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Game of Thrones : un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.

Game-of-Thrones

 

Ce que je m’apprête à faire va me conduire à ma perte. Je vais me suicider sous vos yeux. Et vous m’en voyez navrée.

Vous commencez à me connaître cependant et si je peux être tranchée, je ne suis jamais foncièrement dans le négatif. J’ai peur du noir. Comme d’autres ont peur de l’hiver.

Winter is coming donc.
Game of Thrones.

Je précise qu’en plus d’être déloyale, je vais un peu spoiler. Faute avouée… mais au moins j’ai conscience qu’il y a encore des gens vierges de GOT. Ce qui n’est le cas d’aucun des personnages de la série donc, érotisée pour les beaux yeux du petit écran. Le sexe, c’est vendeur.

Alors que vous étiez tous en train de spoiler (y’a pas que moi donc) la toile, pousser des “hourra” et des “encore” ; moi j’attendais. L’hiver faut croire. L’envie aussi. J’ai commencé Game of Thrones voilà plusieurs mois. Confiante, je me suis enchaînée les premiers épisodes avec un froncement de sourcil qu’il n’était plus possible de masquer.

J’ai donc fait une pause. Une grande pause. Le temps d’une saison à peu près. Le temps que vous vous mettiez tous à regarder, me faisant passer pour une ringarde réac.

Et ce week-end, pour coller à l’actualité française, j’ai replongé avec l’assiduité d’une élève repentante. Motivée par votre ferveur, j’ai mis mon manteau le plus chaud, et j’ai essayé de regarder les Lannister et les Stark s’écharper sans médire.

Déjà bon, ils étaient obligés d’être aussi nombreux les mecs ? Non parce que niveau budget, je pense que Richard Burton peut aller rhabiller sa Cléopâtre.

Après faut aussi se mettre d’accord : on a besoin de figurants mais on n’est pas obligé de les faire parler. S’ils ont réussi un beau casting pour les personnages principaux, je suis au regret de vous dire que donner la parole aux seconds ou troisièmes rôles est parfaitement ridicule. A peu près autant que les sourcils de Khaleesi (et c’est parti pour le jet de pierres, allez-y, j’ai mis un casque). Certains sauvageons et certains barbares du côté des mecs torse poil me semblent tous simplement anachroniques : crêper les cheveux et enfiler des haillons fraîchement tailladés c’est une chose, pas suffisante pour que j’arrête de me dire qu’ils sont nés dans les années 1990.

Ça, c’était pour les critiques directes. Parce que malgré toutes mes piques balancées allégrement, j’aime bien.

Game of Thrones – série médiévale-fantastique (ça nous change des séries médicales, avouez) réunit tout ce que j’aime : des complots tordus, un jeu de chaises musicales mais où la chaise est un trône (de fer) (suivez un peu), des méchants absolument révoltants, des promesses de bouleversements qui vous font tenir en haleine jusqu’à la fin de la saison. Et même après. Oui parce que si ça se regarde avec plaisir, faut quand même avouer que niveau molassitude, ils se posent là. A part quand ils nous occient… oxient ? oO Occ… qu’ils nous décapitent vous-savez-qui. J’étais révoltée.

Prenez le Joeffrey par exemple. Etre odieux à ce point relève du défi. Déjà qu’il avait une tête à claques, au fil des épisodes, il est monté en grade et pas que sur le trône.
Pas mieux du côté de la reine mère. Ça ne suffit pas d’avoir de beaux cheveux. Cela dit, depuis que son fils est devenu Roi, elle passerait presque pour un enfant de choeur.

En parlant de mère courage, je n’ai pas évoqué la parfaite Catlyn Stark parce qu’en plus d’être sublime, elle a une classe de dingue, très moderne dans son indépendance et toujours bien coiffée. Les chiens ne font pas des chats : quand on voit le chemin que prend son fiston Robb, on comprend mieux.

En parlant de cheveux, je m’interroge : le type qui porte deux tresses en guise de barbe : c’est pour palier un manque de poils ? est-ce que vous pensez qu’il les détresse tous les soirs en se couchant pour les brosser ?

Mes questions perturbent souvent mes séances de visionnage.

Du côté de la blondinette chez les barbares, la Khaleesi, Daenerys de son p’tit nom : ben moi, vous voyez, je commençais à la trouver intéressante (et ce, dès que j’ai réussi à faire abstraction de ses sourcils et de sa bouche sûrement siliconée). Elle était même passionnante dès qu’elle se trouvait à côté, très à côté – de Khal Drogo : elle avait toute mon attention et lui tout mon amour. Euh. Hum.
A un moment, j’ai même cru qu’elle allait nous faire un remake de “Ni Putes Ni Soumises”. Mais ça, c’était avant. Avant qu’elle nous ponde des dragons. Parce que là clairement, on a basculé dans Jurassic Park.

Ne vous méprenez pas, j’aime beaucoup les dragonnosaures.
Pareil : j’adore les zombies. Et ô joie, apparemment Game of Thrones a vraiment tout réuni parce que figurez-vous que les vilains méchants pas beaux qui vivent de l’autre côté du mur, les chevilles enfoncées dans la neige immaculée, ne sont rien d’autre que des morts-vivants ! Trop cool.

J’ai beau avoir l’air de celle qui trouve toujours un truc à redire, j’aime bien. J’aime même beaucoup. L’image est belle. Le personnage de Tyrion Lannister est magnifique. Ils ont réussi à faire de ce nain ignoble, vil, un personnage drôle et sexy. Oui. Sexy. Pas autant que Drogo mais il a un truc. Pis il est riche. Et un Lannister paie toujours ses dettes.

J’ai plaisir à suivre toutes ces familles et ces royaumes (parce que visiblement ils se sont tous déclarés rois les mecs, comme ça, pas de jaloux). Je me languis de revoir Jon Snow. Je détourne les yeux quand on se retrouve en présence du fils Arryn qui tète encore son hystérique de mère. J’apprécie les joutes entre Tyrion et le mercenaire Bronn. Je compatis avec Sansa Stark qui n’a quand même pas de bol. Déjà qu’elle était rousse, maintenant elle est coincée chez le despotique. Pauv’ gosse. Je crois au poids des épées qui défendent des honneurs divergents. En bref, je passe de bons moments, c’est une bonne série, je suis juste vaguement déçue d’avoir cru devoir mettre la barre si haute.

Pis déçue aussi car il n’y a pas de licornes. Mais c’est un autre débat.

Games of Thrones : le trailer


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