Saturday, June 25, 2022

Le moteur de la voiture fait du bruit mais pas suffisamment pour couvrir celui du clignotant. On tourne.

Chacun ses bruits, chacun ses souvenirs.

Moi, ça a toujours été les clignotants de voiture. Chaque voiture a le sien. J’aime quand ils sont sonores. Ils ne le sont pas tous. Certains se cachent, pour se faire oublier, d’autres crachent leur vulgarité comme on vomirait un poisson pas frais. Mes préférés sont ceux qui claquent avec classe dans un coup de fouet net et précis, qui fendent l’air sans excuse ni fausse modestie, à la limite de l’arrogance. J’aime le clignotant qui s’assume.

Il me berce.

Un cliquetis rassurant.

Clic.

Clic.

Une musique régulière. Et une odeur. Celle d’une femme.

Elle sentait le tabac et la menthe. Et le cuir. Et la vanille.

Elle mettait toujours son clignotant. Assise à l’arrière de la voiture, je l’écoutais parler. Je ne voyais que ses yeux clairs ourlés de noir dans le rétroviseur. Elle me parlait toujours de choses de grands, de choses sur la vie, le bien, le mal. Je ne comprenais pas mais je l’écoutais. Ses yeux me faisaient rire.

Ses yeux et le bruit du clignotant.

Son odeur.

La voiture s’arrête. Attachée, enfermée dans le coffre, je pense à ma maman. J’ai peur. 

La suite avec flou et disparition

Show More

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.