Aversions libère sa fureur élégante avec “Base Case”

Il y a des groupes qui empruntent les chemins tracés, et puis il y a Aversions. Le trio de Vancouver taille sa propre voie dans l’underground post punk avec une formule qu’ils qualifient eux-mêmes de lush brutality — une brutalité luxuriante, à la fois rageuse et élégiaque. Une sorte d’équilibre instable entre le chaos et la grâce, quelque part entre le post-hardcore chirurgical, les premières noirceurs goth et les tremblements noise rock.

Aversions dynamite les codes avec “Base Case” et leur “lush brutality”

Leur nouveau titre “Base Case”, extrait de l’album Empty Century, incarne ce virage vers l’extrême : plus sombre, plus dense, plus viscéral que leurs précédentes sorties. Ici, tout est tension. Les guitares ne tranchent pas, elles écorchent. Le chant, à mi-chemin entre la plainte et l’exorcisme, prend aux tripes. Et pourtant, au milieu de ce déluge sonique, une forme de structure tient bon, presque rassurante — comme un phare gothique au cœur de la tempête.

Avec Empty Century, Aversions ne se contente pas d’explorer de nouveaux territoires, ils les réduisent en cendres pour en ériger d’autres. De l’hymne goth “Kind Word” à la lourdeur sabbathienne de “The Cockroach”, chaque morceau pousse les potards à fond, sans sacrifier l’intention ni la rigueur.

Repérés par Bandcamp, relayés par Exclaim!, encensés par les ondes indé canadiennes et par nous évidemment, Aversions avance à la force du poignet. “Le groupe le plus bosseur de l’ouest canadien”, dit-on à CJSW Calgary. Mais au-delà des louanges, c’est leur sincérité abrasive qui fait la différence : pas de hype creuse, juste de la sueur, du bruit, et une volonté farouche de durer.

Aversions ne fait pas dans le confort. Et tant mieux.

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