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Métaphysique du rock #10 Le transcendant Nick Cave (and the Bad Seeds)

lundi 5 octobre 2020 - Commentaire : 0

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Nick Cave and the Bad Seeds, c’est comme une quille de Pétrus. Excellent dès le plus jeune âge et qui ne cesse de s’améliorer (enfin, en ce qui concerne le Pétrus, c’est ce que disent ceux qui en boivent). De From her to eternity au récent Ghosteen, le groupe s’est inventé, réinventé et continue d’envoûter qui veut bien l’entendre.

Plus les années passent, plus les icônes disparaissent. Bon gré mal gré, on regarde dans le rétroviseur et on a l’impression de ne rien avoir à envier au tonton réac qui clame à qui veut l’entendre que « c’était mieux avant » et que « Quand même, il n’en reste pas beaucoup ». Puis « franchement, ils n’ont plus rien à voir avec ce qu’ils représentaient ». Oui mais voilà, pas tous.

Le sujet Nick Cave est épineux. Si Nicholas Cave, l’homme, apparaît comme un érudit musico-religieux, son alter-ego scénique cultive une dimension mystique. Bon ça c’est sur le papier puisque dans les faits les deux personnalités se rejoignent autour d’un thème central : le lyrisme. « I need you » illustre assez bien le propos. La chanson est dans la droite lignée de ce qu’a produit l’artiste les années précédant Skeleton Tree (2016), pourtant le récent décès de son fils Arthur change radicalement la portée du morceau. Comme si jusqu’à présent la mort n’avait toujours été présente uniquement par évocation et que, dorénavant, elle faisait partie de la musique, aussi réelle qu’impalpable.

La mort, la religion, l’amour sont autant de thèmes qui jalonnent les albums. L’omniprésence de ces sujets crée sans aucun doute une esthétique propre au groupe, esthétique incarnée par son leader et inspirée par la bible ou autres écrits plus romanesques comme ceux de Stoker et Melville. La figure de Cave est évidemment centrale, le nom sur les pochettes en atteste. Peut-être bien que la fascination qu’engendre l’entité Nick Cave and the Bad Seeds provient de l’aura de son chanteur, de ses textes et encore davantage de ses interprétations. Pour autant, lui attribuer tout le mérite serait inapproprié tant ses acolytes sont au diapason (mention plus que particulière à Warren Ellis).

Poser le diamant sur le vinyle et se laisser magnétiser

Parce que oui, plus que tout autre chose, leur musique est hypnotique. Qu’on regarde le clip de « The Mercy Seat » ou des images de concerts récents, ils nous offrent des morceaux d’une cohérence folle. Tout est maîtrisé de fond en comble et l’abandon à ces chansons n’apparaît que la seule option possible. Le sieur Cave tend une main (rouge) qu’il ne reste qu’à saisir.

Et qu’il serait idiot de ne pas la saisir ! Nick Cave est de la trempe des Bowie, Dylan ou même Morrison et Hendrix, à la différence notable qu’on peut toujours voir un concert grandiose de sa part. Une performance aux allures d’office, l’homélie en moins mais la transcendance décuplée. Lorsque des musiciens sont en transe sur scène, ils donnent la possibilité aux spectateurs d’assister à quelque chose qui les dépasse, quelque chose que les mots ne parviennent pas toujours à exprimer. Quand, de surcroît, ils font entrer lesdits spectateurs en transe, ils rappellent que la musique est avant tout une histoire d’émotions, quelque chose qui se partage et surtout d’incroyablement puissant. Une véritable communion, en quelque sorte.

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