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The Revenant / la critique

di caprio the revenant                                                                 Souffrances dans la neige

Alejandro Gonzales Inaritu est un réalisateur adulé par la critique et ce depuis ses débuts avec Amour Chiennes en 2000. Ses films suivants 21 grammes, Babel et Biutiful sont tous considérés comme des grandes œuvres. Il faut cependant reconnaître que le réalisateur a une tendance au pathos excessif et à une certaine lourdeur qui rendent ses films ,à mon sens, assez indigeste : 21 grammes manque de recul, Babel est une leçon de morale franchement balourde et Biutiful est à la limite de l’irregardable. La personne qui écrit ces lignes n’est donc clairement pas un admirateur et il a fallu le très bon Birdman pour commencer à me convaincre du talent du bonhomme. Évidemment, le sujet de ce Revenant a tout pour faire saliver : un survival historique prenant comme concept une traque entre deux badass en milieu hostile. Avec ses 130 millions de dollars et son casting de rêve, on avait le droit d’attendre un grand film, seul la présence du réalisateur mégalomane pouvait faire frémir au premier abord, mais alors qu’en est-il réellement ?

Et bien il faut reconnaître que Inaritu a pris du galon est que son film est une vraie réussite, surtout au niveau formel. Le tournage dantesque étalé sur des mois dans un froid atroce a payé, en effet, The Revenant est un des films les plus beaux de l’histoire du cinéma, les paysages sublimes enveloppés dans des cadres confinant à la perfection ne peuvent laisser insensible, on est bien devant du grand cinéma. Servi par un casting extraordinaire avec en tête un DiCaprio qui n’a de cesse d’être génial et un Tom Hardi qui s’impose comme l’acteur le plus impressionnant de sa génération, le métrage est époustouflant et les sévices imposés à son personnage principal son comme des coups de hache à la tête du spectateur qui se voit offrir une expérience sensorielle sans égale. On est bien loin du blockbuster populaire débilisant, le film est violent, cruel, beau, fascinant et jusqu’au boutiste, la scène déjà célèbre de l’attaque de l’ours restera dans l’histoire du cinéma, le film ayant les arguments pour devenir un classique.

Malheureusement le film n’est pas dépourvu de défauts, en effet, la durée est peut-être un peut excessive (2h36 tout de même) et certains écueils finissent par apparaître : des effets de mise en scène parfois redondants, un rythme étrangement en decrescendo, des personnages aux motivations légèrement trop manichéennes, ainsi qu’une volonté un peu inutile d’injecter une poésie grâce à des scènes oniriques plus ou moins ratés. Le film est donc une totale réussite sensorielle mais l’est beaucoup moins au niveau émotionnel. Inaritu s’élève au rang de grand cinéaste mais possède encore quelques défauts qui, on l’espère, seront corrigés dans ses prochains films.

Bilan : Un grand film visuel en forme de chemin de croix pour ses personnages. Il manque juste un peu d’émotion pour en faire un véritable chef-d’oeuvre.

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