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The art of the brick est-elle vraiment l’exposition à voir absolument?

The art of the brick est une exposition de statues faites en briques de Légo par un artiste américain, Nathan Sawaya. Cette exposition, qui a déjà été montrée dans une pelletée de grandes villes (Londres, Amsterdam, New York, Sidney, Singapour…) est présentée à Paris du 15 mai au 30 août 2015, au pavillon 8 du Parc des expositions de la Porte de Versailles.
Une presse unanime cite cet événement comme the place to be, un truc à ne pas rater. La chaîne d’info CNN la présente même comme « l’une des 10 expositions à ne rater pour rien au monde ».

N’écoutant que mon sens critique, je me suis donc empressé d’aller y jeter un cil. Et j’ai invité mon filleul Arthur âgé de 5 ans à m’accompagner, histoire de voir si l’expo convient aussi aux jeunes enfants.

Je te propose de commencer par la visite d’Arthur sur laquelle j’ai fait un petit film. Tu pourras y voir des pièces que je n’ai pas photographiées (notamment l’impressionnant dinosaure) et donc mieux comprendre ce que j’écris après….

A l’entrée, on te donne un audio-guide avec une version adultes et une version enfants. J’ai testé les deux et si la version enfant se met bien au niveau de nos chères têtes blondes, la version adulte est d’une affligeante mièvrerie, comme ceci (pour décrire un violoncelle) :

« (…) Je pense que la majorité des gens s’imaginent qu’il peut produire de la musique, hélas il est en plastique et ne jouera donc pas ».

Ceci déclamé avec un ton dépourvu de la moindre trace d’humour…le reste est à l’avenant et si l’audioguide occupe bien les enfants en leur donnant une raison de ne pas décrocher de l’expo (ils courent d’une pièce à l’autre en cherchant les numéros à écouter), la version adulte est aisément dispensable.

La visite

Il y a une centaine de pièces réparties thématiquement dans un labyrinthe habillé de feutrine noire et chichement éclairé. On commence par un film où Nathan Sawaya explique sa démarche. Cet ancien avocat qui a toujours bien aimé les Légo a commencé un jour à créer des pièces uniques et a réussi à les vendre. Il a donc décidé d’en faire son métier (je résume, hein, parce que le film sent bien son storytelling super travaillé et plus évocateur que sincère). Le visiteur entre ensuite dans une première pièce censée reproduire l’atelier de l’artiste. On y trouve ses œuvres de jeunesse, assez simplistes et plutôt naïves comme ce croisement de girafe et de zèbre….

Après cette mise en bouche, on attaque les choses sérieuses dans une succession de pièces présentant des reproductions d’œuvres d’art. Des statues grecques comme la Venus de Milo ou la Victoire de Samothrace, des tableaux comme la Joconde, l’autoportrait de Rembrandt ou le Cri de Munch ainsi que la rosace de la cathédrale de Chartres. C’est techniquement remarquable mais ce travail de reproduction en plastique n’est pas très émouvant.

L’artiste ne s’est pas contenté de reproduire, il a aussi créé. Des pièces à l’inspiration humaniste prononcée où le corps humain est magnifié. Un homme qui escalade un rocher, un couple de retraités bedonnants (pour symboliser l’amour éternel), un homme qui s’arrache d’une montagne, un homme qui repousse un mur…Il y a clairement un fil conducteur dans les travaux personnels de Sawaya, un message.

L’artiste veut nous pousser (pas très finement) dans une direction. Et si la seule contemplation de ses créations ne suffit pas, écouter l’audioguide ou lire les commentaires édifiants qui accompagnent les œuvres permettent de mieux situer le truc…

« Nagez à contre-courant! Suivez votre propre chemin, trouvez-y votre courage »

« Célébrons la différence, si nous avions tous la même tête ce monde serait plutôt triste, n’est-ce pas? »

« Une main levée signifie ‘aidez-moi’. Une aide que nous pourrions tous offrir aux autres un peu plus souvent. »

Une espèce de prêchi-prêcha humaniste qui dégage, je trouve, quelque chose d’un peu gênant. C’est à se demander si l’exposition est financée par l’Eglise de Scientologie!

Rien ne vous oblige à vous infliger cette communication mielleuse. L’exposition se suffit à elle-même et les commentaires de l’artiste (et de son équipe communication) sont dispensables.

Faut-il y aller?

Oui c’est une expo impressionnante et qui vaut le coup. Avec des enfants, pourquoi pas, mais plutôt des pré-ados. Une fois passé l’attrait de l’audioguide, mon neveu (de 5 ans) s’est bien vite ennuyé. Il a traversé l’expo au pas de charge pour voir le dino (la dernière pièce) et surtout passer un temps infini dans l’espace jeux video.

Infos pratiques

Tu peux trouver toutes les infos nécessaires sur le site internet officiel de l’expo: le site art of the brick.
Je te recommande de réserver ta place en ligne, pour ne pas faire la queue car le nombre de visiteurs simultanés est limité. Donc tu as un créneau pour visiter et si tu viens sans avoir réservé, tu risques d’attendre longtemps avant d’entrer. Pour pré-commander ton billet, c’est là: acheter son billet coupe-file pour l’expo.

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