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«Voter or not voter… » Russell Brand se la joue shakespearienne.

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Le comédien Russell Brand s’est vu confier le temps d’un numéro le poste de rédacteur invité du très sérieux british magazine «The New Statesman.» C’est dans ce cadre qu’il a été interviewé par Jeremy Pixman dans son émission BBC Newsnight’s…

Très rapidement le comédien admet qu’il n’a jamais voté et que cela sert actuellement à rien tant la politique est corrompue et pleine de mensonges… Ouais, ouais, ouais personnellement les personnes qui pensent qu’il y a complot mondial qui se trame derrière leur dos m’ont toujours un petit peu effrayé par leur dimension mégalo et fantasque mais bon continuons…

Concernant l’alternative à la politique en place, Brand propose «un système socialiste basé sur l’égalité et la redistribution des richesses, la forte taxation des entreprises et des compagnies qui exploitent les ressources environnementales»

A cela l’animateur Pixman lui demande si finalement il croit en la démocratie ? Brand lui répond que « la planète est en train d’être détruite, que l’on crée des disparités entre les classes très fortes, qu’on exploite les plus pauvres à travers le monde et qui finalement les vrais problèmes ne sont pas traités par la classe politique déconnectée de cette réalité.»

Bref pour Russell tout fout le camp…

Pixman provoque ensuite le comédien en lui disant qu’il est finalement facétieux. A cela il répond « La facétie a plus de valeur que le sérieux, nous n’allons pas régler les problèmes avec le système politique actuel. La facétie a le mérite d’être au moins plus drôle. » Bon j’ai résumé sa réponse tant bien que mal mais ce qu’on peut reconnaître à Russell c’est sa dextérité en joute verbale. L’homme fait preuve tout au long de l’échange d’un discours assumé, décomplexé et piquant.

Mais sur le fond ? Je veux dire quand Russell annonce « que c’est sûre, cela ne fait plus aucun doute, une révolution est en route, que la fin est proche et qu’il est temps de se réveiller.» Est-ce qu’il faut rire là encore?

Parce que moi personnellement je suis bon public, si révolution il y a, je veux bien marcher dans la rue et scander des slogans comme «pas content» plutôt que passer 10h00 à attendre pour rentrer dans la tour Paris 13. Mais ça va servir à quoi tout ça ? Je partage cette apathie dont fait part l’acteur. Ma résignation est assumée, je n’aime acter que ce sur quoi je pourrais avoir une incidence directe.

J’ai du voter une fois dans ma vie. Lorsqu’on me demande « Noé, t’as voté aux dernières élections ? » Je dis oui pour ne pas avoir à justifier un non. Non je n’ai pas voté. C’est mon choix et je l’assume. Je ne crois pas en la politique, je n’espère rien, je n’attends rien.

Mais je pense qu’aussi assumer de ne pas choisir, de ne pas être acteur de la politique de son pays, c’est faire le choix de se désengager. Pour autant que je porte la responsabilité de mon choix, je ne souhaite pas rallier d’autres personnes à ma façon de pensée. Par exemple, j’admire ma belle-sœur très engagée dans les causes sociales et féministes. J’admire ce dévouement et cette foi et il ne me viendrait même pas à l’idée de lui dire que tout ce qu’elle peut faire au quotidien est inutile. Parce qu’à son échelle elle l’est (utile). Déjà elle accepte que je squatte chez eux tout le temps que je le souhaite…

Plus sérieusement on pourrait me reprocher de penser de façon égoïste, et qu’au moins si je ne souhaite pas voter pour moi-même, de voter pour les autres. On pourrait aller encore plus loin en me disant que si le FN passe au prochaine élection ça sera à cause de ma façon de penser à la con. Mais je trouve ça personnellement aberrant, de reprocher à une minorité le choix d’une majorité !

Pour conclure, que Russell n’aille pas voter c’est son choix. Qu’ils disent aux autres que finalement cela ne sert à rien, c’est idiot.

Dernière minute ! Je viens de tomber sur le site wtf de Russell Brand, qui part prêcher la bonne parole au 4 coins du monde, on en parle (ou pas) la semaine prochaine. Bisous les chatons.

Toute l’interview dispo ici : 

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