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Rootwork / Some of us may never bloom

samedi 11 février 2017 - Commentaire : 0

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Rootwork est une jeune pousse du Metal britannique qui balaye les conventions et ose tracer un sillon (un peu) original

Plus j’écoute du Metal, plus il m’est difficile de le catégoriser. Cet exercice de disquaire consistant à faire entrer une musique dans une case peut paraître un peu vaine à certains auditeurs, mais d’autres ont besoin de savoir où ils mettent les pieds, ne serait-ce que pour éviter de se risquer dans une musique qu’ils souhaitent éviter. Il y a des aventuriers, il y a des timorés et il y a nous qui devons donner envie aux premiers et rassurer les seconds. Bien sûr nous aimerions que vous fassiez aveuglément confiance à notre prose, rendant l’exercice de catégorisation inutile, mais vous admettrez que bien souvent, vous commencez par regarder de quel genre de musique il est question avant d’aller plus avant dans la présentation d’un projet.
C’était facile il y a quinze ans, quand les genres étaient encore clairement définis et hermétiques. Mais aujourd’hui, les groupes semblent tentés par l’hybridation. Ces derniers ne nous aident pas vraiment, choisissant eux-même d’inventer de nouvelles catégories improbables comme le Sludge – Pop. Le combo revendique une musique inspirée par TORCHE, BARONESS et MASTODON. Mais certains y trouvent aussi des réminiscences de QOTSA et MUSE.

Power trio composé de Max Woodhams (guitare, chant), Jamie Benzine (basse, backvoice) et Chris Booth (batterie, chant), ROOTWORK s’est formé à Farmborough fin 2013. Les trois amis se sont rencontrés sur les bancs de l’école et de la fac, ils partageaient une passion pour les musiques lourdes, saturées et mélodiques. Il n’en fallait pas plus pour les réunir en salle de répétition. La mayonnaise a si bien pris qu’en décembre 2015, ils publient leur premier EP Gallow Humour. Ce disque n’était pas juste une compilation de morceaux disparates mais, selon Max Woodham, “Gallows Humour parle de la recherche d’un humour noir dans les mornes et déprimants événements de la vie de tous les jours. Cet EP aborde des concepts comme l’insécurité, la perte de sens, le fanatisme et la désillusion. Parfois il vaut mieux en rire plutôt que de perdre la tête”. Enregistré, produit et mixé par le trio, le projet a reçu un bon accueil critique, incitant ROOTWORK à bosser d’arrache pied sur un deuxième disque, Some Of Us May Never Bloom sorti moins d’un an après. Sur une si petite distance, le groupe n’a pas vraiment fait un pas de géant, et même si les cinq nouvelles compos font preuve d’une agréable variété, on reste en terrain connu. Au niveau des intentions également, ce qui n’est pas vraiment étonnant, l’état du monde ne s’étant pas vraiment amélioré depuis décembre dernier ! Parlant du morceau d’ouverture, “Trust”, Max Woodham confie “Trust’ is about the many ways in which you can be failed, and the unwavering righteousness that takes hold in response.” L’EP aborde cette fois-ci des sujets comme l’échec, la dépression et la recherche de sa place dans le monde. Musicalement parlant, je trouve que ce deuxième effort se rapproche beaucoup de la musique des premiers albums de MUSE. Cela se ressent dans la rage engagée avec laquelle chante Max Woodham, alternant des refrains rentre-dedans avec des couplets plus mélodiques, les riffs plus catchy les uns que les autres, une rythmique pêchue et une construction musicale asymétrique. Complexes, des compos comme “Trust”, “Ozymandias” et “Outliers” ne se livrent pas du premier coup et demandent plusieurs écoutes pour être pleinement appréciées. A l’inverse, le single “Zero” est plus direct, donc plus simple à appréhender même s’il est desservi par un chant un petit peu trop sage.

Même si toutes les influences n’ont pas été gommées et si l’on entend parfois un peu de Matt Bellamy et de Josh Hommes dans leurs compos, ROOTWORK parvient à proposer une musique transgenres, cohérente mais surtout chargée de feeling.

rootwork

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