussi plus épaisses.

L’album suivant Impurity est celui qui fait rentrer NMA dans une nouvelle décennie mais également celui qui amorce cette longue desente qui les fait sombrer tout doucement dans l’oubli. Le son se fait plus lourd (lorgnant même vers le hard rock), un son taillé pour les stades… mais des stades vides. On y trouve tout de même cette belle ballade Marrakesh.

En 1993, le bien nommé The Love of Hopeless Causes confirme le déclin (malgré, là encore, une belle petite chanson These Words).

Après j’ai décroché, obligé d’admettre que leur musique n’est plus en phase avec son époque.

Les disques continuent de s’égrainer, mais plus rien ne pourra changer la donne. Le rendez-vous de NMA avec la gloire et la reconnaissance est définitivement raté. On se remémore le groupe de ci de là pour des mauvaises raisons (les hideuses pochettes, la bande de fans-punks à chiens acharnés qui les suivait partout en tournée, leur dégaine affreuse).

Alors oui, à l’écoute des albums des trente dernières années, cela se comprend. Mais comment expliquer que leur discographie exemplaire des 80’s, ce déferlement de bombes sonores, ait à ce point été mise sous silence, balayée sous le tapis de l’histoire du rock ??

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