Friday, July 1, 2022

METAL : où sont les femmes ? (*mets sa perruque Patrick Juvet).

On connaissait déjà le mouvement des Riot Grrrl qui a émergé durant les années 90 aux Etats-Unis, en pleine période Grunge avec des formations comme BIKINI KILL, L7, BABES IN TOYLAND, SLEATER-KINNEY. Ces groupes féminins revendiquaient clairement la place des femmes dans la musique indépendante. Et elles l’ont gagnée !

La planète Metal, qui sent bon la bière, le moshpit et la sueur, se veut parfois assez (voire trop) macho et délaisserait les femmes ? Certes, les groupes composés d’hommes sont pléthoriques dans ce genre mais des formations où la gent féminine exerce (ou exerçait) son talent existent depuis la vague Heavy Metal des années 80.

Le chant guttural caractéristique du Death Metal est d’obédience plutôt masculine. Pour autant, c’était sans compter sur la capacité sans limites des femmes à nous surprendre agréablement. Il suffit d’écouter KONVENT ou ARCH ENEMY pour réaliser la qualité des growls (comme des compositions du reste) dont bien des groupes masculins de (Death) Metal devraient s’inspirer pour atteindre un tel niveau.

La femme étant l’avenir de l’homme, donc du Metal par extension, voici 7 groupes européens, de style différent, partiellement ou complètement féminins, qui valent le coup de jeter une oreille attentive car c’est avant tout de la bonne musique.

Death Metal 

KONVENT

kovent, femme

Que dire de ce magnifique quatuor de Death Doom Metal danois et de leur dernier album Call Down The Sun ? La musique concoctée dans les contrées du nord par ces quatre jeunes femmes est une tuerie absolue et un véritable vent de fraîcheur. La musique reste naturellement ancrée dans le Doom avec des growls d’une qualité incroyable et des compositions bien lourdes. En résumé, un disque juste excellent qui bénéficie, en plus, d’une production léchée. Gros coup de cœur !

Extrait : Pipe Dreams

ARCH ENEMY

arch enemy

Toujours en provenance du nord, de Suède cette fois-ci, déboulent les ARCH ENEMY portés par la charismatique Alissa White-Gluz dont les prouesses au chant (tant guttural que lyrique) constituent un véritable tour de force. Retenons l’album de Death Metal Mélodique (et ouais ça existe) Anthems of Rebellion paru en 2003.

Extrait : We Will Rise

SISTERS OF SUFFOCATION

sisters odf suffocation

En provenance des champs de tulipes, voici les Néerlandaises de SISTERS OF SUFFOCATION qui jouissent d’une bonne réputation dans leur contrée et en Belgique. C’est technique et ça envoie du bois sévère.

Extrait : Brutal Queen

Heavy Metal

ROCK GODDESS

rock goddess, femme

On quitte donc le Death Metal pour revenir 40 ans en arrière avec les Anglaises de ROCK GODDESS qui ont marqué la scène internationale des années 80 de leur empreinte en sortant 3 albums de Heavy Metal avec quelques hits inoubliables pour les amateurs et amatrices.

Extrait : Hold Me Down

GIRLSCHOOL

Dans la même veine musicale et la même période, on reste en Angleterre avec les GIRLSCHOOL qui compte désormais la bagatelle de 13 albums studio. Le groupe est toujours actif et tourne encore, pratiquant son Heavy Rock/Metal qui n’est pas sans rappeler l’influence et les sonorités de MOTORHEAD. Rock’n roll !!!

Extrait : C’mon Let’s Go

Speed & Thrash Metal

FURIES

Et cocorico avec les FURIES qui pratiquent un Speed/Thrash Metal avec des compositions de haute tenue qui évoquent les heures de gloire du groupe allemand HELLOWEEN. Point de growls ici, la voix se veut mélodieuse, posée et claire.

Extrait : You and I

BURNING WITCHES

Pour finir ce tour d’horizon, on file chez nos voisins suisses pour découvrir les BURNING WITCHES qui nous concoctent un Speed Metal véloce et précis, un peu à la ACCEPT.

Extrait : The Circle Of Five

Conclusion

« LE » festival de Metal par excellence qui se déroule à Clisson (44), le bien nommé HELLFEST compte près de 25% de femmes parmi son visitorat (certes, c’est moins que pour un concert de Julien DORE mais cela fait plaisir à voir). Il y a donc une audience et un intérêt manifeste des femmes pour les musiques dites extrêmes.

Ceci-dit, il reste encore une sacrée marge. Selon le Centre de La Musique, les festivals français, proposent 14% de groupes/artistes féminins à l’affiche et seulement 3% pour le HELLFEST. La valeur d’un groupe, c’est surtout en live qu’on la voit, qu’on ressent l’énergie, le charisme, l’émotion voire la communion avec le public (il suffit d’ailleurs d’assister à un concert de PORTISHEAD pour le réaliser). Du coup, des évolutions en termes de diversité et d’équité doivent être conduites. L’écosystème événementiel musical doit faire sa mue pour faciliter et densifier la présence scénique des musiciennes dans les genres extrêmes car la qualité est là.

La musique s’écoute, certes, les plateformes le permettent facilement et il suffit d’être curieux et de fouiller. Mais après 2 ans de COVID et de privations, la musique se vit. Et qui est le mieux placé pour représenter la vie ? La femme.

PLAY IT LOUD!

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