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REWIND. Il y a 30 ans, les SONIC YOUTH sortaient l’excellent Dirty, l’un des meilleurs albums des 90’s.

Le temps passe (trop) vite et il y a quelques jours à peine, Dirty, le 7ème album des fondateurs du Noise Rock, SONIC YOUTH, soufflait ses 30 bougies.

SONIC YOUTH a été formé à New-York au début des années 80 et s’incarne autour de Kim Gordon (basse, chant), Thurston Moore (guitare, chant), Lee Ranaldo (guitare, chant) et Steeve Shelley (batterie).

Arty, dissonant, précurseur et surtout grand influenceur (c’est à eux que l’on doit NIRVANA entre autres), SONIC YOUTH signe ici un album résolument Rock, produit par l’incontournable Butch Vig (producteur du fameux Nevermind de NIRVANA) qui lui donne un son claquant et moderne, moins crade même si, en 1992, le Grunge est à son apogée.

L’artwork

La pochette du disque, signé Mike Kelley (célèbre plasticien américain) est reconnaissable immédiatement. On y voit une petite tête de poupée aux airs ambigus. On ne sait pas trop déterminer la nature du rictus : joie, tristesse, les deux ? Comme souvent avec SONIC YOUTH, il y a toujours une douceur amère.

Avec ses 15 titres, Dirty est l’un des meilleurs disques de Rock Indépendant et Alternatif.

L’album est une vraie réussite (pas uniquement commerciale d’ailleurs) et alterne les moments calmes, les envolées planantes, les tensions et la pure sauvagerie sonique. SONIC YOUTH épure son style au maximum délaissant les structures complexes notamment présentes sur Daydream Nation (5ème et meilleur album à mon sens) et ses expérimentations.

100 % ouvre le disque de façon entraînante, mêlant une basse entêtante et des riffs noise. Comme d’habitude, SONIC YOUTH ne rate jamais les morceaux qui ouvrent leurs albums. A noter que la chanson est dédiée à leur ami Joe Cole, roadie de BLACK FLAG, tué l’année précédente.

Swimsuit Issue enchaîne en mode roulements de tambours et parties de guitares noise. La voix rageuse de Kim Gordon fait le reste.

Theresa’s Sound-world est juste magnifique, une pure composition à la fois sonique et mélancolique. Toutes les dissonances sont pesées et s’emmêlent à la perfection. Le titre me fait penser à l’expression d’une douleur profonde tout en contrôle.

Drunken Butterfly déboule en mode grosse gifle, le riff et le refrain sont une pure tuerie : I love you I love you what’s your name? Sans conteste l’un des meilleurs titres de l’album (et du groupe).

Shoot se veut à la fois planant et inquiétant. L’ambiance y est cotonneuse à souhait. Assurément l’un de leurs meilleurs morceaux calmes du groupe. Le duo basse/batterie fait des merveilles et la voix de Kim Gordon y est sexy à souhait.

Wish Fulfillment enchaîne avec un arpège et la voix mélodieuse de Lee Ranaldo fonctionne à merveille dans cette pépite Pop néanmoins pourvue de breaks noisy.

Sugar Kane est juste l’équilibre parfait entre les dissonances et le format rock et le refrain reste en tête en mode Ad Lib. Clairement l’un des hits de l’album qui sortira d’ailleurs en format single.

Orange Rolls, Angel’s Spit envoie directement du lourd avec un riffing bien noise et la voix rageuse de Kim Gordon. Un titre sous haute tension sonique.

Youth Against Fascism envoie une ligne de basse tendue comme un slip complétée par les riffs de guitare noisy. Très politique, résonnant comme un hymne (its’ a song I hate!), on y note également la présence de Ian MacKaye, guitariste de FUGAZI, venu prêter main forte pour l’occasion.

Nic Fit est une reprise Punk Hardcore des UNTOUCHABLES pour le moins véloce.

On the Strip est une petite douceur Indie Pop mid tempo gorgée d’effets wah wah.

Chapel Hill est certainement l’un de mes titres préférés du disque. Il propose un riff imparable jusqu’au milieu de la chanson pour aboutir à une partie noisy à souhait. Un régal.

JC est une pause dissonante, plutôt calme mais débordante de tension et de mélancolie. On ressent dans la voix de Kim Gordon une rage intériorisée, tout en maîtrise.

Purr est pour ma part un pur (ah aha) moment de bonheur, une vraie petite perle. Son petit riff d’intro nous entraîne dans une partie de brise nuque bien Rock.

Crème Brûlée achève l’album sur une espèce de riff bluesy joué à la cool avec la voix fragile de Kim Gordon.

Conclusion : un disque indispensable

Certes, pour les fans absolus de SONIC YOUTH, Dirty est un très bon album mais peut-être pas le meilleur (Daydream Nation est au-dessus du lot) mais ne boudons pas notre plaisir. Le disque, disposant d’un son excellent, est parfaitement équilibré, catchy grâce à des mélodies imparables et sonne toujours aussi bien 30 ans après.

SONIC YOUTH livre avec Dirty une œuvre moins expérimentale et plus accessible au grand public mais sans pour autant renier les fondamentaux qui font sa singularité : dissonances sournoises, virulences punk et douceurs Indie Pop. A classer juste à côté de Nevermind de NIRVANA et à écouter sans modération.

PLAY IT LOUD!

Sonic Youth (Photo by Chris Carroll/Corbis via Getty Images)
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