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Zoolander 2 / La critique

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   Humour, Gloire et Beauté

Les grandes années du comique Ben Stiller semblaient bel et bien révolues. Après ces innombrables et désopilants sketchs pour la télévision américaine et sa période faste des années 2000 en tant que réalisateur ( les géniaux Zoolander et Tonnerre sous les Tropiques) et acteur ( Mon Beau père et moi, Starsky et Hutch) où les mimiques du petit brun hystérique faisaient rire la planète entière, l’acteur eut plus de mal à s’imposer dans notre décennie. Voulant à tout prix gagner ses galons de comédien dramatique en endossant des rôles de dépressif ( Greenberg, While We’re Young ) ou sortir des sentiers de la comédie en tant que cinéaste ( l’insipide La vie de Walter Mitty), Stiller n’était plus que l’ombre de son génie comique dans des films commerciaux, dont la franchise La Nuit au Musée, où son duo avec Owen Wilson faisait verser une larme aux nostalgiques de Derek et Hansel. Qu’en est-il alors de cette suite, 15 ans après ? Stiller a t-il su retrouver sa Derek attitude en toute excentricité ?

Au premier abord, il serait un peu exagéré de nous dire que la bande annonce pas drôle du tout, la liste de caméos what the fuck et le plombage du film par les critiques ricaines, nous donnaient envie d’aller voir cette suite de comédie sur l’univers de la mode. Mais après tout le 1 s’étant fait aussi défoncer gentiment la tronche et n’ayant eu qu’un succès limité en salles, il fallait courir le risque. Les premières images du film nous rassurent : Ben Stiller ne s’est pas assagi et la comédie présente des bonnes idées, loin de la suite opportuniste attendue. Les personnages sont délirants, les costumes changent à chaque plan, les petits caméos se montrent sympathiques ( génial Cumberbatch ) , les références au premier opus fonctionnent et l’on commence à retrouver avec délectation nos deux top décérébrés préférés. L’alibi scénaristique du fiston perdu et le décor sublime de la ville de Rome nous font même accrocher à l’histoire. Mais voilà tout ça c’était avant…

Avant quoi me direz vous ? Avant que le métrage ne parte dans la stratosphère du grand n’importe quoi et se perdent dans des effluves hallucinogènes et vomitives. Les quelques sourires que vous avez esquissé en début de séance deviendront des torsions de bouche nauséeuses, écœurées devant un gloubi-boulga de frasques excentriques et ininterrompues jusqu’à la fin du métrage. Des gags jusqu’au-boutistes et hystériques, qui assaillent le spectateur de toute part, des blagues nichons en passant par la psychédélique salle de gavage gerbante, jusqu’à l’apothéose finale d’encapuchonnés emplie d’effets spéciaux en passant par la légende biblique inventée et les références à Star Wars, James Bond ou Mission Impossible…On sent que l’humoriste a été trop longtemps frustré et se lâche à plein régime. Un film généreux, certes mais d’une générosité de mamma italienne qui a la main lourde sur les pâtes et qui risque surtout de nous écœurer.

Bilan : Fans de Zoolander, réjouissez vous Ben Stiller est de retour pour le meilleur….mais surtout pour le pire.

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