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“Une terre promise”, dans l’intimité de Barack Obama

lundi 4 janvier 2021 - Commentaires : 2

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Si un jour on m’avait dit que je publierais une chronique sur un livre politique, j’aurais dit : « impossible ! ». Ou alors on me l’aurait imposé. Ou encore on m’aurait grassement payé. Comme quoi il ne faut jamais dire jamais… Parce que c’est avec un immense plaisir que j’ai lu le premier tome de l’autobiographie de Barack Obama, intitulé « Une terre promise ». Et c’est avec un enthousiasme non moins grand que je viens vous en parler, gratuitement cela va sans dire, et sans que personne ne m’ait forcé la main.

Que l’on ait des convictions politiques ou non, que l’on soit au fait des institutions américaines ou pas, on ne peut qu’être admiratif devant le parcours de Barack Obama. Si sa vie est un roman, son ascension professionnelle est résolument un mythe. De sa naissance en 1961 à Hawaï, jusqu’à son accession à la présidence de la superpuissance américaine, loin d’être un conte de fée ni un long fleuve tranquille, c’est un parcours du combattant, un chemin semé d’embûches qu’il nous livre sans fard. Issu d’un couple mixte qui se sépare très tôt, Barack s’oriente rapidement dans une carrière de travailleur social dans la banlieue de Chicago. Déjà cette envie de faire bouger les choses le traverse durablement, à la petite échelle des quartiers, dans les années 80. Puis, après des études laborieuses mais couronnées de succès et son diplôme d’avocat en poche, il enseigne le droit constitutionnel à l’université de Chicago. En parallèle, sa vocation à unir l’Amérique et les Américains grandit et il se lance dans la politique en 1997 pour devenir sénateur de l’Illinois pendant 7 ans. La suite, on la connait tous. Après une bataille fratricide contre ses amis démocrates, au premier rang desquels Hillary Clinton faisait figure de favorite, il obtient l’investiture de son parti pour aller défier et battre le républicain John McCain à l’élection présidentielle de 2008.

« Nous venons de différents endroits et avons des histoires différentes, mais nous partageons des espoirs communs et le rêve américain. »

La première chose qui saute aux yeux, à la lecture de ce pavé de près de 850 pages, c’est la qualité d’écriture. Obama, que l’on découvre amoureux de la littérature, a de toute évidence des aptitudes indéniables de conteur. Sa plume s’élève très au-dessus de la mêlée de celles des hommes politiques qui, au fil des années, nous ont exposé leurs vies. Il manie les figures de style, les digressions poétiques et autres métaphores avec une dextérité hors du commun, ce qui rend la lecture de ses mémoires aussi intéressante par la forme que par le fond.

Bien que visuellement pudique, le 44ème président des États-Unis d’Amérique ne se contente pas de nous parler de sa vie professionnelle. Il alterne habilement avec de nombreuses anecdotes sur sa vie privée, quitte à altérer sa réputation de mari aimant et de papa poule. En effet, il n’hésite pas, dans des élans d’auto-dérision, à égratigner sa légendaire photogénie et son aisance face aux caméras. Pire encore, il nous avoue que cette image de couple idéal qu’il forme avec Michelle a pu, par moments, n’être qu’un bonheur de façade.

« Il n’y a aucune excuse à ne pas essayer. »

Le destin même de cet homme, que peu de choses ne prédisposaient à atteindre les plus hautes fonctions, est assez hallucinant. Il nous explique d’ailleurs, et sans ambages, à quel point ce sont les évènements, parfois même les heureux hasards, qui l’ont porté aussi haut, beaucoup plus que son ambition. Il admet à de nombreuses reprises avoir dû avaler des couleuvres politiques, forcer sa nature empathique pour jouer des coudes et porter l’estocade à des adversaires en perdition, garder pour lui certaines rancœurs, et même quelques convictions profondes afin d’arrondir les angles et de rassembler plus largement ses compatriotes. Par ailleurs, il reconnait volontiers ne pas être allé aussi loin qu’il l’aurait voulu dans son engagement à transformer en profondeur la société américaine, et ce malgré ses deux mandats. La mise en place du plan de relance de l’économie après la crise des subprimes, l’« Obamacare » (un genre de Sécurité Sociale), son ambition de ramener les USA vers un bilan carbone plus acceptable, sa volonté d’aller vers un contrôle accru des armes à feu, autant de projets qui n’ont pas connu une réalisation suffisamment aboutie à son goût.

« Si j’ai décidé de me présenter à cette élection présidentielle, c’est que j’ai compris que je ne pourrais jamais être Bruce Springsteen. »

Pour conclure, sachez que l’on retrouve avec joie l’humour de Barack Obama tout au long de cette autobiographie, ce talent dont il nous a maintes fois gratifié lors de ses discours, remises de titres honorifiques et autres galas. On se souvient notamment de son fameux « mic drop » lors d’un dîner des correspondants de la Maison Blanche en 2016. Toutes les situations décrites dans le livre ne prêtent évidemment pas à rire, comme l’élimination de Ben Laden par exemple, qui conclut d’ailleurs ce premier tome. Mais je vous recommande la lecture de certaines scènes du quotidien ou encore la description des différents protagonistes du livre et en particulier celle de son homologue français Nicolas Sarkozy qui vaut son pesant d’or…

Aucun doute, les Etats-Unis d’Amérique ont hérité, avec Barack Obama, du président le plus charismatique depuis John Fitzgerald Kennedy. Si je ne suis pas apte à juger son bilan, il me parait évident que sa classe et son pouvoir de séduction créent le consensus. En outre, j’ai découvert dans ses mémoires une intelligence et une culture hors norme, deux qualités à mettre encore à son crédit. Quand on songe qu’il a succédé à Georges W. Bush et précédé Donald Trump… C’est un peu comme si, après avoir bu un beaujolais nouveau, on déguste un Romanée-Conti 2001 pour se finir avec un litre de « villageoise » en bouteille plastique.

« La lecture est importante. Si vous savez lire, alors le monde entier s’ouvre à vous. »

« Une terre promise » est disponible chez Fayard.

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  • Dear Lord, reading Caveman chronicle makes me so happy. I want to read my book again right now. To be honest, I’m a huge fan of him. When I used to be president, everytime I had to take a hard decision, I was thinking WWCMD (what would Caveman do ?). Believe it or not, after that I couln’t make a mistake.
    And thank you Mancave for what you are doing to promote the northern walk.

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