Si vous cherchez de quoi nourrir vos oreilles cette semaine, deux disques méritent toute votre attention. Deux univers qui n’ont absolument rien en commun et qui, pourtant, racontent chacun à leur manière une vision très personnelle de la musique : Guitar de Mac DeMarco et Private Music des Deftones.
Mac DeMarco – Guitar
Avec Guitar, Mac DeMarco revient à l’essentiel. Pas de production clinquante, pas d’arrangements chargés : l’album a été conçu de A à Z par Mac lui-même, en solitaire, dans la plus pure tradition de ses débuts lo-fi. Il en ressort un disque lumineux, dépouillé, qui sent le soleil couchant, la spontanéité et l’envie de retrouver le plaisir simple de jouer. Loin des excès et des attentes qui entourent désormais son nom, Guitar sonne comme une respiration, presque comme un carnet de croquis musical, brut et sincère. Ceux qui aiment son côté bricoleur et décontracté y trouveront un petit bijou de fraîcheur.
Deftones – Private Music
À l’inverse, les Deftones plongent dans l’ombre avec Private Music. Fidèles à leur réputation de sculpteurs de sons, Chino Moreno et sa bande livrent un album dense, travaillé, où la puissance des guitares dialogue avec des atmosphères plus fragiles, parfois presque éthérées. Le résultat est une tension permanente : brutalité et douceur se télescopent, créant des paysages sonores d’une intensité rare. Private Music s’inscrit dans la continuité de leur discographie, mais avec une maturité supplémentaire, comme si le groupe avait décidé de pousser encore plus loin sa recherche de contrastes. C’est un album exigeant, mais aussi hypnotique, qui vous accroche pour ne plus vous lâcher.
Deux visions opposées de la musique donc : la lumière artisanale de Mac DeMarco et les ténèbres raffinées de Deftones. À écouter tour à tour, selon que vous ayez besoin de flotter au soleil ou de plonger dans la nuit.